Image d'entête (header.png)
Titre : Section musique (titre_musique.png) Retour au sommaire

3.1.15. Autres Orishas majeurs.

   

Cette section aborde les Orishas :

3.1.15.1. Dadá.

Présentation générale.

Dadá, Obañeñe, Abañeñe, Obañale, Ibañálé, Abañálé, Dadá Ibañi, Dadá Igbañi, Dadá Abañilé, Dadá Baldone, Eda ou Ida est un Orisha majeur. Elle est la divinité des nouveaux-nés, plus particulièrement de ceux qui ont les cheveux frisés. Régulièrement, leurs parents doivent cuisiner des haricots et des légumes en son honneur. Elle est aussi considérée comme divinité des végétaux. Lors du peuplement de la Terre, Obbatalá lui donna la tâche de créer les reines végétal, minéral et animal.

Pour certains, Dadá et Obañeñe/Ibañi sont deux divinités distinctes, des sœurs, alors pour d'autres, c'est le même être. Dans la nature, 3 pierres de même taille regroupées symbolisent Changó, Oyá et Dadá.

Ses "filles" sont des femmes au caractère fort bien que profondément bienveillantes et pouvant se sacrifier pour les autres.

Son histoire.

Dadá est la fille d'Obbatalá et de Yemayá. Sœur de Changó, elle veilla sur lui et l'éleva quand Obbatalá voulait le tuer pour être le fruit de relations extra-conjugales de sa femme. Dadá accompagne Babalú Ayé, elle l'a aidé quand il était tellement malade qu'il ne pouvait plus marcher.

Patakí (histoire) sur Dadá.

Afficher le patakí...

Après la trahison d'Oggún avec la femme d'Obbatalá, Elegguá sauva la vie de Changó en le confiant à Dadá. Connaissant son triste passé, elle pardonnait tout au jeune Changó. Bien qu'elle lui interdisait de se disputer ou de monter à cheval par crainte qu'il ne tombe, ce dernier n'en faisait qu'à sa tête. Un jour, Changó tomba dans le four. Dadá fut effrayée alors que lui s'amusait avec les braises. C'est pour cela que Changó est mal élevé et qu'il n'écoute les conseils de personne. C'est la faute de Dadá.

Autre patakí sur Dadá.

Afficher le patakí...

Après la trahison d'Oggún avec la femme d'Obbatalá, Elegguá sauva la vie de Changó en le confiant à Dadá, encore adolescente. Ils s'enfuirent se cacher dans la forêt.

Quand Changó fut plus âgé, il demanda qui était son père. Pour son bien-être, Dadá l'emmena au palais d'Obbatalá. Lorsque celui-ci vit Changó, il l'aima instantanément et le nomma prince héritier. Obbatalá raconta à Changó sa naissance suite au viol commis par Oggún. Changó jura qu'il vengerait la femme d'Obbatalá. D'où la guerre entre Changó et Oggún.

Autre patakí sur Dadá.

Afficher le patakí...

On raconte qu'à force de se faire du soucis pour Changó, Dadá perdit ses cheveux. Ceci n'altéra pas son extrême beauté. Un jour, elle était en train de marcher le long de la plage, triste. Olokun eut pitié et lui donna une couronne d'une beauté incomparable, décorée de perles blanches et rouges, de cauris et de pierres précieuses ainsi que 2 longues tresses de cheveux. Cette couronne est considérée comme étant un Orisha appelé Bayani. Quand Changó devient roi, Dadá lui donna la couronne. C'est pour cela qu'elle est représentée par la couronne qu'elle donna à son protégé.

Leurs attributs.

On décrit souvent Dadá comme une très belle femme aux cheveux bouclés, responsable, mûre et consciente de ses devoirs.

Certains disent qu'elle n'a pas de couleur propre, de jour de la semaine ou d'ewe (plante). Pour d'autres, ses couleurs sont celles de Changó. Son collier (eleke) est composé d'une alternance de 2 perles rouges et 2 perles blanches.

On lui sacrifie par immolation des colombes et des faisans et pour certains les mêmes animaux que pour Changó. Quand on considère que Dadá et Obañeñe sont 2 divinités distinctes, on sacrifie par immolation des coqs, des faisans et des colombes pour Obañeñe.

Généralement, son réceptacle est une calebasse décorée d'escargots et surmontée d'une boule d'indigo. Dans certaines maisons-temple, la calebasse est de la même taille que la tête de la personne pour qui elle est destinée. Elle est décorée d'escargots, d'or, d'argent et de 9 plumes de perroquet. On le place au dessus du réceptacle de Changó. Dadá ne se reçoit pas et ne prend pas possession.

Son chiffre est le 9. Son jour est le dimanche. Son jour saint est le 31 août.

Syncrétisme.

Elle est associée à San Ramón Nonnato et à Nuestra Señora del Rosario.

Les toques.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie un toque de 2 rythmes appelé wolense (wọlénṣe en langue locale) :

Références.

3.1.15.2. Irokó.

Présentation générale.

Irokó ou Irocó est un Orisha majeur. Il est lié aux vœux, qu'ils soient bons ou mauvais. Il représente aussi l'abondance et la prospérité. C'est l'Orisha du marcheur, du promeneur.

En Afrique, il est l'esprit de l'arbre irokó. N'existant pas à Cuba, Irokó fut associé à l'arbre sacré Ceiba (ceiba pentandra, fromager, kapokier ou bois coton). Irokó vit pour certains dans les racines et pour d'autres dans le feuillage de cet arbre. Irokó est aussi considéré comme un médiateur entre les cieux et la terre car ses racines vont profondément dans le sol et ses branches se terminent au le ciel.

Orishas majeurs - Ceiba (Irokó)

Ceiba

Certains disent qu'il faut procéder à un an de rogations au pied d'Irokó pour obtenir la naissance d'un enfant. À la naissance, il faut lui sacrifier un mouton. Si cela a été oublié, le châtiment d'Irokó est implacable et il peut reprendre le nouveau-né.

Les Congos appellent l'arbre Ceiba de différentes manières : Munanso Msambi (l'arbre qui est la maison de Dieu), Nkunia Lembán, Nkunia Mabúngu, Nanguem Ngandu, Naribe, Sánda, Nfumbe ou Fumbe. Les Yorubas le nomment aussi Arabbá, Aragbá, Iroke, Eluwere, Asabá ou Iggi-Olorun (arbre de Dieu). Son nom en langue fon est Loko. À Haïti, il est appelé Papa Loko.

Histoire d'Irokó.

Irokó est l'époux d'Abomán. Il a une sœur qui se nomme Ondó.

Patakí (histoire) entre Irokó et Ochún.

Afficher le patakí...

Un jour, Ochún était chez elle, dans la rivière, en train de se vêtir pour aller à une fête. Elle se préparait avec ses foulards jaune et or et son séduisant voile pour se couvrir la tête. Elle se paraît de ses bijoux et se parfumait. Elle était ravie de l'image que lui reflétait les eaux du fleuve.

Totalement prête, elle se dirigea vers le lieu de la fête. Traversant le village, elle rencontra de jeunes enfants, jouant, sautant et riant. Cela emplit Ochún de joie et la fit sourire. Elle répandit son oñí (miel aphrodisiaque) sur ces enfant qui furent encore plus heureux et qui saluèrent l'Orisha. Puis, elle les quitta pour continuer son chemin jusqu'à la forêt. Pensive, elle s'assit près d'Irokó, l'arbre ceiba. La présence d'enfants dans son entourage lui manquait. Elle laissa échapper une larme. Irokó, regardant Ochún, lui demanda ce qui la rendait triste. Elle expliqua à Irokó ce manque et son envie d'entendre les rires et de voir les sourires d'enfants. Elle demanda à Irokó, compréhensif, de l'aider à recueillir un enfant qu'elle pourrait élever et aimer. Irokó, l'arbre magique, dit qu'il allait l'aider et qu'en échange, elle pourrait venir le voir de temps en temps car personne ne venait lui tenir compagnie. Ochún promit de lui rendre visite et de converser avec lui si elle pouvait s'occuper d'un enfant.

Le temps passa et Ochún eut un petit garçon. Elle l'aima et l'éleva. Il devint le centre de sa vie. Un jour, Ochún traversa la forêt. Elle passa devant Irokó qui la salua et lui dit qu'il avait entendu dire qu'elle avait un enfant. Ochún confirma mais ne s'attarda pas, oubliant qu'Irokó l'avait aidée. Il lui demanda si elle allait s'arrêter un peu pour lui tenir compagnie. Elle refusa poliment en prétendant qu'elle devait traiter une affaire en suspens. Irokó lui rappela sa promesse qu'elle ne respectait pas. Ochún s'excusa et s'engagea à lui amener une chèvre qui lui tiendrait compagnie. Irokó accepta.

Une année s'écoula et Ochún, traversant la forêt, trébucha sur Irokó. Elle s'assit 2 minutes pour ajuster ses foulards. Irokó, heureux, pensait qu'elle allait s'arrêter un moment pour discuter mais à ce même instant, Ochún se leva et rassembla ses affaires pour partir. Irokó lui demanda si elle allait lui tenir compagnie. Ochún lui dit gentiment que non et s'en excusa. Il lui demanda si elle allait un jour prendre un moment pour discuter avec lui et lui rappela qu'elle lui avait également promis une chèvre. Ochún, voyant Irokó irrité, s'engagea à revenir pour lui porter de l'amalá (nourriture à base de farine de maïs et d'huile de palme). Irokó accepta une nouvelle fois.

Une année de plus passa. Ochún, se dirigeant vers la place du marché traversa à nouveau la forêt où elle passa à côté de son vieil ami Irokó. Le marché allant fermer, elle était pressée. Elle salua et adressa un sourire à Irokó. Comme les autres fois, Irokó lui expliqua qu'il était fatigué d'attendre après des promesses qu'elle ne tiendrait pas. Ochún gênée, promis de venir avec le fils qu'il lui avait aidée à concevoir. Irokó sceptique accepta tout de même.

5 ans plus tard, Elegguá, se promenant dans la forêt, vit son ami Irokó. Il le salua et s'assit auprès de lui. Ils discutèrent plusieurs heures. Elegguá but un peu de rhum et joua avec 5 pierres précieuses qui se trouvaient dans son sac. Irokó lui dit qu'il était content qu'il se soit arrêté car il aimait abriter les gens. Il lui raconta aussi son histoire avec Ochún et sa promesse de lui apporter d'abord une chèvre puis de l'amalá. Elegguá le rassura en lui disant qu'il était là pour lui tenir compagnie. Mais à cet instant, il entendit des clameurs venant du village portées par le vent. Irokó, connaissant Elegguá, lui sourit et lui dit de retourner vaquer à ses occupations.

Quelques semaine plus tard, Elegguá marchait dans le village quand il vit des enfants en train de jouer. Cet Orisha-enfant se joint à eux. Au bout d'un moment, il vit l'un d'entre eux, vêtu de jaune, s'en aller et prendre la route qui menait hors du village. Elegguá le suivit puis le stoppa. Il reconnut Ideu, le fils d'Ochún. Ideu raconta à Elegguá qu'il allait rejoindre sa mère sur la place du marché du village voisin. Elegguá lui indiqua un raccourci, en passant par la forêt. Il lui donna également 5 pierres précieuses afin qu'il les porte à sa mère. Il se séparèrent et Ideu poursuivit son chemin.

Ideu traversa donc la forêt. En chemin, il décida de s'asseoir sur un gros arbre et il commença à jouer avec les pierres qu'Elegguá lui avait données. Quand Irokó vit le jeune garçon jouant avec ses pierres, cela lui rappela Elegguá assit au même endroit quelques jours plus tôt. Irokó fut enchanté d'avoir un nouvel ami qui venait bénéficier de sa connaissance et profiter de l'ombre offerte par ses feuille. Ideu fut surpris qu'un grand arbre lui parle. Au cours de la conversation, Irokó appris que l'enfant était le fils d'Ochún. Il pensa que cette dernière avait enfin tenu ses promesses en lui envoyant son fils. Irokó lui raconta une histoire. L'enfant, intrigué, lui demanda de continuer. L'Orisha sortit ses racines de terre et amena Ideu dans son domaine pour continuer de narrer ses récits.

En rentrant chez elle, Ochún vit qu'Ideu n'y était pas. Elle commença à le chercher. Des jours et des mois passèrent et il ne donna aucun signe de vie. Ochún, affolée, fouilla le moindre recoin mais ne parvint pas à le retrouver.

5 ans plus tard, Ochún, toujours atterrée par la disparition de son fils, se promenait dans la forêt. Elle passa devant Irokó sans même y faire attention, son esprit occupé par la perte d'Ideu. Irokó comprit pourquoi l'heureuse Ochún ne l'était plus. Il décida de faire quelque chose.

Le matin suivant, Ochún était dans la forêt et elle vit Irokó d'humeur heureuse. Elle s'arrêta et le salua mais elle avait perdu tout la joie qu'elle avait 10 ans auparavant. Irokó lui demanda si elle avait retrouvé son fils. Elle répondit que non. Irokó lui rappela qu'elle devrait toujours tenir ses engagements et accomplir ce qu'elle promet. Ochún acquiesça comprenant de quoi il parlait. Irokó lui dit qu'il avait un cadeau qu'elle allait apprécier. À cet instant, la terre s'ouvrit et une montagne apparut. C'était une montagne d'or, de joyaux, de pièces de monnaie et de richesses. Le joyeux Ideu trônait en son sommet. Sous terre, le temps avait ralenti et ce dernier ne l'avait pas vu passer. Irokó lui avait raconté d'innombrables histoires et lui avait montré toutes les richesses de la terre. Ochún, le voyant, fondit en larmes.

Ideu raconta à Ochún tout ce qu'il avait appris avec Irokó. Elle réprimanda ce dernier en lui expliquant qu'il n'aurait jamais du faire cela. Depuis, dès que son fils s'approche d'Irokó, elle ne peut s'empêcher de se rappeler cette histoire.

Ses attributs.

Irokó est décrit comme un vieil homme. Certains considèrent cet Orisha comme étant femme.

Son symbole de pouvoir est une canne ou un bâton soit peint soit décoré de colliers ou de perles avec ses couleurs rituelles. Le collier (eleke) d'Irokó est composé de perles de couleurs verte et turquoise avec des ornements rouge, rose et corail.

Les offrandes faites à Irokó sont réalisées au pied d'un arbre Ceiba auquel a été attaché un drap rouge. Certains décorent aussi l'arbre d'un panel de couleurs différentes, de mariwó (fibre de palme) et de tout autre objet. On lui sacrifie par immolation de jeunes taurillons qui ne se sont pas encore accouplés. Avant, ils sont promenés autour du tronc de Ceiba par les santeros qui portent des cierges allumés. On lui sacrifie également des coqs et des poules, des dindons blancs et des canards carolin (aix sponsa). Tous les mois, on lui offre des poussins blancs.

Certains considèrent Irokó comme un camino d'Obbatalá et ils le consacrent au travers de ce dernier. Selon d'autres interprétations, Irokó est le "bâton" ou "l'arbre d'Olofin".

Ses chiffres sont le 7 et le 8. Son jour saint est le 8 décembre.

Syncrétisme.

Irokó est associé à l'Immaculé Conception.

Références.

  • CubaYoruba
  • Lv-Lv
  • LordTiger
  • Agolaroye
  • Santeria
  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores et partiellement consultable sur Google Book
  • Rites divinatoires et initiatiques à la Havane: La main des Dieux de Alain Konen, publié en 2009 aux éditions L'Harmattan et partiellement consultable sur Google Book

3.1.15.3. Erinlé.

Présentation générale.

Erinlé ou Inle est un Orisha majeur, maître de la pêche, de la récolte pré-horticole et plus généralement de l'économie extractive (il personnifie la terre, pourvoyeuse de ressources pour l'homme). Il est guerrier, chasseur et pêcheur. En tant que médecin d'Ocha, il symbolise la santé et la force pour écarter les maladies. Humble, il est toujours prêt à aider ceux qui en ont besoin. Il est guérisseur et possède une grande connaissance des herbes médicinales qu'il a appris d'Osaín. Ils est aussi devin.

Il est androgyne et porte des vêtements fins et élégants, ce qui explique qu'on le considère comme le patron des homosexuels bien qu'il ne le soit pas. On dit qu'il est très beau. Certains disent qu'il vit sur terre et dans l'eau, d'autres près de la côte à l'endroit où la rivière rencontre la mer.

Il est le patron et protecteur des médecins et des pêcheurs. Il guide les marcheurs. Il protège de toutes les afflictions dont un homme peut souffrir.

Son nom complet est Inle Ayayá et provient du yoruba "erìnlè" qui signifie "l'aliment qui vient de la terre". Son culte vient du peuple Ilobu dont le lieu de vie est traversé par une petite rivière appelée Inle. On dit que ce cours d'eau protégea les Yorubas d'une invasion par les Fulanis.

Les "fils" d'Erinlé sont des personnes sensées, discrètes et studieuses. Leur manque de passion peut parfois être interprété comme de la froideur.

Son histoire.

Erinlé est le fils d'Obbatalá et de Yembó et, selon certains, le frère inséparable d'Abatá. Il eut des aventures avec Ochún et Yemayá. Il serait marié à Ochún, qu'il ne quitte jamais, avec qui il aurait eu Tobia. On dit aussi que Logun Ede serait le fils d'Erinlé et non d'Ochosi.

Patakí (histoire) sur Erinlé.

Afficher le patakí...

Erinlé était si beau que Yemayá s'éprit pour lui. Elle le captura et l'emmena au fond de la mer. Un fois ses désirs assouvis, elle se lassa de lui et le renvoya. Comme Erinlé avait découvert et compris les mystères de la mer, Yemayá lui coupa la langue. C'est pour cela qu'Erinlé parle au travers de Yemayá.

Ses attributs.

Ses couleurs sont le vert et le bleu. Certains disent que c'est une combinaison de bleu et de jaune. Il est habillé de bleu, jaune et blanc et ses vêtements sont décorés d'escargots. Il peut aussi porter du vert soit marine soit de la couleur de certains eaux stagnantes. Son collier (eleke) est composé de perles vertes foncées, bleues de Prusse et de corail. Parfois des perles jaunes sont ajoutées.

Ses attributs sont 2 anneaux, des hameçons, des sifflets, un filet, un acofá, 3 petits poissons, des coquillages, 7 otás (pierres) et une poignée d'escargots (certains disent 18). Ils sont pour la plupart en argent ou en métal blanc.

On lui sacrifie par immolation des veaux, des coqs, des colombes, des faisans. Tous doivent être blancs. Les offrandes (addimú) qui lui sont faite sont du panetelas borrachas (recette cubaine), du pargo (poisson), de la laitue et du cresson, de la pomme de terre douce et des oranges de Chine, des boules de citrouille, de l'igname, de l'ekó (tamal de maïs), de la goyane, de l'huile d'amande et du vin doux.

Les plantes (ewes) associées à Erinlé sont :

Afficher les ewes...

Le réceptacle d'Erinlé est une soupière couverte par un plat sur lequel est posé son outil principal constitué d'une base en plomb qui permet de maintenir un pied en forme de croix en argent ou métal blanc sur lequel sont enroulés 2 majás (serpents). À son extrémité sont suspendus d'un côté un poisson et de l'autre, une flèche ou un harpon. Ce réceptacle est complété par une petite jarre pour Abatá. Erinlé ne s'invoque pas directement.

On le salut avec la formule suivante : ¡Maferefún Babá Erinle!

Ses chiffres sont le 3, le 5 et le 7 et leurs multiples. Son jour est le vendredi et le 24 de chaque mois. Son jour saint est le 29 septembre ou 24 octobre.

Les toques.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie le toque de 5 rythmes appelé tani tani cho bí ou tani tani chó bí (tani tani'ṣó bí en langue locale) :

Syncrétisme.

Erinlé est associé à l'archange San Rafael (chef des anges-gardiens et ange de l'humanité) ou à San Roque.

Références.

  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores
  • CubaYoruba
  • Agolaroye

3.1.15.4. Naná Burukú.

Présentation générale.

Naná Burukú, Naná Burucú, Naná Bulukú, Naé Keriké, Nanú, Buku, Bukuu, Nana Buluku, Nanán Baruqué ou Nana Baruke est une divinité mystérieuse et terrible, généralement considérée comme femme, parfois comme homme. On la considère simultanée à la création du monde. Quand Oduduwa sépara les eaux stagnantes et libéra les terres, Naná Burukú naquit au point de contact entre ces 2 éléments, dans la boue dans laquelle elle vit. Comme c'est un des Orishas les plus anciens, elle représente l'Iya Agba (mère ancienne) et la spiritualité depuis les débuts du monde. Pour cela, elle donne force à la tête des Hommes. Elle est stricte, n'aime pas le manque de respect et dispense la discipline.

Fréquemment, Naná Burukú est aussi connue comme la mère primordiale de l'univers et de la Terre. Elle est l'esprit de la lune et symbolise ses rayons dans la nuit et son mouvement. Quand Olodumare créa la Terre, Naná Burukú eut pour mission de diriger la navigation des humains sur Terre grâce à la lumière qu'elle produisit depuis la lune. Elle représente la lumière de la lune qui, comme une mère, protège et accompagne. Quand quelqu'un est perdu ou nécessite une direction, il peut se référer à Naná Burukú.

Naná Burukú joue le rôle de médiateur entre la vie et la mort. Son pouvoir est immense. Elle est parfois considérée comme la protectrice des femmes et de leur maternité.

Naná Burukú règne sur les eaux sous toutes ses formes, notamment les eaux douces : poches d'eau, embouchure des rivières, bruine, marécages, lagunes ou pocetas (cavité naturelle de la côte qui se remplit d'eau avec la marée). Certains disent qu'Ochún est la déesse des rivières mais que cela n'est possible que grâce à Naná Burukú qui fournit les eaux qui alimentent les fleuves depuis les hauts endroits secrets des montagnes. Elle vit dans les zones marécageuses et boisées. Elle symbolise la terre et la boue. Les majás (serpents) sont siens.

Naná Burukú protège de l'apoplexie.

Son nom vient du yoruba "nanà burukú" composé de "naná" (grand-mère) et "burukú" (méchanceté). Naná Burukú porte aussi les noms (caminos) :

Afficher les caminos...

Son culte, antérieur à l'arrivée d'Oduduwa à Ilé Ifé, vient des peuples Fon, Mina et Arará (Dahomey) du territoire Mahi. Elle est considérée par certains comme étant la mère de Dieu et la grand-mère de tous les Obbatalás et par d'autres comme la grand-mère de tous les Orishas dont elle s'est occupée. Les Iyesás considèrent qu'elle est un camino d'Obbatalá et les Minas Popo que c'est un Orisha à part entière. À Cuba, son culte s'est répandu depuis l'Oriente (Las Villas, Matanzas et la zone de El Cotorro) et fut introduit à la Havane par la famille Fresneda. Puis, il s'est peu à peu perdu. Dans le candomblé brésilien, elle porte le nom de Nanán.

Les "fils" de Naná Burukú paraissent toujours agir calmement, avec dignité et bienveillance. Ils sont très équilibrés. Ils prennent du temps pour prendre une décision mais elle est toujours juste et pleine de sagesse. Ils aiment les enfants et ont tendance à les gâter et à leur accorder l'indulgence d'une grand-mère, les rendant parfois mal élevés.

Son histoire.

Naná Burukú est la mère de Babalú Ayé, Oshumaré et Irokó. Elle est l'épouse d'Obbatalá. Elle est née d'Ongo-Burukú, de San Pedro et de Santa Ana.

Patakí (histoire) sur Naná Burukú.

Afficher le patakí...

Quand le monde fut formé, Babalú Ayé, Chukuono ou Chakpata menait une vie très dissipée et ne respectait pas les ordres d'Olofin. Il était coureur de jupons et contracta une maladie contagieuse. La peste toucha alors les terres Yorubas. Les sacerdotes consultèrent les dieux à travers du diloggún (moyen de divination) et obtinrent metanlá (tirage). Il s'accordèrent pour dire que c'était un oddún (interprétation du tirage) fatidique. Ils mirent alors des escargots dans un chaudron et le recouvrèrent d'un second chaudron pour contrôler les maladies. Ils firent s'éloigner Chukuono en jetant de l'eau pendant qu'ils disaient : "ano burukú, unlo burukú".

Méprisé, Chukuono vagabonda et rencontra son frère Changó qui revenait des terres Ararás où une grande peste s'était répandue. Chukuono lui conta ses peines et lui expliqua que partout où il passait, les gens lui criaient "ano burukú" et le traitaient mal. Changó lui apprit à soigner de l'huile de palme, du pain et du maïs grillé. Il lui donna les secrets de la guérison (secret transmis par Ossain) et lui indiqua qu'il irait soigner les Ararás qui attendaient l'aide de quelqu'un qu'ils couronneraient roi.

Chukuono poursuivit son chemin et alla guérir les malades. Il fut très bien accueilli et reçu comme l'Asojin ou Asojuano. Depuis, il a pris ce nouveau nom. Il est reconnu et vénéré par le salut "jazó baba".

Autre patakí sur Naná Burukú.

Afficher le patakí...

Un jour, Oggún aida la population d'un village en restaurant les outils utilisés pour la récolte. Le peuple lui voua dévotion et décida de lui organiser un festival pour lui rendre un grand hommage. Oggún fut enthousiasmé par cette idée. Tous les Orishas furent conviés à la fête. Comme tous les Orishas allèrent à l'événement, Naná Burukú en prit connaissance. Cependant, elle était partagée entre la colère et la blessure provoquée par le manque de respect qu'Oggún avait eu envers Yembo et l'envie de voir comment son fils avait grandi.

La fête débuta et tous les Orishas prenaient du bon temps. Naná Burukú était présente, gardant ses remords pour elle, comme la femme sage qu'elle était. Oggún commença à boire au point de vaciller et de balbutier. Il empoignait les femmes du village et les séduisait avec sa brutalité habituelle. Tous les Orishas le voyaient faire mais considéraient qu'Oggún s'amusait pour son festival. Ochún dansait au rythme des tambours Ana joués par Changó. Elegguá mangeait et buvait tout ce qu'il pouvait voir.

Naná Burukú observa que la façon d'être d'Oggún, saoul, n'avait pas changé. Elle se leva se prépara à quitter la fête mais au même moment, ce dernier arrêta les tambours pour faire un discours qui stupéfia tout le monde. Il ordonna à tous les habitants de la ville qu'ils viennent s'agenouiller devant lui, un pas un. Naná Burukú, grande sage, dit à Yemayá et à Obbatalá que l'ignorance d'Oggún était toujours la même et qu'elle ne voulait définitivement plus rien avoir affaire avec lui, particulièrement après ce manque de respect. Obbatalá fut d'accord. Naná Burukú quitta la cérémonie. Elle retourna dans ses bois marécageux où la rivière rencontre l'océan et nagea jusqu'à son domaine, au centre d'un tourbillon. Elle ne revit jamais Oggún.

Ses attributs.

Naná Burukú est représentée comme une femme âgée et sage qui tremble et bave. Elle vit dans les rivières, les sources d'eau et la canne à sucre.

Ses couleurs sont le blanc et le bleu. Elle est vêtue d'un jupon de toutes les couleurs et d'un chapeau de yarey (sorte de palmier). D'autres lui attribuent le blanc et le lilas. Son collier (eleke) est composé d'une alternance de perles blanc de lait et bleu profond. Certains choisissent plutôt des perles bleues, blanches et rouges.

Ses attributs sont un couteau en bois de canne à sucre, un majá (serpent) enroulé autour d'une jarre, un estomac en métal et un ibirí (sorte de bâton recourbé fait de fibres de palmier torsadées).

On lui sacrifie des poules, des colombes, des pigeons, des coqs, des faisans, des porcs (seulement à Agramonte, Perico et Cárdenas), des chèvres et des canards. Selon les Ararás, Naná Burukú ne s'alimente pas du sang (eyerbale) des animaux sacrifiés mais de leur esprit. C'est pour cela que ceux-ci meurent asphyxiés et qu'ensuite ils sont abattus avec un couteau en bois de canne à sucre, principal attribut de Naná Burukú. Certains disent également que le couteau en fer, attribut d'Oggún, n'est pas utilisé comme pour les autres Orishas à cause du contentieux qui existe entre Naná Burukú et Oggún. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont du beurre sans sel et de la canne à sucre. Les sacrifices et offrandes sont réalisés près d'une poche d'eau, d'une poceta, d'une lagune ou de l'embouchure d'une rivière, dans une zone boisée. Les samedis saints, on peut aussi le faire dans un puits.

Les plantes (ewes) associées à Naná Burukú sont :

Afficher les ewes...

Son réceptacle est une jarre en terre cuite de couleur blanche dont le couvercle, qui possède 4 orifices, est scellé. On y place 7 otás (pierres), des os, un serpent et une poignée d'escargots. Les pierres et les escargots doivent provenir d'une lagune. Durant les cérémonies, son réceptacle est placé sur un triangle isocèle peint sur le sol qui est couvert de feuilles de tabac.

Naná Burukú ne se reçoit pas comme Orishas principal. Elle ne doit pas être invoquée en présence de Babalú Ayé. Durant les cérémonies, le réceptacle d'Oggún doit être couvert d'un drap blanc et placé à l'extérieur. Lors du sacrifice, le couteau d'Oggún ne doit pas non plus être présent.

On la salue avec la formule suivante : ¡Maferefún Naná, Saluba!

Ses chiffres sont le 10 et ses multiples. Il lui est parfois également attribué le 7. Son jour est le mercredi. D'autres considèrent que c'est le vendredi et parfois les samedis sains. Son jour saint est le 26 juillet.

Syncrétisme.

Naná Burukú est associée à Santa Ana, mère de la vierge Marie. On l'associe aussi à la Virgen del Camino.

Références.

3.1.15.5. Obba.

Présentation générale.

Obba, Obbá ou Oba est la déesse de l'amour réprimé et du sacrifice pour l'être que l'on aime ainsi que de la souffrance. Elle représente la fidélité et l'obligation conjugale. Ceci est dû à son amour éternel pour Changó qui la poussa à se couper une oreille pour lui. On fait appel à elle pour réaffirmer une relation ou un mariage. Elle ne supporte pas l'infidelité. Si elle voit qu'un époux ou une épouse fait du mal à conjoint, elle le fait partir sur le champs.

Avec Oyá et Yewá, Obba forme la trilogie des Orishas dits Orishas muerteros (associés à la mort) qui vivent dans les cimetières. Rejetée par Changó, Obba choisit la solitude en veillant sur les tombes. Ce sont des guerrières téméraires. Oggún, avec qui elle eut des aventures, apprit à Obba l'art de la guerre. Elle livra ensuite le pouvoir de la machette à Oyá. Forte, énergique et crainte, elle est considérée malgré sa beauté et sensualité apparente comme plus forte que beaucoup d'Orishas masculins. Oggún est le seul qui parvint à la vaincre au cours d'une bataille.

Nombreux considèrent qu'elle est l'Orisha le plus intelligent de la santería. Très patiente et douée pour l'enseignement, elle fut la maîtresse de tous les Orishas. Elle leur apprit à lire et à écrire. Elle est raffinée et aime tout ce qui fin comme les bijoux et le vin. Elle cuisine très bien.

Obba règne également sur les lacs et les lagunes. Dans la nature, ses métaux sont l'étain et le cuivre.

Elle protège des affections qui touchent les os et les oreilles. Certains disent que les "filles" d'Obba ne doivent pas porter de boucles d'oreilles car ces bijoux leur infectent les oreilles et elles ont tendance à les perdre.

Son nom vient du yoruba "Òbbá" composé d'"Òbè" (soupe) et d'"Obá" (roi). Son nom signifie donc "celle qui vient de la soupe du roi". Elle porte différents noms (caminos) :

Afficher les caminos...

Son culte vient des terres Takua, où elle est la déesse associée à la rivière du même nom, puis il s'est développé dans les terres Oyó et Tapa. En tant que femme de Changó, elle est reine de son royaume. Elle le parcourt pour s'assurer que tout est en ordre et pour enseigner la lecture et l'écriture. Dans le Dahomey, elle est appelée Hla. Dans le Palo, elle porte le nom de Totónkua. Pour les Ararás, elle vit dans les arbres qui poussent au bord de la rivière et elle accompagne Otagenoshe.

Les "filles" d'Obba sont des femmes valeureuses et incomprises aux traits masculins. Elles ont vécu des expériences sentimentales amères. Elles sont jalouses. En certaines occasions, elles peuvent devenir féministes militantes. Elle aspirent à la réussite matérielle. Obba n'accepte pas de "fils".

Son histoire.

Obba est la fille d'Obbatalá (Oduduwa pour certains) et de Yemú (ou Yembó). Elle est sœur avec Oyá, Yewá et Ochún. Elle donna à cette dernière une part de ses richesses et de ses bijoux quand elle n'avait rien.

C'est la première femme de Changó pour qui elle est éternellement éprise. Elle eut des aventures avec Oggún qui lui avait offert une enclume en bois pour son mariage avec Changó. Elle travaille beaucoup avec Oké et Ochún.

Patakí (histoire) sur Obba.

Afficher le patakí...

Changó possédait plusieurs femmes, bien qu'Ochún soit sa préférée. Obba était l'une d'entre elles. Un jour, elle demanda à Ochún son secret pour gagner les faveurs de Changó. Elle lui expliqua alors qu'il fallait retenir les hommes par l'estomac ; le secret étant de leur préparer leurs mets favoris. Elle lui proposa de lui enseigner la recette d'une délicieuse soupe.

Obba rejoint alors Ochún dont la tête était couverte d'un foulard jaune qui lui couvrait les oreilles. Dans la soupe, flottaient 2 champignons. Elle lui raconta que c'était ses oreilles car Changó aimait ce plat. Quand il arriva, il goûta la soupe, la trouva très bonne et se retira avec Ochún.

Quelques jours plus tard, ce fut au tour d'Obba de s'occuper de Changó. Contente, elle se coupa une oreille pour préparer la soupe. Voyant Obba défigurée, Changó ressentit du dégoût. Quand en plus, il découvrit une oreille dans sa soupe, il répudia Obba, furieux. Elle pleura tellement que ses larmes formèrent une rivière puis des lacs et des lagunes. Attristée, elle se retira dans la solitude. Elle s'installa d'abord dans la montagne, puis dans les cimetières dans lesquels elle garde les tombes.

Autre patakí sur Obba.

Afficher le patakí...

Le père d'Obba lui expliqua qu'il était temps qu'elle se marie afin qu'elle construise sa vie et soit heureuse. Une attirance mutuelle grandit entre elle et Changó et engendra un amour majestueux et profond. Bien qu'il vivait avec Oyá, une femme à forte personnalité, qui lui ressemblait, Changó savait que les qualités d'Obba rendraient son mariage et son règle plus fort.

Au début de leur union, ils furent heureux. Changó cessa sa relation avec Oyá et se consacra complètement à Obba. Son palais respirait la bonté et la tranquilité. Obba allait chaque jour à la rivière pour rejoindre sa sœur Ochún avec qui elle échangeait ses petits secrets tout en se baignant dans les eaux douces et cristallines, entourées de poissons multicolores et de galets.

Oyá, de loin, les observait car elles illuminaient l'arc-en-ciel qui se formait autour des cascades. Elle était emplie de jalousie pour cette femme, si belle, qui n'était autre que sa sœur. Même avec ses enchantements ou sa sorcellerie, Oyá n'avait pu obtenir ce qu'Obba avait réussi : se marier avec Changó. Obsédée par ce dernier, Oyá médita sur la manière de récupérer son amour. Elle s'allongea sous un jagüey (arbre) millénaire et rêva d'une vengeance fatidique. Son esprit s'échappa vers la demeure d'Ikú (divinité de la mort) et des Eggúns (qui représentent l'esprit des morts). Dans le cimetière désert, où le vent remue la cime des arbres et le cri strident des faucons se fait entendre, elle trouva la solution pour retrouver l'amour perdu de Changó. Elle put enfin se reposer après plusieurs journées agitées.

Le jour suivant, elle rendit visite à sa sœur Obba. Elles discutèrent, se divertirent et Oyá gagna doucement la confiance d'Obba. Cependant, elle ne put tromper Ochún qui, méfiante, alerta sa sœur de la conduite étrange d'Oyá. Obba ne voulut pas écouter. Régulièrement, Oyá donnait à Obba les recettes des plats favoris de Shangó. Cette dernière les cuisinait minutieusement. Un jour, il ne restait plus à Obba que de la farine de maïs. Oyá lui expliqua que dans la même situation, elle s'était coupée une oreille qu'elle avait préparé avec la farine et assaisonné avec diverses herbes. Ce jour là, Oyá portait sur la tête un foulard de 9 couleurs qui lui couvrait les oreilles. Obba fut étonnée mais dans sa volonté de contenter son mari, elle suivit ce conseil et prépara un amala ila. Quand Oyá vit Changó s'approcher, elle se convertit en étincelle. Dans sa joie, elle rasa de son feu une partie de la forêt.

Quand Changó revint à son palais, il vit la table joliment dressée et décorée d'une profusion de fleurs rouges comme le sang. Il embrassa sa femme et lui demanda ce qu'il allait manger car il avait une faim terrible. Obba lui servit son plat préféré. Il le dévora, sans y porter attention car son regard était attiré par sa femme qu'il trouvait étrange. Quand il remarqua le foulard qu'elle portait sur la tête, il lui demanda de le retirer car il aimait les cheveux soyeux formant de longues tresses de sa femme. Voyant alors qu'Obba n'avait plus qu'une oreille, il trembla de rage. Il ne pouvait supporter qu'un être parfait comme lui soit accompagné d'une femme imparfaite. Obba comprit alors qu'elle avait été trompée par Oyá. Changó, crachant du feu par les yeux, l'embrassa et lui dit qu'elle resterait son unique et véritable femme mais qu'il ne pouvait continuer une relation avec elle. Pour son sacrifice, elle resterait toujours la plus importante de ses femmes.

Obba, honteuse reine d'entre les reines, rendit visite à son père Obbatalá. Pendant qu'elle marchait dans son palais, elle se mit à pleurer. Ses larmes formèrent une rivière qui rasait tout sur son passage, bousculant roches et arbres. Les jagüeyes, les ceibas, les palmiers, les ácanas se courbèrent pour saluer les larmes versée par le cœur déchiré d'Obba.

Obbatalá, comprit la trahison d'Oyá et la grande tristesse d'Obba. Il accepta alors la demande de cette dernière qui voulait être envoyée dans un endroit où personne ne pourrait la regarder, dans la tranquillité du non-existant, le royaume des morts aux côté des esprits. Personne ne pourrait plus la faire soufrir. L'ilé ikú (cimetière) est alors devenu son ilé (maison). Avant de partir, elle remercia son père, rendit une dernière fois visite à sa sœur Ochún qui avait reçu dans sa rivière les larmes d'Obba. Les 2 sœurs s'unirent dans un grand remous qui transporta Obba du monde des vivants vers celui des morts. Ochún, restant la seule qui peut communiquer avec Obba, prit les fonctions qu'Obba occupait sur terre.

Pour qu'Obba puisse vivre en paix dans sa nouvelle demeure, Obbatalá lui offrit un poignard en acier fin avec un manche en bois richement décoré d'or, d'argent et de pierres précieuses, une petite barque pour qu'elle puisse se déplacer à sa guise, une boussole avec les 4 points cardinaux dont elle serait la reine absolue, une cuirasse et un bouclier comme protection contre le mal, un masque pour se cacher et éviter d'être ennuyée, un livre en référence à ses connaissance et ses enseignements et un catalina (crotte), symbole du pouvoir divin. Tout était réalisé en bois d'ácana, très dur. Depuis ce moment, les sorts et les conjurations magiques préparés au travers d'Ochún ne se dénouent jamais. Obba vécut heureuse en se rappelant qu'elle fut l'unique et véritable épouse de Changó et que personne ne pourrait occuper sa place comme reine des Orishas.

Ses attributs.

Obba est représentée comme étant une jeune femme très élégante et sensuelle à la ligne tonique.

Ses couleurs sont le rose ou lilas et le jaune. Ceraints y ajoutent des touches de rouge. Elle est vêtue d'un habit rose ou lilas. Sa tête est couverte d'un foulard de la même couleur qui lui cache son oreille coupée. Son collier (eleke) est constitué de perles roses et jaunes et parfois violettes et lilas. On peut aussi inclure des perles ambre, matipó ou corail. Certains le composent de sections de 8 perles roses, 1 noire, 8 lilas, 1 noire, 8 jaunes et 1 noire.

Son symbole de pouvoir est un ensemble de 5 bracelets en or comme en porte Ochún. Ses attributs sont une enclume en bois, un poignard, une machette, une épée, un bouclier, une cuirasse, une boussole en bois, 2 clés (une se place dans son réceptacle et l'autre dans celui d'Ochún), 2 aiguilles enroulées, un masque, un volant ou une roue dentée, un livre, une oreille et une poignée d'escargots. Tout ceci doit être en cuivre et en bois dur d'ácana.

On lui sacrifie par immolation des colombes, des poules, des faisans, des pigeons et des chevrettes. Ils doivent être propres et sentir bon. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont de l'igname cru, du raisin, des prunes, des écorces, de l'huile de palme et les animaux qu'on lui sacrifie mais crus et enrobés d'huile de palme. Elle aime le vin, le champagne, les bombons raffinés et les gâteaux.

Les plantes (ewes) associées à Obba sont :

Afficher les ewes...

Le réceptacle d'Obba est une soupière en faïence de couleur rose décorée de fleurs. On utilise aussi le même réceptacle mais peint en blanc et orné de fleurs dont les couleurs dominantes sont le rose et le jaune. Il doit être placé loin de celui d'Oyá. Les otás (pierres) que l'on y place sont au nombre de 9, de couleur claire et doivent ressembler à des oreilles. Obba ne se reçoit pas directement comme Orisha tutélaire mais au travers d'Ochún (Ochún con Oro). Elle ne prend pas non plus possession de ses "filles".

On la salue avec la formule suivante : ¡Obba Naní!

Ses chiffres sont le 9 et ses multiples, parfois le 8 ou le 7. Son jour est le vendredi, jour de l'espoir. Son jour saint est le 25 novembre.

Les toques.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie un toque de 3 rythmes et une conversación :

Syncrétisme.

Obba est associée à Santa Rita de Casia (25 mai, patrone de l'impossible), à Santa Catalina de Siena et à la Virgen del Carmen. À la Havane, on la lie à Santa Catalina de Palermino (25 novembre) ou à la Virgen del Camino et à Matanzas, à la Virgen de la Candelaria (2 février). Au Brésil, Obba est associée à Santa Catalina de Alejandría.

Le syncrétisme avec Santa Rita de Casia et Santa Catalina de Alejandría est dû au fait que celles-ci sont les protagonistes de légendes liées à la torture, à la mutilation et à la fidélité conjugale.

Références.

3.1.15.6. Olokun.

Présentation générale.

Olokun ou Olokún est un Orisha majeur, maître des océans. Il forme une trilogie avec les esprits Somú Gagá (la vie) et Akaró (la mort). Olokun est androgyne, bien qu'en général il soit plutôt considéré comme masculin. Il domine les secrets profonds de la vie mais aussi de la mort car tout ce qui ne survit pas en mer coule au fond des océans, dans le plus grand des cimetières. Ainsi, Yemayá transmet à Olokun tous les cadavres de la mer. Olokun domine le fond des mers et Yemayá la surface.

Olokun est puissant, terrible et extrêmement mystérieux. De caractère impulsif, il passe du calme à la violence en quelques secondes, sans prévenir. En colère, il est redoutable. C'est une des divinités les plus dangereuses et puissantes. Il représente la mer sous son aspect effroyable et non accueillant pour l'Homme comme les courants qui entraînent vers les profondeurs marines ou les vagues qui renversent les bateaux et prennent la vie des navigateurs. Certains disent qu'Obbatalá le maintient enchaîné au fond de la mer pour ne pas qu'il détruise le monde avec un raz-de-marée. Ainsi, toutes les richesses du fond des mers sont siennes. Seuls Olokun et Olofi connaissent les secrets des fonds inexplorés des océans. Son palais est logé dans une grotte entourée de pierres précieuses et de murs d'ivoire. Il vit là où aucun Homme ne peut aller.

Olokun peut également assurer santé, facultés psychiques, prospérité, confort matériel et ascension sociale ou politique. Il soigne les maladies à base d'eau. Il est dit qu'il peut apporter santé en quelques secondes.

Dans la nature, il est représenté par la profondeur des mers et les fonds inconnus des océans. L'argent, l'acier, le fer blanc et le plomb lui appartiennent.

Son nom vient des mots Yorubas "Oló" (maître) et "Okún" (océan). Certains le considèrent comme un camino de Yemayá. Son culte viendrait des villes de Lagos et d'Ilé-Ifé de l'actuel Nigéria.

Son histoire.

Olokun est l'époux d'Aje Shalunga, d'Elusú, d'Olosá, d'Ikokó, d'Osará, de Boromú, de Boronsia, de Yembó et d'Agganá. Il est à la fois le père et la mère de Yemeyá.

Patakí (histoire) sur Olokun.

Afficher le patakí...

Au début, il n'existait qu'Olorun et Olokun, père de Yemayá. Durant longtemps, ils furent en lutte pour la mainmise sur la Terre. Chaque fois qu'Olorun envoyait quelque chose sur Terre, Olokun se l'appropriait. Olorun voulait régner sur tout. Olokun, pour lui montrer ses pouvoirs, provoqua un raz-de-marée. Des prières pour Olokun furent nécessaires pour qu'il rende à la Terre son existence.

Olorun s'en alla et se rendit au plus haut des cieux alors qu'Olokun, terrible et puissant, resta sur Terre. Obbatalá attacha Olokun avec 7 chaînes afin qu'il ne noie pas l'ensemble de l'humanité et tous les animaux. Pour cela, Olokun vit au fond des océans, aux côtés d'un grand serpent marin qui montre sa tête lors de la nouvelle lune. Certains croient qu'Olokun est mi-homme, mi-poisson. Quand il est en colère, il fait des ravages mais Obbatalá, prudent, le laissa attaché. Cependant, son culte ne fut pas oublié par les Hommes.

Autre patakí sur Olokun.

Afficher le patakí...

Olokun était mi-homme, mi-poisson. Il ne voulait donc pas accepter de relation avec l'élue de son cœur, Orisha Oko, pour ne pas se courir de ridicule. Il demanda conseil à Olofi qui lui assura qu'Orisha Oko était sérieuse et réservée. Olokun eut confiance et s'installa avec Orisha Oko. Cette dernière vit qu'il avait des défauts physiques et le révéla à tout le monde. Honteux, Olokun se cacha au fond des océans, là où tout le monde l'ignore et personne ne peut aller. D'autres disent qu'il se transforma en sirène ou en grand serpent marin. Mais ceci, personne ne le sait...

Autre version de ce patakí.

Afficher le patakí...

Orisha Oko se promenait un soir sur les bords de mer quand il vit dans les eaux poindre le visage d'une magnifique femme. Pour vérifier qu'il ne s'agisse pas d'un mirage, il lui demanda son nom et l'identité de son père. Elle répondit qu'elle était Olokun, fille d'Obbatalá.

Orisha Oko ne put trouver le sommeil car il pensait à la demoiselle rencontrée. Au lever du jour, il s'en fut la demander en mariage. Obbatalá écouta sa demande et lui répondit avec patience : "ma fille est certes très belle mais elle a un défaut. Je ne t'accorderai le mariage que si tu promets de ne jamais le lui reprocher". Orisha Oko accepta et le jour du mariage, quand ils rentrèrent à la maison, il s'aperçut que son épouse avait le corps mal formé.

Le temps passa. Pendant qu'Orisha Oko cultivait ses terres, Olokun vendait les récoltes au marché. Un jour, elle rentra sans avoir pu vendre une seule marchandise. Orisha Oko, aveuglé par la colère, s'en prit à elle jusqu'au point de trahir sa promesse.

Olokun s'en alla pour se réfugier dans la mer. Sa colère fut telle que des vagues commencèrent à inonder les terres. Chaque jour, elles amplifiaient. Les habitants ne trouvaient plus de refuge. Orisha Oko, honteux, alla voir Obbatalá pour lui demander miséricorde.

Obbatalá envoya plusieurs messages à sa fille. Elle était tellement peinée qu'elle n'obéit pas. Voyant son refus, il envoya Yemayá Okute à la maison d'Oggún pour qu'elle trouve les chaînes les plus solides que l'on ait jamais vu. Puis, il chargea Yemayá Ashabá d'enchaîner sa sœur au fond des mers. Depuis, Olokun vit attachée dans les profondeurs de l'océan, loin de la vue de tout homme. Quand elle se remémore l'outrage vécu, sa colère est si forte que les terres subissent une inondation.

Nouvelle version du patakí précédent.

Afficher le patakí...

Un jour, Orisha Oko fut présenté à Ibu Agana, l'enfant préféré d'Olofi et la fille favourite d'Olokun. Au début, Olokun, maître des océans, n'appréciait pas qu'Ibu Agana ait trouvé l'amour sur la terre avec Orisha Oko. Il se plia cependant aux ordres d'Olofi et accepta le mariage entre Ibu Agana et Orisha Oko.

Le temps passa et Olokun voyait sa fille très heureuse jusqu'au jour où elle se présenta à lui, énervée et en pleurs. Il lui demanda ce qu'il s'était passé et Ibu Agana lui raconta ce qu'Orisha Oko lui avait fait. Olokun, furieux, remonta immédiatement à la surface. Pendant ce temps, Orisha Oko, empli de culpabilité suite à son attitude, était déjà en train de faire un sacrifice à Olofi. Celui-ci accepta les excuses d'Orisha Oko et Obbatalá fut chargé de recevoir le sacrifice et de restaurer la paix sur les terres et dans les océans.

Quand Olokun traversa la surface de l'océan, il produisit une énorme vague qui avala toutes les terres environnantes. Obbatalá, voyant cela, envoya des messagers à Olokun pour qu'il rappelle les eaux. Celui-ci, débordant de rage, ne répondit pas. Tous les animaux, tous les humains et toute la vie qu'abritaient les terres furent enfouies au fond des mers. Obbatalá consulta Orula qui lui expliqua qu'Olokun était trop en colère pour s'arrêter avant que toute la Terre ne soit engloutie par les eaux. Orula dit que la seule solution pour mettre fin à la folie d'Olokun était de l'enchaîner.

Obbatalá demanda à Ibu Okunte qu'elle prie son mari Oggún de faire la plus grande et plus robuste chaîne jamais construite. Ibu Okunte donna ensuite la chaîne à sa sœur Ibu Achaba, chargée par Obbatalá d'enchaîner Olokun au fond des océans.

Ibu Achaba plongea au plus profond de la mer et entoura Olokun qui, aveuglé par sa colère, ne vit et sentit rien. Elle serra la chaîne, entraînant sa victime au fond de l'océan. Alors, les eaux se retirèrent, libérant les terres. Ibu Agana, voyant son père attaché, dit à Orisha Oko qu'à partir de ce jour, ils vivraient séparés mais que lorsqu'elle le souhaiterait, elle se rendrait de temps en temps sur les terres.

Autre patakí sur Olokun.

Afficher le patakí...

Olokun était accompagné dans la bataille de 2 serviteurs. Un jour, après un combat, il voulut les récompenser. L'un était arrogant et grossier, l'autre humble et gentil. Olokun demanda d'abord à ce dernier ce qu'il souhaitait. Il lui répondit qu'il ne voulait qu'être heureux et pouvoir servir son maître. Puis, Olokun interrogea son second serviteur qui lui indiqua qu'il détestait regarder le monde marin et qu'il aimerait donc qu'un de ses yeux lui soit ôté. Olokun réalisa son vœux.

Olokun dit alors au serviteur arrogant qu'à partir de ce jour, comme il n'avait plus une vue suffisante pour vivre dans les profondeurs, il irait sur terre pour voir la misère et la famine et pour écouter les pleurs de l'humanité. Olokun se tourna vers l'autre serviteur et lui expliqua qu'il resterait donc à ses côtés, dans les profondeurs, et partagerait toute ses connaissances, richesses et secrets.

Olokun ajouta que tant que le serviteur arrogant était sur terre, il devrait vérifier que tout le monde contribuait aux offrandes réalisées pour Ibu Agana et pour lui-même. Ce serviteur pourrait amener les offrandes dans l'océan et les faire sombrer à l'endroit où le second serviteur pourrait les récupérer pour Olokun.

Les 2 serviteurs acceptèrent. C'est pour cela que les santeros et les babalawos peuvent nourrir Olokun sur terre. C'est aussi la raison pour laquelle on place 2 jeux de coquillages dans le réceptacle d'Olokun. Le premier au fond, avec les secrets et mystères d'Olokun et le second au dessus, près de l'ouverture de la jarre.

Ses attributs.

Olokun est parfois représenté comme un être mi-homme, mi-poisson ou mi-homme, mi-sirène même s'il reste une entité indéfinie car il peut prendre toute forme, se transformer.

Ses couleurs sont le bleu marine, le blanc et le noir. Il est toujours vêtu de noir. Anciennement, en Afrique, son collier (eleke) était fait de grosses perles d'un bleu intense provenant de la côte de Guinée et enfilées sur un fil de fer. À Cuba, il est traditionnellement composé de 7 perles bleu foncé, 7 blanc-cristal, une rouge, une jaune et une verte. Dans certains cas, sont ajoutées des perles noires et blanches. D'autres le confectionnent avec des perles bleu indigo, rouge, opale et corail.

Ses attributs sont 7 masques, 7 chaînes, un majá (serpent), une clé, une poupée en plomb qui porte dans une main un serpent (qui représente Akaró) et dans l'autre un masque (qui symbolise Somú Gagá), une demi-lune, un soleil, un bateau, une ancre, un gouvernail, une hélice de bateau, une bouée de sauvetage, une sirène, un hippocampe, des coquillages, une étoile de mer et tout ce qui vit au fond des océans, confectionné en plomb ou en argent. On lui attribut aussi 2 poignées d'escargots, des monnaies de différents pays ou des medios (monnaie cubaine de 5 centavos) au nombre de 7 ou multiple de 7.

On lui sacrifie par immolation des coqs blancs, des poules, des colombes, des oies, des canards, des faisans, des tortues, des veaux, des vaches, des brebis, des béliers, des cochons et des cerfs. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont du maïs moulu cuisiné avec de l'ail, de l'oignon et du beurre, des alegrías de coco (bonbons-boules à la noix de coco), de l'ekó (tamal de maïs), de l'olelé (tamal enveloppé de feuille de bananier), de l'ekrú (plat à base de haricots pilés et cuits au saindoux, sans sel et enveloppés d'une feuille de bananier), de la melado de caña (confiture de canne), des porotos tape (variété de fèves), de la viande de porc, des bananes vertes frites, du cresson, de la malarrabia (spécialité cubaine à base de banane et de confiture), des épis de maïs, de la scarole, de l'alpiste, des boules d'igname, de la noix de coco, du sucre, du sucre noir, du sel et des fruits. Toutes les offrandes lui sont faites en haute mer.

Les plantes (ewes) associées à Olokun sont :

Afficher les ewes...

On lui ajoute également les ewes de Yemayá.

Le réceptacle d'Olokun est une grande jarre en terre cuite ou en faïence, de couleur bleuté ou noire, dans laquelle on place ses attributs qui vivent dans l'eau de la mer. D'autres préfèrent lui dédier une jarre contenant une autre jarre plus petite qui contient ses otás (pierres) noires et rondes et un poignée d'escargots (la seconde poignée est placée hors de la petite jarre). La jarre extérieure est recouverte de coquillages marins pour représenter le fond des mers. Comme aucune lumière ne peut atteindre le fond des océans, le réceptacle d'Olokun se place dans une endroit sombre de la maison. C'est un Orisha réservé aux babalawos. Certains disent qu'après Oduduwa, Olokun est la plus haute représentation d'Ocha. On le vénère de différentes façons, selon la branche de la Santería. Quand il prend possession d'un de ses "fils", il vient masqué.

Pour saluer Olokun, on embrasse ses doigts qui ont touché 3 fois le sol, on ouvre les bras, on les réunit, on touche le sol en face de ses pieds et on embrasse de nouveau ses doigts. On le salue avec la formule suivante : ¡Maferefún Olokun!

Ses chiffres sont le 7 et ses multiples. Certains lui attribuent également le 9

Chants.

Rezo :

Afficher le chant...

Syncrétisme.

On associe Olokun à la Virgen de Regla.

Références.

3.1.15.7. Olosa.

Présentation générale.

Natalia Bolívar Aróstegui fait allusion à un Orisha majeur nommé Olosa dont le culte est tombé en désuétude au cours du 19ème siècle. C'était le dieu des maisons que l'on représentait par un bâton et une épée placés à l'entrée du foyer pour en garantir la protection. Il est possible que son culte ait été abandonné quand les esclaves ont été enfermés dans des barraconnes (baraquements). Ils auraient alors choisi de vénérer Elegguá, considéré comme plus puissant.

Références.

  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores

3.1.15.8. Orisha Oko.

Présentation générale.

Orisha Oko est un Orisha majeur, maître de la terre, de l'agriculture, des champs et des récoltes. Il forme avec Oke et Oggué une trilogie responsable des récoltes, des pluies, du feu interne qui permet à la terre de créer et des animaux. C'est un travailleur acharné et un gardien des secrets. Il existe notamment un pacte entre Orisha Oko et Oloddumare qu'il respecte fidèlement. Il est si chaste qu'on dit que ses testicules pendent jusqu'au sol.

Orisha Oko est le patron des cultivateurs, des laboureurs et de tous ceux qui ont un travail pénible. Il assure l'abondance des récoltes et la fertilité de la terre. Il est l'esprit créateur qui anime les plantes et les animaux. Il est responsable de l'alimentation du monde. Il est donc invoqué par ceux qui ont faim. Il représente le travail agricole. Chaque jour, il surveille les plantations. Il les récolte grâce à une charrue crée par Oggún et tirée par 2 bœufs.

Il représente la prospérité, la bonne fortune et la fécondité. C'est pour cela que les femmes stériles font appel à lui.

Orisha Oko est considéré comme étant l'arbitre des disputes, spécialement entre les femmes. Il est le aussi le juge qui règle les querelles et conflits entre Orishas.

Il possède 2 personnalités. L'une de jour, qui représente l'homme pur et parfait et l'autre de nuit, qui se déguise en Ikú (divinité de la mort). Il reçoit alors les cadavres que lui remet Yewá et ceux qui sont envoyés par Oyá par l'intermédiaire de Babalú Ayé. Il vit aussi dans les toits.

Dans la nature, Orisha Oko est représenté par l'abeille, courageuse, qui transporte le pollen d'un endroit à un autre ou par toute énergie employée pour la culture. Ses messagers sont les abeilles.

Le nom d'Orisha Oko provient du nom yoruba "Òrìsá Okò" qui signifie Orisha du cultivateur. Son culte vient du territoire Saki, à l'ouest d'Òyó. Dans le Palo, il porte le nom de Musilango. En langue fon et à Haïti, on l'appelle Zaka.

Les "fils" d'Orisha Oko sont des personnes discrètes, travailleuses et responsables. Ils portent attention aux personnes qui d'une manière ou d'une autre dépendent d'eux. Ils ont un esprit clair. On fait appel à eux pour résoudre une dispute car leurs décisions témoignent de leur souhait pour le bien commun. Il n'aime pas beaucoup faire la fête et ne sont pas coureur de jupon. Ils sont doués d'un respect infini pour l'être humain.

Son histoire.

Orisha Oko est le fils d'Obbatalá et de Yembó. Il fut l'époux d'Olokun. Ils vivent séparés, car il révéla le secret de son hermaphrodisme, bien qu'ils restent unis, la terre (Orisha Oko) et la mer (Olokun). Il eut aussi des aventures avec Yemeyá qui le séduit pour lui prendre le secret de la semence de l'igname et le donner à son fils Changó.

Patakí (histoire) sur Orisha Oko.

Afficher le patakí...

Obbatalá possédait de grandes plantations d'igname, fruit sacré aux pouvoirs magiques, dont la faculté de faire parler une personne dans son sommeil. Il nécessita une personne pour l'aider à le cultiver. Cependant, il lui fallait une personne discrète car l'entretien de l'igname se faisait grâce à une technique secrète. Il ne pouvait donc le confier ni à un fêtard, ni à un coureur de jupon. Obbatalá choisit Orisha Oko, un jeune cultivateur connu pour son sérieux et sa chasteté. C'est ainsi que l'igname poussa sans que personne ne sache comment.

Autre patakí sur Orisha Oko.

Afficher le patakí...

Pour échapper à la colère d'Olokun qui fit envahir les terres par les mers, les habitants de la planète durent se réfugier dans les montagnes les plus élevées. Nombreux furent alors les appels lancés à Olofi pour qu'il trouve une solution à cette situation difficile. Sans succès. Les hommes pensèrent à édifier une grande tour qui atteindrait le ciel. Les maçons se réunirent mais ne travaillant pas dans une seule et même direction, ils finirent par parler une langue que les autres ne comprirent bientôt plus. Les menuisiers s'attelèrent à la tâche mais ne firent pas mieux. Ce fut le cas de toutes les corporations de travailleurs. Finalement la construction de l'édifice fut abandonnée.

Un agriculteur nommé Oko proposa une autre idée. Avec ses outils de labour, il creusa 7 immenses sillons dans la montagne et sema dans chacun des plantes de différentes couleurs. Un matin, Olofi, regardant la Terre, remarqua le dessin réalisé par Oko. Comme cela lui plut, il ordonna la construction immédiate d'un pont identique au tracé effectué dans les montagnes, de 7 couleurs, pour que l'auteur de cette merveille puisse se rendre dans son palais. Oko se rendit chez Olofi et lui compta ce que les hommes vivaient sur Terre. Olofi, indigné, ordonna à Yemayá d'enchaîner Olokun au fond de la mer.

Oko revint sur Terre. Les eaux s'étaient retirées, laissant place à de vastes espaces pour les cultures. Les Hommes, apprenant son exploit, commencèrent à le nomme Orisha Oko. Olofi décida qu'Oshumare, l'arc-en-ciel, se montrerait de temps en temps à la Terre pour se que l'on se rappelle du succès d'Oko.

Autre patakí sur Orisha Oko.

Afficher le patakí...

Orisha Oko était un homme qui avait le plus grand soin pour son travail. Il surveillait ses plantations chaque jour, du matin au soir. Au coucher du soleil, il rentrait se coucher pour être en forme le jour suivant, laissant alors ses cultures à son frère Korikoto. Un matin, Orisha Oko se promenait au bord de la mer, semant ses plantations dans ce nouveau lieu. Il remarque alors une magnifique femme dans l'eau. Il posa ses outils et se dirigea vers elle, l'interpellant. Elle se retourna et l'observa. Elle se présenta, Yemayá Ibu Agana Eni. Orisha Oko était sous le charme. Par contre, cette demoiselle ne cherchait pas de relation sentimentale car elle avait un défaut qui l'empêchait de quitter l'océan.

Orisha Oko lui expliqua qu'il n'avait que faire de ce défaut. Yemayá Ibu Agana Eni se laissa convaincre à condition qu'il ne parle et ne se moque jamais de cela. Sinon, ils se sépareraient et ne se parleraient plus. Yemayá Ibu Agana Eni sortit de l'eau et Orisha Oko put observer son corps déformé : une jambe plus grosse que l'autre, des cicatrices et des boursouflures sur le bas du corps et un seul sein. Olofi, qui observait la scène depuis les cieux, descendit et avertit Orisha Oko qu'il ne voulait aucun manque de respect envers Yemayá Ibu Agana Eni. Il lui donna sa parole que cela n'arriverait pas. Olofi accepta leur mariage.

Les années passèrent, Orisha Oko et Yemayá Ibu Agana Eni vivaient heureux. Les récoltes d'Orisha Oko étant abondantes, il décida de les vendre. Chaque jour, les habitants de la ville allaient au bord de la mer, acheter à Yemayá Ibu Agana Eni les produits ramassés par son mari. Elle cachait alors son défaut pour que personne ne moque d'elle. Un jour, quelques villageois allèrent acheter des fruits à Yemayá Ibu Agana Eni. Il restèrent face à elle, se murmurant les uns les autres quelque chose. Hésitante, elle leur demanda le sujet de leur discussion. Ils répondirent qu'un homme qui laboure les champs leur avait dit qu'il existait une femme totalement déformée près de la mer. Yemayá Ibu Agana Eni entra dans une colère noire. On pouvait lire la blessure et la consternation sur son visage. Elle quitta la mer pour se rendre sur le lieu de travail d'Orisha Oko. Celui-ci, la voyant arriver, se demanda pourquoi elle venait lui rendre visite. Il devina d'après sa démarche toute sa colère.

Yemayá Ibu Agana Eni décrit à Orisha Oko la honte qu'elle avait subi. Tant que le monde serait monde, elle le détesterait, voulant vivre le plus loin possible de lui. Elle lui dit qu'elle ne lui parlerait plus et lui prédit que tous ses outils se retournent contre lui, que les animaux lui tournent le dos, que les terres qu'il cultive deviennent des sols pauvres et que ses "fils" l'abandonnent. Elle tourna les talons et disparut dans l'océan.

Olofi, irrité par le comportement d'Orisha Oko descendit du ciel et lui dit avec sa voix forte que toutes ses plantations se dessécheraient et périraient. Les bœufs qui l'aident pour la moisson mourraient de soif. Ainsi, ses sols deviendraient des friches.

Orisha Oko, honteux, ne savait plus que faire. Il ramassa des fruits, emporta un cochon et des récoltes et se hâta vers le rivage. Il construisit un bateau et s'en alla au large malgré des eaux agitées par la rage d'Yemayá Ibu Agana Eni. Il fit un sacrifice pour cette dernière et demanda à Elegguá de le lui porter. Il retourna ensuite sur les terres, récupéra tous les restes du marché tenu par son ancienne femme, choisit 2 coqs, et fit un sacrifice pour Elegguá dans un puits. Puis, il sacrifia un de ses bœufs pour le pardon d'Olofi. Grâce à ces offrandes et ebbó (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits), Orisha Oko put apaiser l'épidémie crée par Yemayá Ibu Agana Eni qui commençait à frapper la population. Depuis le ciel, Olofi accepta les sacrifices. La sérénité revint peu à peu. Depuis, Orisha Oko vit loin des océans.

Ses attributs.

Ses couleurs sont le rouge et le blanc. Certains lui attribuent plutôt le rose et le bleu ciel. Pour un homme, il est vêtu d'un costume bleu foncé décoré de rose, aux manches longues. Pour une femme, elle est habillée d'une tunique ample de couleur bleu foncé et ornée de galons roses. L'un comme l'autre portent beaucoup d'escargots brodés sur leur vêtements. Il sont coiffés d'une couronne à 7 pointes surmontée de plumes de perroquet africain. Son collier (eleke) est composé de 7 perles roses ou lilas et de 7 perles bleues turquoises pâles. On peut le décorer avec du corail. Certains préfèrent, quand elles sont disponibles, des perles blanches rayées de rouge.

L'un des attributs d'Orisha Oko est un acheré (sorte de hochet), peint par des rayures longitudinales rouges et blanches, que l'on utilise pour l'appeler. On lui associe également de la terre de labour ou 8 escargots en forme de tire-bouchon que l'on appelle polimitas, qui représentent les diverses couleurs des fleurs. Ses outils sont une charrue tirée par des bœufs et tout type d'outil de labour.

On lui sacrifie par immolation des chèvres, des colombes et des coqs. Les sacrifices sont parfois enterrés, parfois lancés sur le toit. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont tout fruit récolté, tout ce qui vient de la terre, tout type de viandes séchées, des limaces, de l'igname et des haricots.

Les plantes (ewes) associées à Orisha Oko sont :

Afficher les ewes...

Le réceptacle d'Orisha Oko est un pot en terre qui contient 2 noix de coco sèches (osun et efún) peintes en rouge et blanc (certains disent que ça représente le scrotum de l'homme) et une poignée d'escargots. Il est posé sur un plateau en porcelaine. Sur celui-ci, on dépose également une tuile placée verticalement et une charrue tirée par 2 bœufs en métal. La tuile est peinte de rouge et rayée par 7 bandes blanches. Les transversales représentent les femmes et les horizontales, les hommes. Tout ceci est posé dans la cours, près de l'endroit où poussent les plantes et les récoltes. Parfois, la terre est directement son réceptacle. Ses otás (pierres) viennent des champs. Orisha Oko ne se reçoit pas directement comme Orisha tutélaire mais au travers de Yemayá (Yemayá oro pour Orisha Oko).

On le salue avec la formule suivante : ¡Maferefún Orisha Oko!

Ses numéros sont le 7 et ses multiples. Ses jours sont le lundi, le mardi ainsi que le 12 de chaque mois. Son jour saint est le 22 mars.

Les toques.

Dans l'Oru Seco, on lui dédie un toque d'un rythme interrompu par une conversación :

Synchrétisme.

Orisha Oko est associé à San Isidro Labrador (15 mai), patron des agriculeurs. Ce dernier passa la majeure partie de sa vie dans les champs et on raconte que de nombreux miracles parsemèrent son activité de labour. Cette description explique l'identification naturelle avec Orisha Oko.

Les toques.

Durant l'Oru Seco, on joue le toque appelé Kankán.

Chants.

Rezo :

Afficher le chant...

Références.

3.1.15.9. Yewá.

Présentation générale.

Yewá, Yewa, Yeguá, Yegua, Yegguá, Yeggua, Ewa ou Yegwa est un Orisha majeur fortement lié avec Ikú (divinité de la mort). Avec Oyá et Obba, Yewá forme la trilogie des Orishas dits Orishas muerteros (associés à la mort) qui vivent dans les cimetières, entre les tombes et les morts. Elle habite les cercueils. Elle est chargée d'emmener les Eggúns (esprit de tous les ancêtres) à Oyá et de danser sur leurs tombes. Elle circule, lentement et avec grâce, entre les caveaux et veille sur les restes des corps humains enterrés. Maître des cimetières et des sépultures, elle symbolise la solitude. Ses messagers sont les vers et les asticots.

Elle représente la retenue des sentiments, la chasteté féminine, la virginité et la stérilité. En sa présence, on ne doit pas se dénuder, penser à des plaisirs charnels, avoir des amourettes, des gestes de tendresse ou des disputes, faire preuve de violence ou de rudesse, dire des grossièretés ou élever la voix. C'est pour cela qu'on la représente comme une personne âgée.

Yewá protège contre la tuberculose, l'extrême maigreur et la consternation. C'est la patronne des désemparés.

Le culte de Yewá vient du Dahomey. Elle vécut à Egwadó ou Egbabdó. Son nom vient du mot yoruba "yèwá" composé de "yeyé" (qui signifie "mère") et "awá" (qui signifie "notre") et porte aussi les noms (caminos) de :

Afficher les caminos...

Dans la regla de Ocha, elle est appelée princesa Yewá Binoyé. Dans le Palo Monte, on la nomme Bantolonqui et Muanalugue Mpanqui.

Yewá est surtout adorée à Santiago de Cuba où elle peut être un Orisha tutélaire. Ses "filles" jouissent d'un grand prestige en tant que devineresses. Elles vivent alors dans la rigueur et l'austérité la plus totale. Ses "filles" sont mures, à la personnalité dominante, sévères et exigeantes. Yewá n'aime pas qu'elles soient indécises ou qu'elles commettent des erreurs. Elles ont l'habitude de prendre une posture moraliste désagréable, parfois jusqu'à une forme d'extrémisme moral. Du fait que Yewá déteste le contact charnel ou le commerce du sexe, on dit souvent que ses "filles" sont vieilles, célibataires, vierges ou stériles. Elles n'aiment pas le bruit et sont solitaires.

Son histoire.

Yewá est la fille d'Obbatala et d'Oduduwa et la sœur d'Oyá et Obbá. Certains disent qu'elle est la fille préférée d'Olofin. Elle est la compagne et amante de Babalú Ayé, bien qu'elle soit restée pure et chaste. On dit aussi qu'elle eut des aventures avec Obbatalá Oshagriñan.

Patakí (histoire) sur Yewá.

Afficher le patakí...

Yewá vivait isolée dans le château de son père Oduduwa. Il l'aimait comme la prunelle de ses yeux pour son extrême beauté et sa virtuosité. Un jour, Changó eut vent du charme mais aussi de la virginité et de la frigidité de Yewá et paria qu'il pourrait la séduire. Il s'introduisit dans le château d'Oduduwa et se mit à ordonner et soigner les fleurs du jardin. Yewá vit Changó par la fenêtre et elle fut saisie par l'élégance de ce dernier. Ainsi, Yewá charmée, Changó remporta son pari. Quand Oduduwa découvrit cela, il fut pris de colère et sa fille lui demanda de l'envoyer là où elle ne pourrait être vue d'aucun homme. Ainsi, Oduduwa la fit reine des morts. Depuis, elle vit dans les cimetières, avec les morts, et emmène les cadavres à Oyá pour que Babalú Ayé les conduise à Orisha Oko afin qu'il les mange.

Autre patakí.

Afficher le patakí...

Yewá, la fille préférée d'Olofin, s'occupait du jardin dans lequel son père faisait pousser ses plus rares et belles fleurs. De l'extérieur, l'espiègle Elegguá la regardait. Il savait qu'elle était la dernière et uniquement vierge du royaume d'Olofin. Un jour, Elegguá et Changó allèrent prendre un verre. Elegguá écoutait ce dernier raconter des plaisanteries et se vanter d'avoir conquis toutes les femmes du royaume d'Olofin. Elegguá se mit alors à rire. Changó en demanda la raison et Elegguá répondit qu'il connaissait une femme, la dernière vierge de ces terres. Changó lui demanda de l'amener la voir sur le champs.

Arrivés devant le palais d'Olofin, il s'assirent et regardèrent la belle Yewá s'occuper du jardin. Changó pénétra dans la demeure, en prenant bien soin de vérifier qu'Olofin soit absent. Il appela Yewá qui n'osa pas le regarder car elle avait interdiction de poser le regard sur un homme. Elle ne put cependant résister et quand elle vit Changó, elle tomba amoureuse. Il l'amena et ils firent l'amour.

Après plusieurs mois, Yewá sentit qu'elle était enceinte. Embarrassée et honteuse à l'idée de ce que son père dirait, elle s'assit sur un rocher et plongea ses main dans son ventre jusqu'à saisir le fétus qu'elle enterra près du château. Plus tard, Olofin demanda à Yewá comment elle arrivait à obtenir de si belles fleurs. Elle répondit que les plantes poussaient et que celles flétries était arrachées pour laisser la place à de nouvelles autres. Olofin voulut alors savoir ce qu'elle faisait des vieilles fleurs retirées. Elle écarta la question en expliquant qu'elle les avait jeté. Cependant, Olofin qui savait tout lui demanda ce qu'elle avait fait des fleurs qui poussaient dans son ventre. Yewá, choquée, s'effondra et raconta comment Changó l'avait séduite. Elle pria Olofin de l'oublier et de l'envoyer dans un lieu où elle ne pourrait plus croiser le regard d'un seul homme. Olofin, anéanti, exhaussa son souhait et la mena dans un cimetière où elle pourrait vivre en compagnie de ses sœurs Oyá et Obba.

Olofin la fit Orisha qui consomme les corps une fois qu'ils sont enterrés. Quand le corps commence à se décomposer et que les yeux ne sont plus que des cavités, Yewá digère le corps pour le rendre à la terre. C'est ainsi qu'elle vit et garde les cimetières. Depuis ce jour, elle ne peut être vue en présence de Changó.

Ses attributs.

Sa couleur est le rose et parfois le bordeaux. Son collier (eleke) se compose de perles roses ou rosées. Elle est vêtue d'une ample robe rose avec une ceinture réalisée dans le même tissu et porte une couronne décorée de cauris sur la tête.

Ses symboles de pouvoir sont une poupée et un panier. Ses attributs principaux sont tout objet lié au cimetière ou à la mort mais aussi une campana (cloche) de type ekón et une seconde plus petite à l'intérieur en métal blanc et en métal argenté, une poupée ou une petite jarre, des nacres, des cauris, 9 écussons triangulaires, 22 squelettes en métal, 9 petits anges argentés, os de chouette, un os d'Eggún, une otá (pierre, de préférence de couleur obscure, que l'on ramasse dans la montagne ou aux alentours d'un cimetière), 9 otás de couleur rose et une poignée d'escargots.

On lui sacrifie par immolation des chevrettes, des faisans et des colombes. Ces animaux doivent être jeunes, femelles et vierges. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont du poisson entomatado, du gofio au poisson, des boules de cacahuète et parfois des os de chouette car comme elle, cet oiseau vit la nuit.

Les plantes (ewes) associées à Yewá sont les mêmes que celles d'Oyá. Elle apprécie particulièrement la Flor de maravilla et la Rosa francesa.

Son réceptacle est un panier en osier doublé d'une toile rouge et rose que l'on place dans une petite maison positionnée dans une chambre à l'intérieur de la maison, en hauteur et loin de celui pour Ochún ou Changó. Yewá ne prend que peu souvent possession d'un individu durant une cérémonie. Dans ce cas, le possédé effectue des mouvements rotatifs de bras, comme s'il rembobinait ou faisait un paquet de nœuds.

On le salue avec la formule suivante : ¡Maferefún Yewa!

Ses chiffres sont le 11 et ses multiples. Son jour est le vendredi, jour d'expiation. Son jour saint est le 30 octobre.

Syncrétisme.

Yewá est associée à la Nuestra Señora de los Desamparados (patronne de Valence), à la Virgen de Montserrate ou Nuestra Señora de Monserrate, à la Virgen de los Dolores, à Santa Clara de Asís (12 août) et à Santa Rosa de Lima.

Les toques.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie un toque (rythme) :

Chants.

Rezo :

Afficher le chant...

Rezo :

Afficher le chant...

Références.

Site XHTML 1.1 et CSS valide - Javascript conseillé (fond_page.png)