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3.1.10. Babalú Ayé.

   

3.1.10.1. Présentation générale.

Babalú Ayé est un Orishas majeur et l'un des plus vénérés de la religion Yoruba, en particulier à Matanzas, car il est lié à la santé. Il est en effet le dieu des maladies, des maux et de la misère. Il représente la variole, la lèpre et les affections de la peau. C'est le patron des médecins. Il est également le patron des insectes.

Il protège donc contre toutes sortes de maladies comme la lèpre, la variole, la peste, la petite vérole, le syphilis, le coléra, les ulcères, les embolies, la gangraine, les amputations, la paralysie, le SIDA..., et plus particulièrement contre les maladies vénériennes ou épidémiques. Il a une grande connaissance de la valeur curative des plantes, savoir qu'il a accumulé en parcourant le monde. Les soins qu'il procure ont toujours un caractère miraculeux.

Babalú Ayé

Babalú Ayé

Les délaissés, les mendiants, les personnes possédant un membre (bras ou jambe) cassé ou ceux rejetés par la société sont identifiés à Babalú Ayé. Il est un maître en matière d'humilité et de compassion, surtout pour la misère et la souffrance humaine. Il punit ceux qui sont indifférents aux besoins de ceux qui sont touchés par des maladies inexpliquées. Les personnes qui sont dans le besoin doivent être aidées et traîtées avec respect car ce peut étre Babalú Ayé déguisé.

Il est accompagné d'Ikú, l'esprit de la mort car étant associé aux maladies, il côtoie souvent les défunts. Il fait partie de 16 qui se présentent avant qu'Ikú vienne prendre une vie. C'est le seul à pouvoir changer ce destin.

Ses messagers sont tous les insectes, vecteurs de maladies comme les moustiques ou les mouches. Le vent est également un des ses messagers. Dans la nature, il est représenté par le champignon qui tue les arbres et les plantes, les mauvaises herbes qui détruisent les jardins et les fleurs, les animaux mutilés ou le germe qui s'infiltre dans chaque être vivant. Il se cache entre les feuilles du lierre pour se protéger du soleil. Il ne sort que la nuit. Dans la maison, il est associé aux mauvaises odeurs.

Son nom vient du mot yoruba Babàlúaíyé qui signifie "père du Monde". Il porte aussi les noms (caminos) de :

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C'est un Orisha né au Dahomey (actuel Bénin) où il portait le nom d'Ayanu, Asojuano, Azojuano, Azowano, Azowanú, Tata Kañeñe, Baba, Agrónoga ou Agrónica. Il est roi de Nupe. Son nom vient de la divinité (langue fon) Chukuono, Chopono, Samponá, Sopona, Soponna, Sonponna, Shokponna, Chakpata, Sakpatá, Sakpata, Shakpana, Chankpana ou Shankpanna. C'est un dieu terrifiant, dont le nom ne doit pas être prononcé, qui lance la variole et la lèpre sur les villages.

Certains pensent qu'il est d'origine Arará. Il est dit que son ancien nom est Agróniga Omóbitasa et qu'aujourd'hui, il porte le nom d'Asayí ou Asóyi. D'autres pensent qu'il est Lucumí. Dans le candomblé brésilien, il est connu sous le nom de Obalu Ayé, Obaluaye ou Obaluaiê. À Haïti, il est se nomme Legba Pied ou Sabata.

Les "fils" de Babalú Ayé porte une grande attention au bien-être physique, mental et spirituel des personnes qui les entournent. Ils cherchent sans arrêt à comprendre, à soulager, à aider malgré que communiquer leur coûte beaucoup. Ils sont solitaires et complexés. Ces personnes se portent instinctivement au soutien des malades, tant pour leurs maux de corps que pour leurs souffrances de l'âme. Ils vont rechercher les mots justes, réconfortants.

3.1.10.2. Son histoire.

Histoire de Babalú Ayé.

Pour les Lucumís, il est le fils de Naná Burukú, élevé par Yemayá. C'est l'époux d'Oyá et l'amant de Yewá. Ses frères sont Oshumaré et Irokó. Certaines rares études disent qu'il est demi-frère avec Changó qui fut celui qui l'amena en terre Lucumí. On trouve aussi parfois l'idée qu'il soit directement né d'Obbatalá. Pour les Ararás, il est le fils de Kehsson et de Nyohwe Ananou, Nyobwe Ananou, Nyawe Ananou ou Nwoyeh Ananou.

Patakí (histoire) sur Babalú Ayé.

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Il y a fort longtemps, Olodumare, l'Être Suprême, le Créateur de tous les Orishas, décida d'offrir un cadeau à ses enfants. Il leur dit alors qu'il était temps pour eux de prendre leurs responsabilités dans le monde. Quelques murmures se firent entendre. Il annonça, après avoir apaisé les rumeurs, qu'il avait décidé de partager ses pouvoirs avec eux. Il leur expliqua qu'il allait leur donner ses ashés (sorte de force, de domaine de pouvoir, qui permet d'influencer ce qui va se passer) pour qu'ils puissent accomplir leur destion du mieux qu'ils le pourraient. Tous les Orishas étaient très excités. C'était le moment où allait être défini le domaine sur lequel ils auraient une influence.

Tout en se bousculant, ils se mirent en colonne, les uns derrière les autres. Il commença par Ochún : "Pour toi, j'ai réservé les rivières". Elle le remercia. Puis, il donna la foudre à Changó. Il le remercia. "Oyá, je te confie les vents et les étoiles filantes" dit Olodumare. Il offrit les métaux à Oggún. Le pouvoir de divination revint à Orunmilá afin qu'il puisse guider le destin de l'humanité. "Elegguá, cesse de parler et écoute-moi ! Je te donne tous les chemins, les routes, les portes et, puisque tu aimes tant parler, je te fais messager de tous les Orishas".

Vint alors le tour de Babalú Ayé. Olodumare lui demanda  "Y a-t-il quelques chose que tu désires me demander ?". Babalú Ayé était charmant et très jeune. Son intérêt principal était de faire l'amour aux femmes, avec toutes celles avec qui il en avait la possibilité. Il exprima sa requête à Olodumare : "Je veux que tu me donnes le pouvoir d'être l'amant de toutes les femmes. Je veux m'amouracher de toutes celles-ci. Je veux qu'elles m'aiment". Cette frivole demande fit sourciller Olodumare. Il lui répondit : "C'est d'accord mais à une seule condition. Afin que tu montres que tu peux contrôler tes désirs, tous les jeudi de Pâques, tu t'interdiras d'entrer en contact avec une femme". Babalú Ayé remercia Olodumare et lui assura qu'il respecterai cette règle.

Durant une longue période, Babalú Ayé tint parole. Toutes les semaines de Pâques, il restait chez lui, sans rencontrer de femme. Seulement, une de ces semaines, il était en train de jardiner quand il vit la plus belle femme qu'il n'aie jamais vu. Il l'interpella et lui proposa de lui montrer son superbe jardin. Tous les jours de la semaine, il lui parla, puis lui prit la main et le mercredi des Cendres, l'embrassa. Elle revînt le jeudi et Babalú Ayé la toucha, l'embrassa et l'amena dans son lit.

Le matin suivant, quand il se réveilla, il découvrit son corps totalement couvert de large et douloureuses plaies. La jeune femme s'écria : "Mais que se passe-t-il ?", sautant hors du lit. Babalú Ayé, effrayé, comprit que c'était la punition d'Olodumare. C'est la punition pour n'avoir pas respacté sa loi. "Tu es repoussant" cria la femme et elle s'enfuit de la maison.

Durant de nombreux jours, Babalú Ayé resta à la maison et essaya de se soigner par des bains d'herbes médicinales, des prières ou des sacrifices. Rien ne fonctionna. La léprose attaquait son corps. Finalement, il se traîna jusqu'à la maison d'Olodumare. Il frappa à la porte. Olodumare, en ouvrant la porte, demanda ce qui sentait si mauvais. Babalú Ayé répondit : "C'est moi, j'ai besoin de ton aide". Olodumare dit : "Je pense me rappeler de quelqu'un qui porte ce nom. Mais c'est un jeune et beau garçon qui savait respecter ses promesses". Babalú Ayé supplia l'aide d'Olodumare en s'excusant d'avoir trahi son commandement. Ce dernier n'accepta pas son imploration, ne souhaitant pas s'adresser à une personne qui ne respecte pas sa parole. Il claqua la porte au nez de Babalú Ayé.

Juste devant la maison d'Olodumare, Babalú Ayé décéda à la suite d'horribles convulsions et souffrances. Toutes les femmes du monde commencèrent à pleurer sa mort. Un grand nombre d'entre elles décidèrent d'envoyer un pétition à Ochún, Orisha de l'amour. Toutes ces femmes furent gracieusement reçues dans la maison d'Ochún. Celle-ci leur demanda ce qu'elle pouvait faire pour elles. Leur réponse fut qu'elles souhaitaient que Babalú Ayé soit ramené à la vie car toutes les femmes du monde étaient attristées par l'horrible mort de celui qu'elles aimaient tant. Ochún fut touchée par leur requête. "Mesdemoiselles, je vais aller voir Olodumare et essayer de vous ramener l'élu de votre cœur" promit Ochún.

Le soir même, Ochún se rendit chez Olodumare. Elle le trouva une porte secondaire ouverte et entra, sans que personne ne la vit. Elle alla de pièce en pièce afin de répandre en tout lieu son oñi (pouvoir de réveiller les passions incontrôlables des hommes). Olodumare, assis tranquillement, était en train de lire son journal. Soudain, il commença à changer et à s'agiter. Il jetta son journal et se précipita dans sa garde robe. Il se sentait en forme et voulait paraître beau. Il enfila ses plus beaux vêtements et il se passa de la pomade parfumée dans les quelques cheveux qui lui restaient. Il se remémora ses ex-compagnes qu'il n'avait pas vu depuis des années et s'imagina ce qui avait pu être leurs vies. Toute la passion que l'âge avait enfoui se réveilla. Ils se regarda dans le miroir. Il ne s'était pas senti aussi bien depuis longtemps. Il n'avait pas pensé à la sexualité depuis encore plus de temps.

Olodumare, grand sage, devina qu'il était sous l'emprise de l'oñi d'Ochún. Il rigola et demanda si elle était là. Celle-ci confirma qu'elle était bien venue. Olodumare la remercia de l'avoir rendu si beau. Ochún lui dit : "Tu vois, ce n'est pas une si mauvaise chose de se sentir bien et tu as puni Babalú Ayé pour cela même". Olodumare demanda à Ochún un peu de son oñi pour qu'il se sente jeune à nouveau. Elle accepta à la condition qu'il oublie les erreurs de Babalú Ayé et qu'il le ramène à la vie. Olodumare, qui avait déjà décidé de faire revivre Babalú Ayé car il considérait sa mort comme une punition temporaire, accepta : "Il revivra". Ochún donna son oñi à Olodumare qui accomplit sa promesse. Cependant, les plaies de Babalú Ayé ne disparurent jamais.

Autre version du patakí précédent.

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Il existe une version légèrement différente du patakí précédent.

Babalú Ayé était très amateur de femmes. Il faisait la fête continuellement, jusqu'à en perdre le respect de tout le monde. Ochún, sa femme, l'abandonna. Un jeudi Saint, Orunmilá l'avertit : "Aujourd'hui, domine-toi et ne vas pas voir de femmes". Sans faire cas de ce conseil, il coucha avec une de ses amantes le soir même.

Le lendemain, il se réveilla avec le corps couvert de plaies purulentes. Les gens le fuyèrent de peur d'être contaminés. Seuls quelques chiens, qui aimaient lui lécher les plaies, le suivaient. Il eut beau supplier Olofin, celui-ci refusa de lui pardonner. Finalement, Babalú Ayé décéda. Heureusement qu'Ochún eut pitié et, grâce à ses ruses, elle obtint d'Olofin qu'il rende la vie à Babalú Ayé. Par la suite, celui-ci devint charitable et miséricordieux car il eut la possibilité d'apprendre combien peuvent souffrir les malades.

Encore une autre version du patakí précédent.

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On peut trouver de nombreuses variantes du patakí précédent. En voici une dernière.

Babalú Ayé était un jeune homme plein de vie et d'énergie. Il vivait dans les bois, librement, sans responsabilité. Il n'était pas attiré par le travail mais plutôt par le fait de se divertir et surtout, avec les femmes. Il avait d'ailleurs eu des relations avec toutes les Orishas. Olofin, qui le surveillait, envoyait de temps en temps Obbatalá pour qu'il l'avertisse que cela ne pouvait pas continuer et que plus personne ne lui accordait de respect. Toutes les femmes commençaient à l'abandonner. Sur les ordres d'Olofin, Obbatalá punit donc Babalú Ayé.

Ainsi, Babalú Ayé fut banni et devint vieux et malade. Son corps fut recouvert de pustules. Tout le monde le fuyait. Le seul qui eut de la compassion pour lui fut Changó, qui lui enseigna l'art et les secrets des herbes médicinales et la valeur du travail grâce à des activités de semance et de récolte. Pour cela, Changó est la personne la plus respectée par Babalú Ayé. Après avoir longuement remercié et fait ses adieux à Changó, il partit à la recherche d'une destinée nouvelle. Il marcha longtemps avant d'arriver à la terre Arará où il y rencontra le peuple Sabalú, peuple en voie de disparition car il manquait de tout et était touché par la famine et les épidémies. Grâce à ses nouvelles connaissances, il put aider les hommes, les femmes et les enfants. Il leur apprit à se nourrir grâce au travail de la terre et à soigner les maladies dont ils souffraient. Le peuple le remercia, pour ce qu'il estimait être un miracle, en le choisissant comme roi. Il prit alors le nom d'Asoyín.

À Matanzas, les descendants Ararás jouent d'ailleurs encore le tambour Asoyín ou Asojín pour Babalú Ayé.

Autre patakí sur Babalú Ayé.

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La légende raconte que Babalú Ayé fut rejeté de Yorubaland après avoir contracté la variole. Tous les Orishas le rejetèrent à l'exception d'Elegguá qui l'amena voir Orunla afin qu'il lui apporte de l'aide. Orunla effectua une divination et comprit que la variole était une punition due à son manque de respect envers ses aînés. Il lui expliqua que la seule manière de se soigner était d'entreprendre un pélerinage au Dahomey.

Quand Babalú Ayé arriva au Dahomey, Olofin déclencha une pluie purifiante qui le nettoya et le débarrassa de la variole, signe de pardon de ses fautes passées. Il établit alors un grand royaume au Dahomey.

Ensuite, il est dit qu'Elegguá obtint un chien qu'il donna à Babalú Ayé pour compagnon. Depuis, cet Orisha est souvent dépeint en compagnie d'un ou plusieurs chiens. De la même façon, Orunla donna à Babalú Ayé des graines et des fèves afin qu'il se soigne. C'est resté un des ebbós (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits) préférés de cet Orisha.

Autre patakí sur Babalú Ayé.

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Il y a fort longtemps, une terrible épidémie de lèpre frappa les terres du Dahomey. Comme s'était répandue la nouvelle de la venue d'un miraculeux roi lucumí, des émissaires furent envoyés afin de lui demander une aide urgente. Aucun d'eux ne revint.

Un matin, alors qu'ils étaient à la limite de la survie, les rares rescapés, rassemblés à proximité d'un marécage, virent apparaître un cavalier habillé d'une tunique multicolore, chevauchant un magnifique coursier blanc. Il descendit de sa monture et embrassa tous les survivants, jusqu'à ce qu'il soit lui-même contaminé. Mais, immédiatement, il ouvrit son sac et en retira balayette constituée de branches de coco et d'un bouquet d'herbes. Il se la frotta sur tout le corps et fut soigné. Puis il fit de même avec tous les malades. Il conclut la purification en leur disant : "Je suis Babalú Ayé, roi de la terre et des maladies. Celui qui croit en Dieu, par sa foi sera soigné".

Il reçut tant de gestes de gratitude de la part des habitants du Dahomey qu'il décida de rester et régner sur ces terres où il est hautement vénéré.

Autre patakí sur Babalú Ayé.

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Babalú Ayé était un homme juste, simple, bon et humble. Bien que puissant, il était aussi connu pour sa capacité à faire face à l'adversité sans la moindre plainte et pour sa bonne disposition à ne pas se laisser abattre par les évènements inattendus. Bien que jeune, il était respecté et écouté sur ses terres.

Même Olofin avait confiance en son bon sens et son impartialité. À tel point que quand le jaloux Eshú lui dit qu'il n'existait pas un seul homme juste sur le Terre, il cita sans attendre Babalú Ayé comme exemple. Pour donner plus de poids à ses mots, il défia Eshú de tenter Babalú Ayé en lui faisant perdre ses biens, pour voir s'il trahirait ou accuserait quelqu'un. Sur le champs, Eshú essaya et lui fit perdre jusqu'à sa chemise. Babalú Ayé ne médit pas et ne renonca point.

Eshú, indigné, se plaint auprès d'Olofin en arguant que Babalú Ayé conservait sa droiture car, même sans rien, il lui restait la santé et que tout homme sain avait la force d'affronter la vie. Olofin, confiant, le pressa de tenter de lui retirer la santé. Eshú foudroya donc sa victime d'une lèpre répugnante qui transforma Babalú Ayé en pestiféré jusque dans son entourage. Mais même ainsi il ne put entendre la moindre lamentation ou malédiction de sa part.

Eshú revint vers Olofin qui, géné par cet acharnement si insistant, le blâma en lui disant qu'il ne lui donnerait plus l'opportunité de faire du tort à un homme qui avait largement prouvé son intégrité et à qui il ne restait plus que la vie. Olofin expliqua que Babalú Ayé méritait que lui soit restitués la santé et tout ses biens.

Ainsi, Babalú Ayé, plus puissant et fort qu'avant, se mit à parcourir les routes de ses terres pour trouver une femme avec laquelle il souhaitait construire une famille et assurer sa descendance. Il s'éprit de la sœur du roi des terres voisines que, malheureusement, il contamina avec ses plaies, car il n'avait pas attendu le temps nécessaire à sa guérison totale.

Meurtri, le souverain bannit Babalú Ayé qui se retrouva une fois de plus errant sur les routes, son rêve de descendance brisé et triste car condamné à vagabonder sans destin determiné. Il traversa les fontières et s'installa très loin de ses terres, dans un magnifique lieu où coulait un fleuve y poussaient d'énormes et luxuriants arbres. Il y résida et fut heureux durant plusieurs années, sans abandonner l'espoir de fonder une famille.

L'occasion se présenta avec une superbe femme à la peau mate douce et brillante. Elle venait d'une autre terre et était arrivée au gré du destin. Avec amour et ténacité, elle aida Babalú Ayé à former une famille et à retrouver la prospérité. Ainsi, il put aider à la réussite de son peuple adoptif.

3.1.10.3. Ses attributs.

Babalú Ayé est un viel homme malade dont le corps est meurtri et qui tremble des jambes et des bras. Ses mains sont rigides. Il est tellement faible qu'il tombe régulièrement par terre. Sa voix est nasillarde.

Ses couleurs sont le mauve/violet et le marron. Il est vêtu d'un pantalon en toile de jute et de haillons. Des fois, il peut être habillé de toile à carreaux bariolés. Il est couvert de cauris (coquille du Ciprea Moneta utilisée comme monnaie par certains peuples africains). Il aime être décoré d'herbes médicinales. Parfois, il porte un sac en toile de jute sur son épaule gauche qui contient des herbes et du tabac. Son collier (eleke) est composé de perles blanches striées d'une fine raie bleue. Certains intercalent des perles de Oyá noires et rouges. Les perles se combinent différemment en fonction du camino suivi. Dans certains cas, des cauris, symbole de magie et de divination à Cuba, peuvent être utilisés.

Son attribut de pouvoir est l'ajá ; un bouquet de fibres de palmier ou de coco dont la poignée est constitué d'une toile de jute. Cet attribut est souvent décoré de cauris et de perles. Il se tient le plus souvent dans la main droite. Babalú Ayé l'agite pour signaler qu'il approche et que tout le monde doit partir pour ne pas être contaminé par ses maladies. Ce geste est aussi un acte de purification, chassant le mal et faisant fuir les mouches qui sont attirées par ses plaies. Ses attributs sont les béquilles, la crécelle et tout objet lié à l'infirmité. Un de ses attributs courants sont 2 chiens en métal qui portent en général les noms de Maravilla et Siempre vida.

On sacrifie par immolation à Babalú Ayé des coqs, des grandes chèvres barbues, des colombes, des pintades et dans certains caminos, des cailles. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont tout type de graines ou de fèves, du maïs ou des épis de maïs grillés, du pain vieux et sec ou brûlé, du poisson fumé, de l'agouti (jutía) fumé, de la viande de cou de bétail (cogote de res), de l'ail, de l'onion, des noix de coco vertes, de l'huile de palme... C'est un Orisha avec des goûts simples, il accepte peu, comme du pain sec et quelques graines, si celui qui offre ne peut pas se permettre plus. L'eau qui lui est destinée doit venir d'un étang. Il boit de l'eau de noix de coco, de l'aguardiente (eau de vie de canne) ou du vin sec.

Les plantes (ewes) associées à Babalú Ayé sont :

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Babalú Ayé ne s'invoque pas (no se asienta) et ne prend pas possession de ses "fils" dans les cérémonies. On le salue avec la formule suivante : ¡Jekúa Babalú Ayé agrónica!

Babalú Ayé vit (dans les maisons des Cubains) dans une grande casserole plate, similaire au réceptacle d'Elleguá mais d'un diamètre supérieur, couverte d'une autre, plus grande, placée à l'envers et comportant un trou par lequel les plumes de la pintade sacrifiée le jour même sont insérées. Les deux sont scellées avec du ciment (pour la règle Arará) ou non-scellées (pour la règle Lucumí). L'ensemble comporte des orifices sur les côtés. Dans la règle Arará, l'ensemble est peint en bleu, rouge, blanc et vilolet et la partie supérieure est décorée de cauris et de perles. Des fois, le couvercle est seulement une calebasse allongée coupée longitudinalement.

Ses chiffres sont le 17 et ses multiples. Son jour est le vendredi même si le mercredi est également très populaire et son jour saint est le 17 décembre. Ce jour de l'année, le sanctuaire El Rincón de la Havane se remplit de fidèles devoués qui apportent des offrandes. Ils s'approchent de l'autel sur les genoux afin d'être plus proche de Babalú Ayé. Ils lui demandent santé et protection contre les mauvaises énergies et les pensées égoïstes. Dans d'autres endroits, de nombreux cubains se regroupent dès le 16 décembre, allument un cierge et font une offrande à Babalú Ayé. Ils attendent que celui-ci arrive à minuit. À ce moment là, ils lui demandent de veiller sur eux et sur leur famille.

3.1.10.4. Syncrétisme.

Il est associé à San Lázaro. Ses vêtements ressemblent d'ailleurs à ceux de San Lázaro dans les représentations que l'on trouve généralement.

3.1.10.5. Les chants.

Giraldo Rodríguez :

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Autre chant :

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Beaucoup de chants peuvent se retrouver sur le site furius.ca.

3.1.10.6. Les toques.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie les toques (rythmes) :

  • iya-nko-tá (ìyà nkọ́ ọ̀tá en langue locale), iyakotá, oyánkota ou oyokotá qui contient 2 conversaciones ;
  • ibá ibá ogguede má, nariba ogué demá, bariba ogé de ma ou bariba ogue dema (bá rí'bá ọ gé dé má en langue locale) qui contient la conversación suivante : "iba ibá, ogguede má, mole yé. Ka ké, ka ké, ka ké, molé yan ta, mole yé".

Des partitions concernant quelques toques peuvent être trouvées sur le site CityPercussion.

3.1.10.7. À écouter.

Le plus grand chanteur est certainement Lázaro Ross. Je vous conseille de l'écouter avec le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba. Il a consacré un disque à Babalú Ayé intitulé "Orisha Aye - Babalú Aye". Sur le disque Asoyín de Lázaro Ross se trouvent des chants ararás pour cet Orisha.

De nombreux morceaux sont également en écoute libre sur le site Olofin.

3.1.10.8. À voir.

3.1.10.9. Références.

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