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3.1.4. Elegguá.

   

3.1.4.1. Présentation générale.

Elegguá, Elegbá ou Elewua est un Orisha majeur, maître des chemins et des croisements et en particulier des 4 chemins qui forment la croix par union du nord avec le sud et de l'est avec l'ouest. C'est le principal messager d'Olofin et l'intermédiaire entre les Hommes et les Orishas. Il possède les clés du destin des Hommes, il ouvre et ferme les chemins vers le bonheur ou le malheur. Il représente le hasard, la chance, l'infortune et la mort. C'est le premier et le plus redoutable et féroce du groupe des Orishas guerreros (Orisha Oddé ou ibori) avec Oggún, Ochosi et Osun. Après Obbatalá, c'est le plus puissant des Orishas. À la suite d'histoires avec les autres Orishas, il peut faire ce qui lui plaît sans restriction. Il est aussi dit que tout Orisha doit lui demander la permission d'aider un de ses "fils" ou de recourir à la magie.

Il est considéré comme un maître magicien dont les sortilèges sont impossibles à rompre. Il a également la faculté de deviner le futur sans avoir recours au moindre outil.

Elegguá

Elegguá

Son messager est la souris. Dans la nature, Elegguá est généralement représenté par les rochers. Il est présent partout où existe la vie humaine, sous toute forme comme une pierre, une herbe, un jeune homme ou un vieillard, observant tout ce qui se produit, tant bien que mal, pour pouvoir le raconter à Olorún. Il est dit qu'Elegguá sert d'yeux sur Terre à Olorún. Avec Orunmilá, Oyá et Obbatalá, il domine les 4 vents.

Elgguá protège des accidents, de la mort par hémorragie ou due à une tahison et du SIDA. Il prévient les disputes, les peines et les misères. Il empêche la mauvaise coagulation du sang.

Son nom vient du mot yoruba "Èsú Elègbará" qui signifie "messager principal". Elegguá porte aussi 21 noms (caminos) dont :

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Dans le Palo, on le nomme Mañunga, Lubaniba ou Nkuyu. En langue fon, il porte le nom de Legba ou Legbara. À Haïti, on l'appelle Papa Legba.

Les "fils" d'Elegguá sont intelligents et habiles mais roublards et sans scrupule. Ils sont volubiles mais aussi bonimenteurs. Ils peuvent vendre l'impossible si on les laisse parler. Ils sont peu casaniers et préfèrent déambuler dans la rue. Ils sont coureurs de jupons. Ils ont un fort penchant pour la corruption, l'arnaque, l'escroquerie et les intrigues politiques, ce qui leur garantit succès dans la vie.

3.1.4.2. Le couple Elegguá/Eshú.

Eshú, Eshu, Echu, Esu ou Bará forme, comme nous le verrons par la suite, un couple inséparable avec Elegguá. De par leurs fortes similitudes, ces 2 êtres supérieurs font l'objet d'innombrables controverses qui expliquent qu'Eshú soit présenté en même temps qu'Elegguá.

Pour commencer, tout le monde ne considère pas Eshú comme un Orisha :

  • il est parfois considéré comme un Irunmole (énergie ayant servi à la création de l'Univers et du système solaire) ;
  • certains pensent qu'Eshú désigne une famille d'esprits ou énergies dont Èsú Elègbará ne serait qu'un membre ;
  • d'autres estiment qu'il est un Orisha majeur, 4ème du groupe des Orishas guerreros (Orisha Oddé ou Ibori) avec Elegguá, Oggún, Ochosi et Osun.

Son positionnement par rapport à Elegguá est aussi source de débats. Commençons par ceux qui pensent qu'Eshú et Elegguá sont le même Orisha. Dans cette conception, ils sont décrits de diverses manières qui ne s'excluent pas forcément toutes entre elles :

  • Eshú/Elegguá représente la notion d'équilibre dans la dualité (lumière/obscurité, vie/mort, jour/nuit). Il peut être bienveillant quand cela est nécessaire mais aussi punir ceux qui se conduisent mal. Par simplicité de compréhension, Elegguá a progressivement été rattaché au côté positif de cet équilibre et Eshú à son côté négatif et sombre. Eshú, qui est certes la personnalité sévère d'Elegguá, représente par extension les problèmes et maux qui nous entourent et le malheur qui nous touche. Eshú amène le chaos pour que des mesures soient prises et l'équilibre trouvé. Elegguá vit derrière la porte d'entrée des foyers (limite entre le monde intérieur qui représente la sécurité et le monde extérieur qui symbolise le danger) pour protège la maison et éviter qu'Eshú, qui vagabonde dans les rues, entre et apporte les problèmes. Eshú est donc craint par beaucoup et souvent même associé au Diable bien que cette vision du bien et du mal n'appartienne pas sous cette forme à la culture Yoruba ;
  • Elegguá serait une force domestiquée, un Eshú socialisé, avec qui les prêtres d'Ocha peuvent travailler et que les pratiquants peuvent recevoir alors qu'Eshú est réservé aux prêtres d'Ifá. Elegguá possède alors les 21 caminos quand Eshú en a 256 (un par odu). Malgré cette distinction, ils possèdent des caminos communs. Par conséquent, Elegguá parle par le diloggún alors qu'Eshú ne le peut pas. L'Elegguá d'Ocha est préparé et travaillé d'une manière différente de l'Eshú d'Ifá.

Continuons avec ceux qui estiment que ce sont des êtres supérieures distincts, surtout quand ils considèrent qu'Elegguá est un Orisha et Eshú non. Voici quelques définitions que l'on trouve souvent :

  • Eshú est l'énergie quand Elegguá est la matière. Elegguá est l'Orisha et Eshú sont ses caminos ;
  • Eshú était là avant la création de l'univers, quand Elegguá n'avait pas encore été créé par Olodumare. Il est la première particule de vie créée par Olodumare ;
  • parmi les 400+1 Orishas, Elegguá est compté dans les 400 alors qu'Eshú représente ce "+1" qui assure l'équilibre du monde ;
  • la majorité des Orishas qui furent envoyés pour créer la Terre et l'humanité par Olodumare furent chacun accompagné par un Eshú propre ;
  • Eshú ne prend pas possession des croyants.

Au-delà de tout les discussions que peuvent générer Eshú et Elegguá, ces 2 êtres supérieurs sont indissociables. Ils représentent le mouvement perpétuel et l'éternelle opposition entre le positif et le négatif, l'un ne pouvant se définir sans l'autre : le bien n'existe pas sans le mal, la sécurité sans le danger ou le calme sans l'inquiétude.

On dit qu'Eshu, dont le nom vient du mot yoruba "èsù" qui signifie "sphère", porte 201 ou 256 noms (caminos) de :

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Voici un patakí (histoire) qui explique les 201 caminos d'Eshú ;

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Orunmilá et son épouse désiraient tant avoir un enfant qu'ils allèrent voir Obbatalá pour qu'il le leur concède. Celui-ci, déjà occupé à modeler le premier homme avec de l'argile, leur expliqua qu'ils devaient être patients. Pourtant, le couple insista et Orunmilá proposa même que ce soit la personne qu'Obbatalá était en train de créer. Il accepta et expliqua que les époux devaient poser les mains sur le modèle pendant 12 mois. Au bout du terme indiqué, l'enfant prit vie. Ils l'appelèrent Eshú. À peine né, il parlait déjà et commença à manger tout ce qu'il rencontrait.

Plus tard, Orunmilá alla consulter comme d'habitude son oracle qui lui indiqua qu'il devait garder sa machette à la main toute la journée. Eshú qui avait déjà mangé tous les animaux, toutes les plantes et même les pierres pénétra dans la maison de ses parents pour les manger. Voyant son père armé, il tenta de s'enfuir mais n'y parvint pas. Orunmilá le poursuivit dans toute la maison, le frappant de sa machette. De chaque morceau coupé renaissait un nouvel Eshú, jusqu'à en créer 201. Pour mettre fin à cela, Eshú proposa que chaque partie devienne un fils d'Orunmilá. Celui-ci accepta à condition qu'Eshú rende tout ce qu'il avait mangé. Ainsi, il vomit le contenu de son estomac et les choses rertouvèrent leur place.

3.1.4.3. Son histoire.

Histoire d'Elegguá.

Elegguá est le fils d'Obbatalá et de Yemú (ou Yembó) et le frère de Changó et d'Oggún. Il est aussi dit qu'il est le fils d'Okuboro et Añagui. Il est ami et protecteur d'Ochún.

En plus d'être celui qui est invoqué en premier durant le cérémonies, Elegguá a obtenu d'Olofin, Obbatalá et Orunmilá, le privilège d'être le premier à recevoir les offrandes ou les sacrifices (okana).

Patakí (histoire) sur Elegguá.

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Elegguá est le fils d'Okuboro, roi d'Añagui. Bien que jeune, il marchait un jour accompagné de sa suite de serviteurs quand il vit une lumière intense émanant de quelque chose à trois yeux qui se trouvait sur le sol. C'était une noix de coco sèche (obí). Elegguá la rapporta au palais. Il raconta son histoire à son père puis abandonna sa trouvaille derrière une porte. Peu de temps après, tous furent stupéfaits de voir qu'une intense lumière jaillissait de l'obí.

Trois jours plus tard, Elegguá mourut. Après son décès, l'obí, pourtant tant respecté au début, fut oublié. Le temps s'écoulant, le peuple plongea dans une situation toujours plus desésperée. Les arubbós (personnes âgées) se réunirent et conclurent que l'abandon de l'obí, terni, s'évidant et dévoré par des insectes, était la cause de leur malheur.

Les arubbós s'accordèrent pour substituer l'obí par quelque chose de solide et durable. Il le remplacèrent donc par une otá (pierre), placée derrière la porte. Ce fut l'origine de la naissance d'Elegguá comme Orisha comme le prédit le proverbe "Ikú lobi ocha" ("le mort accouche d'un saint").

Autre patakí sur Elegguá.

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Obbatalá, apprenant qu'Oggún, son fils, avait eu des relations sexuelles avec sa femme, ordona que tous les descendants soient exécutés. Quand Changó naquit, Elegguá, son frère le confia à sa sœur aînée, Dadá, pour qu'elle l'élève. Peu de temps après, un autre frère, Orunmilá, vit le jour. Elegguá, effrayé par la colère d'Obbatalá, l'enterra à l'orée de la forêt et lui apporta de la nourriture tous les jours.

Le temps passa et, un beau jour, Obbatalá tomba malade. Elegguá alla rapidement chercher Changó pour qu'il le soigne. Ce dernier, grand médecin, fit guérir son père. Elegguá profita de cette occasion pour implorer à Obbatalá qu'il pardonne Orunmilá. Obbatalá accepta et accorda son pardon. Changó, fou de joie, rasa les bois. Il en fit un magnifique tablero de Ifá (table ronde au travers de laquelle se réalisent les divinations). Il le donna à son frère, Orunmilá, en même temps que le don de voyance. Depuis, Orunmilá dit : "Marefum [bénédiction] Elegguá, marefum Changó, Elegbará".

Autre patakí sur Elegguá.

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Une légende dit qu'Olofin souffrait d'une maladie grave que personne ne pouvait soigner. Tous les Orishas avaient essayé et échoué. Soudain, Elegguá se présenta et offit d'essayer de le soigner grâce à un brevage. Tous les autres Orishas furent stupéfaits que le plus petit et plus jeune d'entre eux puisse réussir là où ils avaient tous failli. Mais Elegguá parvint à le guérir de son mal. Olofin le récompensa en lui octroyant des pouvoirs spéciaux et le nomma gardien de tous les chemins. De plus, il le promut premier Orisha à être honoré durant les cérémonies.

Autre patakí sur Elegguá.

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Obí, une noix de coco sèche était pure, humbre et simple. Ainsi, Olofin fit sa peau, son cœur et ses entrailles blanc et la coiffa d'une feuille de palme. Elegguá, le messager des dieux, était au service d'Obí. Rapidement, il se rendit compte que ce dernier avait changé.

Un jour, Obí décida de célébrer une grande fête et envoya des invitations à tous ses amis. Elegguá les connaissait très bien et savait que beaucoup d'entre eux était les personnes les plus importantes du monde. Mais les pauvres, les malades et les infirmes faisaient aussi parti de son cercle d'amis. Elegguá souhaita lui donner une leçon en inivtant riches et pauvres.

La nuit de la fête arriva et Obí, orgueilleux et hautain, se vêtu pour recevoir ses invités. Surpris et déplu à la vue de l'arrivée de tous les pauvres et infirmes, il leur demanda, indigné, qui les avait invité. Ils lui répondirent qu'Elegguá les avait convié en son nom. Obí les insulta pour avoir osé venir dans sa maison habillés de haillons. Il leur cria de partir sur le champs.

Mort de honte, tous partirent. Elegguá s'en fut avec eux. Un jour, Olofin envoya Elegguá comme commissionnaire pour Obí. Elegguá refusa de servir ce dernier. Il expliqua qu'il avait beaucoup changé et qu'il nétait plus l'ami de tous les hommes. Il le trouvait plein d'arrogance et peu enclin à écouter ceux qui souffrent sur Terre.

Afin de vérifier ces propos, Olofin se déguisa en mendiant et se rendit chez Obí. Il lui supplia de lui donner de la nourriture et un refuge. Obí le réprimanda pour avoir osé se montrer habillé de guenilles. Obí fut surprit d'entendre pour réponse la voix d'Olofin. Honteux, Obí s'agenouilla en implorant son pardon.

Olofin conclut qu'Obí était juste et que c'est pour cela qu'il avait rendu son cœur blanc et lui avait donné un corps digne de son cœur. Il venait d'expérimenter l'orgeuil et l'arrogance dont Obí s'était empli. Pour le punir, Olofin décida de ne pas lui ôter la blancheur dont il l'avait doté mais plutôt de le faire tomber à terre et le laisser rouler jusqu'à ce qu'il se salisse. Olofin le condamna également à servir tous les Orishas et tous les hommes. C'est ainsi que la coco devint le plus populaire des orcales.

3.1.4.4. Ses attributs.

Elegguá est à la fois décrit comme une vieille personne et un enfant joueur et rebelle qui joue des tours d'espièglerie à ceux qui l'entourent. Il est très joueur, tricheur et joue souvent de mauvais tours.

Ses couleurs sont le rouge et le noir (qui représentent la dualitéa vie/mort, début/fin, guerre/paix, l'un/l'autre). Il est vêtu d'une redingote et d'un pantacourt mêlant ses deux couleurs caractéristiques (des fois, l'ensemble est plus simplement rayé de rouge et noire). Sur la tête, il porte un chapeau qui peut être rouge ou de paille ou un foulard. Tout son habit, couvre-chef inclus, est orné de grelot, de perles ou de cauris. Des fois, il a une sacoche dans laquelle se trouve des bonbons. Son collier (eleke) se compose de perles rouges et noires alternées.

Son symbole de pouvoir est le garabato, bâton en bois de goyave terminé en V. Ses principaux attributs sont de toute sorte comme des grelos, des clochettes, clés, une machette, des pièces de monnaie, des pépites d'or, un piège à souris... et, en particulier, les jouets pour enfants : balles, sifflets, bougies blanches, soldats en plomb, cerf-volants, des maracas peints de ses couleurs.

Elegguá - Garabato

Garabato d'Elegguá

On lui sacrifie par immolation des chèvres, des coqs, des poules, des poussins, de l'agouti (jutía), des tortues, des cerfs et des souris noires ou rouges. Il ne faut surtout pas lui sacrifier de colombe car cela l'affaiblit, excepté pour certains caminos particuliers pour lesquels il les accepte par 2. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont du poisson fumé, de l'agouti, du maïs grillé, de l'huile de palme, des fruits et des coqs. Il apprécie les gâteaux et sucreries. Il adore aussi les cigares et le rhum ou l'eau de vie de canne à sucre. Une offrande très spéciale consiste à lui présenter une tête d'agouti ou lui sacrifier une souris. Son côté glouton permet de facilement le soudoyer.

Les plantes (ewes) associées à Elegguá sont :

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Pour invoquer Elegguá, on utilise une otá (pierre) ou une noie de coco sèche qui représente un visage dont les yeux, la bouche et le nez sont dessinés par des coquilles de cauris. La provenance de la pierre (collines, rivières, forêts) est en relation avec le camino pour lequel elle est utilisée. Des fois, on lui ajoute des pierres représentant les 7 planètes primordiales. À son sommet, ce visage porte un crochet. On place ses outils dans un plat à côté. Tout ceci est traditionnellement gardé sur le sol derrière la porte d'entrée des maisons (ilé).

Pour les Yorubas, la maison est le refuge par excellence, le lieu privilégié contre tout aléa de la vie. Placé à l'entrée de la maison, Elegguá marque par sa présence la frontière entre les 2 mondes : l'intérieur, la sécurité et l'extérieur, le danger. Elegguá protège le refuge familial de l'entrée d'Eshú qui vagabonde dans les rues, trainant avec lui les problèmes. Lorsqu'un problème surgit, il est dit qu'Eshú a réussi à rentrer. Certains affirment qu'il est interdit de siffler là où vit Elegguá.

Elegguá - Réceptacle

Réceptacle pour Elegguá

Durant les différentes cérémonies, les invocations pour Oggún sont les suivantes :

Pour Elegguá, qui garde la porte. Elegguá, Esprit fourbe qui garde le sueil. Amenez mon message. Portez mes mots, enfant qui joue dans le soleil. Acceptez nos offrandes. Entrez dans nos cœurs, dans nos bras, dans nos jambes. Entrez ici. Dansez avec nous.

On le salue avec la formule suivante : ¡Laroyé Elegguá!

Ses chiffres sont le 3 et le 21. Son jour est le lundi (certains lui accordent aussi le mardi) ainsi que le 3 de chaque mois (jours pendant lesquels le réceptacle d'Elegguá doit être alimenté). Ses jours saints sont le 6 janvier et le 13 juin.

3.1.4.5. Syncrétisme.

Elegguá est associé à San Antonio de Padua (Saint Antoine de Padoue). Des fois, il est aussi associé au Santo Niño de Atocha (Saint Enfant Jésus d'Atocha). Ceci vient surtout du fait qu'Elegguá soit représenté comme un enfant salvateur. Parfois, il peut être associé à l'Anima Sola (représentation d'une âme souffrant dans le purgatoire, souvent une femme entourée de flammes qui vient de rompre les chaînes avec lesquelles elle était, qui est le messager qui vient et apporte les messages attachée). Cela s'explique car, dans certains de ses caminos, Elegguá est lié à la méchanceté, sans pour autant être complètement identifié au Mal. Enfin, il peut aussi être lié à San Benito Palermo.

3.1.4.6. Les chants.

Rezo :

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Rezo :

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Rezo :

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Rezo :

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Rezo :

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Beaucoup de chants peuvent se retrouver sur le site furius.ca.

3.1.4.7. Les toques.

D'une part, étant designé par Olofin comme le premier Orisha qui doit être salué et d'autre part, étant celui qui ouvre et ferme les chemins, Elegguá est systématiquement le premier et dernier Orisha qui est invoqué durant les cérémonies. Sans lui, rien ne peut se faire en Osha comme l'a dit Olofin : "étant le plus petit et mon messager, tu seras le plus grand sur la Terre et au ciel et, sans toi, rien ne pourra être fait". Sa permission est nécessaire à toute cérémonie yoruba pour éviter toute complication qui motiverait son mécontentement. Il ouvre et ferme tout acte religieux. Cela garantit qu'à la fin, l'ordre normal des choses est restoré et que les Orishas ont terminé leur possession, autorisant les participants à rentrer chez eux.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie 2 toques (l'un de 5 rythmes et l'autre d'un seul). Le premier est appelé Laktopa, Latokpa ou La Topa (látọ́ọ̀pá, contraction de látọ́ọ̀pá ó bú kénké en langue locale) :

Parmi les toques spécifiques pour Elegguá, on peut citer :

  • Laktopa, Latokpa ou La Topa (toque joué pendant l'Oru Seco et l'Oru Cantado) ;
  • La Lubanché ou Lú Lú Bánche (toque joué pendant l'Oru Cantado et utilisé pour le rezo) ;
  • Teremina (toque spécifique au chant appelé Teremina) qui est aussi appelé Rumba Ochosi.

Des toques génériques sont aussi joués pour lui :

  • Ñongo (rumbita) ;
  • Chachalokafun (rumbita) ;
  • Iyesá (rumbita).

On dit souvent que chaque tambour joue pour un Orisha particulier. L'okónkolo, plus petit des 3 tambours batás, est celui des Orishas guerriers (Elegguá, Oggún et Ochosi).

Des partitions concernant quelques toques peuvent être trouvées sur le site CityPercussion.

3.1.4.8. À écouter.

Le plus grand chanteur est certainement Lázaro Ross. Je vous conseille de l'écouter avec le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba ou avec le groupe Olorun. Il a consacré un disque à Elegguá intitulé Orisha Aye - Elewa. Il est aussi possible, par exemple, d'écouter le premier morceau de l'album Cantos Afrocubanos de Merceditas Valdés avec le percussionniste Jesús Pérez.

De nombreux morceaux sont également en écoute libre sur le site Olofin.

3.1.4.9. À voir.

3.1.4.10. Références.

Elegguá :

Eshú :

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