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5.4. Le Montompolo.

   

Le Montompolo ou Montón-Polo désigne 2 formes musicales différentes, l'une de Guantánamo et d'Holguín et l'autre de Santiago de Cuba.

5.4.1. Le Montompolo de Guantánamo et d'Holguín.

5.4.1.1. Naissance du Montompolo.

Le Montompolo est une manifestation carnavalesque d'origine franco-haïtienne qui se pratiquait durant le 19ème siècle dans les provinces de Guantánamo et d'Holguín. Elle prend la forme d'une comparsa qui défile dans les rues le 26 juin, jour de San Joaquín, effectuant un paseo (promenade).

La tradition orale raconte que vivait à Barredera (province d'Holguín) un dénommé Polo qui dirigeait une tumba de monte (sorte de Tumba francesa qui ne constituait pas une société). Quand les voisins assistait à leur paseo, il s'exclamaient : "c'est le monte de Polo", d'où le nom Montompolo. Fernando Ortiz Fernández pense lui que ce nom vient des mots congo suivants : "mu", "toma" et "mpala" qui signifie "de bons rivaux" ou "mu", "toma" et "mpolo" qui signifie "de bons amis".

Chaque année, les divers quartiers choisissaient un thème qui guidait la manière de s'habiller, les improvisations chantées et la mélodie. Parmi les thèmes les plus populaires, on peut citer :

  • rayo verde : chemise verte, pantalon bleu et chapeau de yarey décoré de rubans et de papier crépon ;
  • canario : chemises jaunes, pantalons noirs et foulard noir autour du cou ;
  • la mariposa : quelques couples portent du rose, d'autres du rouge, d'autres du jaune, du blanc ou du bleu... ;
  • los lunares : chemise en toile à pois de différentes couleurs ;
  • el marino : tous les participants sont intégralement vêtus de blanc.

La comparsa de Montompolo possède des caractéristiques proches de celle de Tajona. Elle comprenait un roi chanteur, une reine, des vasallos et des bastoneros. L'ensemble arborait 3 pendones ou banderas (drapeaux). La bannière blanche se plaçait à l'avant du cortège et signifiait la paix, la bleu au milieu et la rouge à la fin. Si la formation croisait une comparsa amicale, elles se saluaient avec les drapeaux. Sinon, le drapeau rouge était mis à l'avant et une dispute éclatait. La garde rurale était alors obligée d'intervenir. Les altercations étant fréquentes, le Montompolo était limité aux zones rurales et avait l'interdiction de défiler dans les carnavals des villes.

Les textes, d'abord en langue créole puis en espagnol, intégraient souvent des cantos de puya ou cantos de pulla, chants qui permettaient de provoquer les groupes en concurrence au travers des concours de bastoneros. La forme du quatrain octosyllabique était employée.

Le Montompolo a disparu dans les années 1970. Récemment, les commissions provinciales de l'Atlas de la Cultura Popular Tradicional d'El Salvador (province de Guantánamo), Cayo Mambí, Cananova, Cebolla et Barredera (province d'Holguín) tentent de ré-actualiser cette manifestation. Dernièrement, une comparsa de Montompolo a été introduite dans le carnaval de Guantánamo.

5.4.1.2. Instrumentation.

La formation de Montompolo était composée de :

  • une tumba ;
  • 2 tambores ;
  • 2 fondos ;
  • un repiqué ;
  • un caballo, tambour unimembraphone dont la peau est clouée sur le fût ;
  • chachás, tcha-tchas ou marugas, hochets métalliques en fer blanc décorés de rubans.

5.4.2. Le Montompolo de Santiago de Cuba.

Traditionnellement, le carnaval de Santiago de Cuba se termine le 26 juin, fête de San Joaquín et de Santa Ana. Au cours du 19ème siècle, durant ce dernier jour, curieusement appelé le día del arranque (jour de démarrage), ou plus précisément, durant cette dernière nuit des festivités, toutes les comparsas se réunissaient sur la plaza de Marte ou plaza de Armas de Santiago pour former une immense comparsa composée de centaines de voix et d'instruments qui prenait le nom de Montompolo.

Durant cette sorte de cérémonie de clôture, point culminant du carnaval, tous chantaient la chanson qu'ils avaient le plus appréciée, que ce soit pour sa musique ou pour le contenu de ses textes. C'était une manière spontanée d'attribuer un prix populaire à la meilleure chanson de l'année. Ce rassemblement était aussi une manière pour un groupe ethnique de s'affirmer collectivement.

Le défilé du Montompolo parcourait la ville jusqu'à l'église Santa Ana de Santiago de Cuba, lieu où fut par la suite construit l'archevêché de la ville. À peine arrivés, tous les tambours s'arrêtaient en même temps, produisant un impressionnant silence. À la disparition de ce temple, la tradition se perdit. Aujourd'hui, ce terme n'est plus utilisé.

5.4.3. Références.

Le Montompolo de Guantánamo et d'Holguín :

Le Montompolo de Santiago de Cuba :

  • Nicomedes Santa Cruz. Obras Completas II. Investigación (1958-1991) (volume 2) de Nicomedes Santa Cruz, publié en 2004 aux éditions LibrosEnRed et partiellement consultable sur Google Books
  • Cultura Afrocubana de Jorge Castellanos et Isabel Castellanos, publié en 1994 et disponible sur HispanoCubano
  • Wikipedia (en) - Carnival of Santiago de Cuba
  • Cuban festivals: a century of Afro-Cuban culture de Judith Bettelheim et Fernando Ortiz, publié en 2001 aux éditions Markus Wiener Publishers et partiellement consultable sur Google Books
  • Enciclopédia brasileira da diáspora africana de Nei Lopes, publié en 2004 aux éditions Selo Negro et partiellement consultable sur Google Books
  • RitmaCuba
  • Ipanc
  • DanzaTradicional
  • CubaLaGranNacion
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