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3.1.2. Obbatalá.

   

3.1.2.1. Présentation générale.

Obbatalá, Oxalá, Orixalá, Ochalá, Orisainlá ou Orishanlá est un Orisha majeur. C'est le plus grand des Orishas et il est dit que ce fut le premier créé. On raconte qu'il est né en même temps que le soleil. Il est respecté par toutes les autres divinités. Il fait parti du groupe des Orishas cabecera avec Changó, Yemayá et Ochún.

Son nom vient du mot yoruba "Obbàtalá" qui signifie "roi de la pureté" ou "le roi vêtu de blanc". C'est la divinité de la pureté par excellence. Ceci lui donne le pouvoir sur tout ce qui est blanc (par exemple les os chez l'homme). Il aime la pureté, la blancheur et la propreté. Il est à la tête du groupe des Orishas funfun ou Orishas funfún (Orishas blancs).

Obbatalá

Obbatalá

Sur demande d'Olofin, Obbatalá est le fondateur de la Terre et le créateur de tous les êtres humains et de tout ce qui vit sur la planète. En tant que créateur, il régit toutes les parties du corps humain et plus particulièrement la tête et sa symbolique comme les pensées, les rêves et la vie. Il fut aussi envoyé sur Terre pour dispenser le bien et gouverner comme roi de la planète. Il est ainsi considéré comme la divinité de la création. Il est aussi plein d'amour, de patience et d'attention envers ses "fils".

Il représente également la paix et l'harmonie. C'est donc lui qui apporte apaisement, calme et tranquillité dans le monde. Il symbolise aussi la justice. Il ne dit que la vérité et incarne les choses vraies et justes. Il est consulté pour tout conflit entre humains ou nations afin de ramener la paix et de restaurer l'ordre. Il est la colombe blanche qui annonce le retour de la paix. De fait, il est protecteur des avocats.

Obbatalá est très apprécié et respecté parmi les Orishas grâce à l'attention qu'il leur porte. Sachant qu'il représente aussi l'intelligence, la sagesse et le savoir, ils viennent souvent lui demander conseil. Il est aussi médiateur dans les conflits entre Orishas.

Obbatalá protège contre la démence, la paralysie et la cécité. C'est le patron des docteurs.

Dans la nature, il est symbolisé par les collines, les montagnes et les lieux en altitude. Les métaux blancs et surtout argentés lui appartiennent. Il domine aussi les pierres blanches comme l'onyx blanc ou le nacre.

Obbatalá porte aussi les noms (caminos) de :

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Obbatalá est un Irunmolé (énergie mère envoyée sur terre par Oloddumare) qui fut converti en Orisha à cause de ses erreurs. Durant sa vie sur Terre, il fut roi des Igbós. Dans le Palo, il est appelé Quenqui, Kenqui, Mamá Quenque ou Mama Kangu. En Kimbisa, il est connu comme Yolá, Yayé, Iña Naaba, Mamá Kenqué, Mamá Kéngue, Quenqué, Pandilanga Npungo Kikoroto ou Tiemba Terra. Pour les Ararás, Obbatalá porte le nom de Naná Burukú, Chegbo Lisá ou Dadda Awoay Maggada. En langue fon, il est connu sous le nom Lisa. À Haïti, c'est Lissa et au Brésil Oxalá.

Les "fils" directs d'Obbatalá sont les personnes qui sont touchées d'une malformation, les albinos, les malades, les immuno-définicients et ceux qui ont des difficultés physiques ou mentales. En effet, un patakí raconte qu'Oloddumare chargea Obbatalá de créer les êtres humains. Un soir, celui-ci, amateur de vin de palme et sous l'influence de cette liqueur, conçut accidentellement un certain nombre d'humains malformés dont des albinos, des nains, des bossus, des recroquevillés, des boiteux... Bien qu'il soit chargé de modeler les corps, la vie était du seul ressort d'Oloddumare. Ce dernier leur insuffla la vie. Depuis, toute personne avec un défaut physique ou mental est un ení (être sous protection) et un omó (fils) d'Obbatalá même si la personne est déjà liée à un autre Orisha.

Les "fils" d'Obbatalá sont dotés d'une grande volonté. Ils défendent leurs idées même s'ils sont seuls contre tous, ce qui parfois leur vaut d'être considérés comme entêtés. Généralement, ils exercent un emploi intellectuel comme artiste ou écrivain. Ils possèdent une grande intelligence et un vaste savoir. De nature réservée et tranquille, ils ne regrettent jamais leurs décisions. Ils sont dignes de confiance. Ils maintiennent la propreté avec soin.

C'est un Orisha extrêmement respectueux. Il n'admet pas que l'on manque de respect à quelqu'un, que l'on profère des paroles dures ou injurieuses ou que l'on se dénude en sa présence. Ses "fils" doivent donc être très respectueux mais exigent en échange d'être respectés.

Obbatalá est accompagné d'un groupe de divinités que l'on appelle les Fúnfún (Orishas blancs) qui comprend par exemples Oké, Borosiá, Ogá ou Agidaí. Ils sont vêtus de blanc et leur collier est également blanc. Ils partagent les mêmes attributs, offrandes, interdictions et sacrifices qu'Obbatalá à quelques exceptions près.

3.1.2.2. Son histoire.

Histoire d'Obbatalá.

Obbatalá est le fils direct d'Olofin et d'Oloddumare. On dit parfois qu'à travers ses différents caminos et patakís, il est à la fois le père et la mère de tous les Orishas. Son nom signifie alors "le roi des dvinités". C'est le seul Orisha qui est à la fois masculin et féminin.

Patakí (histoire) sur Obbatalá.

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Au début, quand Oloddumare descendit sur Terre, il fut accompagné de son fils Obbatalá. Sous les cieux, il n'y avait que de l'eau. Oloddumare remit à Obbatalá une poignée de terre dans la coquille d'une limace et une poule. Obbatalá forma un monticule de terre au milieu de la mer. Dessus, il y plaça la poule. Dans son ascension vers le sommet, elle éparpilla la terre, formant le monde tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Olofin chargea également Obbatalá de former le corps des hommes. Il réalisa cette tâche et termina son œuvre en leur ajoutant une tête sur les épaules. C'est pour cela qu'Obbatalá est considéré comme étant le maître de la tête des hommes.

Pour certaines occasions, les hommes préparaient de grandes fêtes en l'honneur des Orishas. Seulement, une négligence inexplicable leur fit oublier Yemayá. Furieuse, elle demanda aux eaux de commencer à engloutir les terres. Chevauchant les vagues les plus hautes, livide avec son éventail en argent à la main, elle épouvanta les hommes qui ne savaient que faire. Ils supplièrent Obbatalá. Quand la rugissante immensité de Yemayá s'abbatit sur ce qu'il restait du monde, celui-ci intervint. Il leva son opayé et ordonna à Yemayá qu'elle cesse. Par respect, la maîtresse des mers retint les eaux et promit de mettre fin à sa colère. En effet, Obbatalá ayant crée les hommes, comment peut-il laisser quelqu'un les détruire ?

Autre patakí sur Obbatalá.

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Obbatalá avait une fille qui lui apportait une grande joie. Sa fille, belle, douce et simple, avait 3 prétendants : Ikú, Aro et Ofo. Comme on peut l'imaginer, Obbatalá se trouvait devant un épineux dilemme. En donnant la main de sa fille à l'un des prétendants, il craignait que les autres veuillent se venger. Quel que soit son choix, il mettait la vie de sa fille en danger.

Obbatalá se transforma en colombe et se posa sur un arbre couvert de fleurs multicolores qui représentaient toutes les vertues que l'on pouvait rencontrer dans son royaume. Il se sentait malheureux. Au bout d'innombrables réflexions, il plongea dans un profond sommeil. Quand il se réveilla, toutes ses pensées lui revinrent à l'esprit. Il avait trouvé une solution. Il se pressa alors d'émettre un message dans tout son royaume : "Celui qui m'apportera un abani (cerf) pourra se marier avec ma fille".

En ces temps, les abanis étaient très rares et difficiles à chasser. Dans la forêt qui entourait le palais vivait un éleveur qui aimait secrètement la fille d'Obbatalá. Il avait décidé de trouver et d'offrir l'abani demandé. Avant tout, il souhaita consulter Orula. Celui-ci exigea qu'il fasse un ebbó (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits) avec des limaces, des petites coquilles, de la meringue, de l'ashó fun fun (vêtements blancs) et un canne à sa taille. Il lui recommanda également qu'ensuite il aille dans les montagnes pour chanter.

L'éleveur exécuta ces consignes. Son chant était si doux et mélodieux que l'écho ressemblait à des voix suaves venues d'un autre monde. Ikú qui se promenait sur le sentier s'arrêta pour écouter. Ayant lu l'annonce d'Obbatalá, il avait capturé l'abani tant convoité et l'avait enfermé dans un sac. Subjugué par le chant, il laissa tomber le sac et resta comme pétrifié. L'éleveur profita de cette état de transe pour ramasser le sac et il l'amena immédiatement à Obbatalá. Ce dernier lui accorda la main de sa fille, tout ceci grâce aux conseils avisés d'Orula. Par ordre d'Obbatalá, d'Orula, Eshú et Oggún, Ikú, Aro et Ofo furent enfermés et ne purent faire de mal à personne.

Autre patakí sur Obbatalá.

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Obbatalá Orishanlá était chargé par Olofin de mouler le corps des hommes avec de la boue. Ce dernier devant leur insuffler la vie. Obbatalá voulut un jour donner lui même vie à son œuvre. Il se décida d'épier Olofin afin de savoir comment il transformait ces corps inertes en êtres vivants.

Une nuit, au lieu d'aller dormir, Obbatalá Orishanlá se cacha dans un coin de l'atelier avant que le Créteur n'arrive. Olofin, connaissant les projets d'Obbatalá, lui donna une leçon en le faisait sombrer dans un profond sommeil. Le lendemain, à son réveil, il vit les corps en vie et comprit qu'il ne devait pas être présomptueux et ensivager ce qui ne relevait pas de sa compétence.

Autre patakí sur Obbatalá.

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Un jour, Olofin était en train de penser à la création de la vie sur Terre, astre qu'il avait bâtie avec Olodumare. La planète bleu n'était alors qu'un océan dominé par Olokun. Olofin rassembla sa cour avisée. Il s'assirent et discutèrent du sujet. Orula dit qu'il était possible que la vie s'installe sur le domaine d'Olokun à condition qu'un ebbó (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits) soit réalisé. En consultant son oracle de divination, il ajouta que seul une personne sage pouvait effectuer cet ebbó. Olofin demanda à Obbatalá, en qui il avait confiance, de s'en charger. Orula étudia plus attentivement son oracle et dit à Obbatalá qu'il prenne quelques outils pour créer les terres où la civilisation et la vie pourraient s'installer. Il l'infoma aussi qu'il devait descendre sur Terre grâce à une longue chaîne avec une poule et du sable.

Le jour venu, Obbatalá descendit vers cette immense mer, domaine d'Olokun, et effectua l'ebbó. Juste sous ses yeux, les terres surgirent. Il sauta dessus et fut ainsi le premier Orisha à toucher le sol terrestre. Obbatalá regarda en l'air et vit Elegguá en train de descendre également à l'aide de la chaîne. Obbatalá lui demanda ce qu'il faisait là. Ce dernier lui répondit qu'il cherchait s'il pouvait apporter une quelconque aide. Obbatalá entreprit de parcourir ces terres divines et, accompagné d'Elegguá, remarqua que les arbres commençaient à pousser, les herbes à sortir et les fleurs à s'ouvrir. Obbatalá, ravi, demanda à Elegguá de retourner auprès d'Olofin afin de lui signaler que le travail sur Terre avait été accompli. Olofin, heureux d'apprendre la nouvelle, envoya une colombe sur Terre, pour Obbatalá, qui devint alors son symbole.

Olofin se rendit sur la Terre et dit à Obbatalá qu'une forme de vie y manquait. Il souhaitait qu'une humanité foule ces terres. Cependant, il ne voulait pas qu'ils aient le même ashe (sorte de force, de domaine de pouvoir, qui permet d'influencer ce qui va se passer) que les Orishas. Obbatalá lui proposa de l'aider. Olofin, occupé par d'autres affaires dans les cieux et l'espace, lui délégua cette tâche. Obbatalá accepta mais demanda à Olofin comment faire. Ce dernier lui dit de créer des êtres sous forme humaine à l'image des Orishas. Une fois ce travail terminé, Olofin devait être appelé afin de leur insuffler la vie. À partir des sables de la Terre, il commença à former et modeler ce que nous sommes aujourd'hui. Après plusieurs centaines de modèles, il appela Olofin pour donner vie à son travail. Celui-ci donna une âme à ces milliers de corps allongés sur le sol. Tous se levèrent et il leur fut indiquer qu'il mènent une vie prospère et humble, priant Oloddumare, leur créateur. Chacun s'en alla vers sa destinée, suivant son propre chemin.

Ce travail dura plusieurs jours, Obbatalá travaillant sans relâche. Le soleil apportait lumière et chaleur sur la Terre, rendant le travail toujours plus difficile. Un jour, Obbatalá, fatigué, décida de faire une pause. Il alla s'asseoir à l'ombre d'un arbre. Il prit sa gourde blanche contenant de l'otí (eau-de-vie). Il commença à boire pour étancher sa soif. Sans s'en apercevoir, il but tout son otí. Titubant, il retourna sur le lieu de son travail et continua de modeler des êtres humains. Il ne remarqua pas qu'au fur et à mesure, ses créations devenaient de plus en plus étranges. Il fabriqua des modèles sans lèvres, des corps déformés, sans pigment de peau... Quand il termina, il appela Olofin afin que celui-ci leur donne vie.

Olofin vint donc sur Terre et vit les modèles étendus. Confiant envers Obbatalá et ayant déjà vérifié son travail auparavant, il leur insuffla la vie, sans voir qu'ils étaient différents. Les hommes se levèrent et Olofin remarqua alors leur différence. Irrité, il questionna Obbatalá sur ce qui s'était passé. Celui-ci se rendit compte que quelque chose ne s'était pas bien déroulé et qu'il avait trahi la confiance qu'Olofin avait placé en lui. Obbatalá dut expliquer qu'il avait bu et ne n'avait pas voulu faire cela. Il supplia Olofin de le pardonner et lui proposa que tous ces hommes déformés soient ses "fils". Il veillerait alors sur eux. Olofin accepta la requête d'Obbatalá. Ce dernier promit également qu'il ne boirait jamais plus vu ce qu'il avait fait à ces pauvres êtres.

La naissance d'Ejiogbe, patakí sur Obbatalá Orishanlá.

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Le vin de palme était interdit à Obbatalá Orishanlá et le sel, à son épouse, Afin. La grossesse d'Afin ne calmait pas la tension qui existait dans le couple. Plus l'accouchement approchait, plus elle devenait agressive. Arriva enfin la naissance d'un garçon. Peu de temps après, Obbatalá Orishanlá se rendit compte qu'il n'y avait pas de nourriture dans la maison pour alimenter la mère de son enfant. Il alla rapidement à la ferme pour récolter de l'igname, du gombo (quimbombó) et des légumes. Il prit un peu de retard au retour, ce qui rendit furieuse son épouse. Elle commença à se plaindre du fait qu'il l'aie laissée sans manger le jour même de son accouchement, signe qu'il n'avait aucun sentiment d'amour pour elle. Elle jugea qu'il était tant de mettre un terme à son mariage. Pour cela, elle décida de tuer son mari en versant du vin de palme, qui lui était interdit, dans sa marmite d'eau. Ayant fait cela, elle laissa son enfant, à peine âgé d'un jour, dans son lit et s'en fut pour rendre visite à ses voisins.

Entre temps, Obbatalá Orishanlá était rentré et commençait à préparer le repas pour son épouse. Pendant que l'igname chauffait, il alla chercher de l'eau avec son conteneur habituel, une carapace d'escargot, sans savoir qu'elle était empoisonnée. Sur le point de boire l'eau, il entendit son fils dire : "Père, ne bois pas cette eau parce que ma mère y a ajouté du vin de palme". Bien que surpris par le fait qu'un enfant d'un jour puisse parler, il suivit son conseil. Il termina son repas et, par geste de représailles, mis du sel dans la soupe, sachant que cela représentait un poison pour Afin. Après avoir rangé la nourriture, il s'en alla pour jouer une partie d'ayo avec ses amis. Son épouse rentra pendant son absence. Elle découvrit la nourriture et, juste au moment où elle allait la manger, son fils parla de nouveau : "Mère, ne mange pas ceci parce que mon père a salé la soupe". Immédiatement, elle devint hystérique et cria à ses voisins que son mari avait essayé de la tuer car elle avait donné naissance à un enfant. Ses cris attirèrent les curiosités des maisons voisines.

Peu après, une réunion fut convoquée entre toutes les divinités dans la maison d'Obbatalá Orishanlá, dans la pièce même dans laquelle il jouait à l'ayo. Il resta calme en toute circonstances. Ce fut Oggún qui dirigea l'assemblée puisque le président traditionnel, Obbatalá Orishanlá, était sur le banc des accusés. Oggún demanda à Afin de décrire ce qui s'était passé. Elle raconta que son époux avait salé sa nourriture, ce qui lui était interdit. Elle fut interrogée pour savoir comment elle avait appris cela et ce qui lui permettait d'assurer que cela venait de son mari. Elle précisa alors que l'information venait de son enfant né un jour auparavant. Tous la pensèrent folle et personne ne la crut.

Obbatalá Orishanlá fut invité à se défendre de ces accusations et, contrairement à ce qui était attendu, confirma avoir salé la soupe de son épouse. Il ajouta cependant que c'était une manière de la punir du geste qu'elle avait effectué le jour même à son encontre. Il l'accusa donc d'avoir versé du vin de palme dans son eau sachant, comme tout le monde, que cela ne lui était pas autorisé. Il lui fut demandé d'apporter des preuves et lui aussi répondit que son enfant avait été témoin de la scène et l'avait averti du danger encouru.

Tous se tournèrent vers le mystérieux enfant. Sans que cela aie été demandé, ce dernier apporta tous les éléments qui manquait pour comprendre toute l'histoire car il dit : "Je suis venu sur Terre pour sauver la vie de mes géniteurs et c'est pour cela que j'ai conseillé chacun d'entre eux afin de les protéger d'une destruction mutuelle". Par conséquent, 7 jours plus tard, ses parents lui donnèrent le nom d'Ejiogbe ou "Double salut".

Autre Patakí.

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Au début, quand Oloddumare descendit sur Terre, il fut accompagné de son fils Obbatalá. Sous les cieux, il n'y avait que de l'eau. Oloddumare remit à Obbatalá une poignée de terre dans la coquille d'une limace et une poule. Obbatalá forma un monticule de terre au milieu de la mer. Dessus, il y plaça la poule. Dans son ascension vers le sommet, elle éparpilla la terre, formant le monde tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Puis, Olofin créa les Hommes mais il oublia de leur donner une tête, leur enlevant la possibilité de s'orienter. Olorún chargea alors Oduduwa de les doter d'une tête. Cependant, ce dernier ne leur dessina qu'un seul œil placé au milieu du front. Iba-Ibo dut alors venir pour mettre les yeux à la place actuelle et leur créer une bouche et leur donner la voix et les mots.

Une fois l'œuvre terminée, Olorún souffla la vie sur les Hommes et leur cœur se mit à battre. Il est dit qu'Olofin aurait alors prononcé la phrase suivante : "Ici réside mon omo (fils), mon héritier, Ologún, le monde, pour que tous le respectent et lui obéissent. Que tous fassent odubade. C'est donc Obbatalá, au travers d'Olorún, qui est le sculpteur de l'être humain.

3.1.2.3. Ses attributs.

Obbatalá est représenté comme étant une personne âgée, recroquevillée et tremblante dont les mouvements sont lents. Il s'appuie sur sa canne en métal blanc pour marcher au plus haut des montagnes, sur les sommets enneigés. Il est, dans certains cas, également décrit comme un jeune homme adroit qui monte un cheval.

Sa couleur est le blanc. Obbatalá est toujours vêtu de blanc. Des soleils et des lunes sont des fois cousus sur ses habits. Il porte un brassard en argent ou de métal argenté. Dans ses caminos guerriers, il arbore une bande rouge en bandoulière sur le torse. Autour de la taille, sa ceinture est composée de 8 foulards blancs. Il porte sur la tête une couronne faite de 16 plumes blanches de perroquet. Son collier (eleke) se compose de perles blanches. Dans certains cas, sont intercallées quelques perles de la couleur correpsondant au camino. Par exemple, pour Obbatalá Ayágguna, Obbatalá Oshagriñan et Obbatalá Oshalufón, on insère une perle rouge toutes les 24 perles blanches. Il est aussi possible d'y placer des escargots. Pour Obbatalá Obá Moró, ces perles ne sont pas rouges mais violettes. Pour Obbatalá Oshanlá, une perle ivoire ou nacre est intercallée toutes les 16 perles blanches. Pour Obbatalá Alaguema, les perles blanches sont mélangées avec des perles vertes.

Ses attributs de pouvoir sont un sceptre (opayé, poayé ou puayé) ou un bâton de commandement (opa) qui est un symbole de suprématie et de pouvoir et non un accessoire lié à la vieillesse, un bracelet d'argent et un iruké blanc, sorte de fouet en crin de cheval dont le manche est orné de perles blanches parfois combinées avec des perles rouges, qui lui sert à se purifier ainsi que le monde qui l'entoure. Ses principaux attributs sont tout objet de couleur blanche, en argent ou en métal argenté. Par exemple, on trouve des bracelets argentés (souvent au nombre de 2, 4, 6, 8 ou 16), des colombes en métal, une agogó (cloche) argentée, une chaîne, un abebé (éventail décoré de perles blanches) ou une main qui tient un sceptre. Cela peut aussi être une baguette de commandement, un serpent, 2 œufs en ivoire, un soleil, une pleine lune, une demi-lune, 8 ou 16 okotós (limaces) ou des escargots (igbín). Généralement, ses objets sont enveloppés de cotton.

On lui sacrifie par immolation des chèvres blanches, des colombes blanches, des poules blanches, des faisans blancs, des serpents et des limaces. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont tout aliment de couleur blanche et sans sel comme du riz blanc non salé qui peut être accompagné de lait et de beurre de cacao, des galettes de haricots rouges pelés, moulus et cuisinés sans sel déposés sur des feuilles de bananes, du lait, de la champola (soda à base de corossol ou autre fruit et de lait), de la noix de coco, de la meringue ou du riz au lait. On peut aussi lui offir du maïs grillé, du millet, des petites boules d'igname ou de malanga (sorte de topinambour), des fruits à surface granuleuse (grenade, sapotille, corossol, anone), des escargots, des limaces, des dragées argentées ou des fleurs blanches dont en particulier la fleur de cotton. Tout ce qu'on lui donne doit être assaisonné d'efún (poudre de coquille d'œuf et de chaux) et d'orí (beure de cacaco). Il ne faut surtout pas lui donner de crabe, d'haricots ou d'huile de palme et il ne boit absolument jamais de boisson alcoolisée. Ses "fils" ne sont pas non plus autorisés à consommer ces produits.

Les plantes (ewes) associées à Obbatalá sont :

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Pour invoquer Obbatalá, on utilise une soupière qui peut être d'argent, d'un métal argenté ou de petits carrés de couleur blanche. Comme il vit dans les lieux obscurs et protégés de la lumière, son réceptacle est placé en hauteur et on le couvre d'un foulard. Sa soupière est accompagnée de 4 ou, dans certains cas, 8 pierres trouvées dans les collines (otás ou okés). Ces pierres ne doivent pas être exposées au soleil, à l'air libre ou à la belle étoile.

Obbatalá - Réceptacle

Réceptacle pour Obbatalá

Quand il n'est pas possible de définir quel est l'Orisha, l'ange gardien, d'un individu, on lui attribue Obbatalá. Les sacerdotes d'Obbatalá sont appelés Ochabí.

Si un Orisha ne se calme pas, un fidèle doit se placer devant l'image d'Obbatalá et l'invoquer pour lui demander le calme et la paix. Obbatalá parvient même à apaiser Changó et Oggún.

On le salue en s'allongeant, le visage face au sol et les bras collés au corps, tout en prononçant la formule suivante : ¡Jekúa Babá!

Ses chiffres sont le 8 et ses multiples. Son jour est le jeudi. Son jour saint est le 24 septembre.

3.1.2.4. Syncrétisme.

Obbatalá est associé à la Virgen de la Merced ou Nuestra Señora de las Mercedes (Notre Dame de la Miséricorde), patronne de Barcelone. À Cuba, son côté androgyne fait qu'il est aussi associé au Santísimo Sacramento.

Quand l'Espagne était sous le joug arabe, des groupes de chrétiens tentaient de sauver les captifs qui languissaient dans les prisons sarrasines. Une légende raconte que San Pedro Nolasco fut témoin d'une apparition de la Virgen de la Merced qui le pressa de mettre en place un ordre religieux dont l'objectif fut d'obtenir le rachat des chrétiens captifs. Autant San Raymundo de Peñafort que Jaime I, roi d'Aragon, eurent cette même inspiration. Ainsi, d'un commun accord, il fondirent le 10 août 1218 l'Orden de la Redención de los Cautivos (Ordre de Rédemption des Captifs) sous la protection de la Vierge qu'ils nommèrent Santa María de las Mercedes.

3.1.2.5. Les chants.

Rezo a capella pour invoquer Obbatalá (par T.D. Fabelo) :

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Suivi du salut suivant :

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3.1.2.6. Les toques.

Durant l'oru seco, on lui dédie un toque qui contient 6 rythmes :

Des partitions concernant quelques toques peuvent être trouvées sur le site CityPercussion.

3.1.2.7. À écouter.

Le plus grand chanteur est certainement Lázaro Ross. Je vous conseille de l'écouter avec le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba ou avec le groupe Olorun. Il a consacré un disque à Obbatalá intitulé "Orisha Aye - Obatala".

De nombreux morceaux sont également en écoute libre sur le site Olofin.

3.1.2.8. À voir.

3.1.2.9. Références.

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