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3.1.7. Ochosi.

   

3.1.7.1. Présentation générale.

Ochosi ou Oshosi (on peut aussi recontrer Oxosi ou Oxossi) fait parti des Orishas majeurs. C'est un chasseur doté d'une grande acuité visuelle et d'une ouïe très fine. C'est aussi un pêcheur. Il est le 3ème du groupe des Orishas guerreros (Orisha Oddé ou ibori) avec Elegguá, Oggún et Osun. Personne ne connaît mieux les chemins de la forêt que lui, en ce sens, il est aussi le dieu de la forêt. Il représente les forces de la nature. Il est donc naturellement le patron de la faune (surtout des oiseaux) et de la flore ainsi que des chasseurs, des pêcheurs ou des personnes qui travaillent au contact des animaux et plus particulièrement avec les chiens. Il est également grand magicien (le seul parmi tous les Orishas du panthéon Yoruba) et voyant et est considéré comme l'osolikere (le magicien de la forêt). Tout ce qui a rapport avec la chasse ou la pêche lui appartient.

Ochosi

Ochosi

Par extension de son côté chasseur et tracker, c'est aussi lui qui aide les gens à ne pas tomber dans les pièges de la vie ou à se méfier des situations dangereuses. Il donne le chemin le plus rapide pour atteindre sa destinée.

On fait des ebbós (actes d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits) pour Ochosi afin que les opérations chirurgicales se passent bien.

Ochosi représente aussi la justice (tant pour les Dieux que pour les Hommes), il régie le système judiciaire. Il symbolise la balance, le jugement et la raison et est le patron des hommes de loi, des persécutés et des personnes qui ont des problèmes avec la justice. À ce titre, il peut être invoqué pour régler un différend entre des personnes. Il est des fois considéré comme le maître des prisons (au lieu d'Oggún).

Son nom est Ochosi Odde Mata. Ochosi est dérivé du mot yoruba "Osowusi" qui signifie "le gardien de nuit est populaire". D'autres disent que son nom vient du mot yoruba "Osóssí" qui signifie "celui qui travaille avec la sorcellerie". Il porte aussi les noms (caminos) de :

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Il fut roi de Ketu. Dans la règle Mayombe, il porte le nom de Santisi. Dans la règle Kimbisa, il est uni à Oggún et on l'appelle Lufo Kuyu ou Watariamba. Dans la société secrète Abakuá, il reçoit le nom de Sontemí qui est aussi donné à Oggún. Dans le culte Arará, c'est Mewe ou Arggawe. À Haïti, il est apparenté à Sobo.

Ses "fils" sont le prototype du chasseur primitif ; des hommes alertes, vifs, rapides et plein d'initiatives. Ils aiment le changement et sont nés entrepreneurs. Ils ne laissent pas passer une opportunité. Ils sont très rancuniers, ne pardonnent pas facilement. Ils sont dotés d'un fort sens d'honnêteté et de justice. Ils sont hospitaliés et aiment la famille bien que des fois, celle-ci puisse souffrir de ses tendances nomades et de son inconstance.

3.1.7.2. Histoire.

Histoire d'Ochosi.

Ochosi est le fils d'Obbatalá et de Yembó (ou Yemú). Il est l'un des conjoints d'Oshun avec qui il a eut Logun Ede. Quand les Orishas descendirent sur la Terre, c'est lui qui a servi d'éclaireur au travers de la forêt (igbo) pour que Oggún puisse déblayer le chemin. Il a besoin de ce dernier pour éclaircir les chemins afin qu'il puisse atteindre les proies qu'il souhaite chasser.

Patakí (histoire) sur Ochosi.

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Ochosi, le chasseur, parcourait les bois à la recherche d'une proie quand il aperçut une biche, magnifique et gracile. Il la mit en joue et commença à la pourchasser. Quelle ne fut pas sa surprise quand, en arrivant dans une petite clairière caché par la végétation environnante, il vit que la biche se transforma en une jeune demoiselle. Elle se dévêtit de la peau de l'animal et la mit dans un trou. Sans se rendre compte qu'elle était observée, elle prit sa corbeille pleine de quimbombó (gombo) et s'en alla d'un pas rapide au marché.

Ochosi s'empara de la peau d'animal et l'amena chez l'awo (haut dignitaire de la religion Yoruba) Irete Sukrá qui en fit un ebbó (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits). Ochosi revint à la clairière et s'assit à un endroit bien visible en attendant la demoiselle. Peu de temps après, il la vit revenir avec son panier vide. Voyant qu'un inconnu avait découvert l'endroit où elle se cachait toujours pour se métamorphoser, elle le supplia afin qu'il ne dévoile à personne son secret. En échange, elle deviendrait son épouse.

Ochosi, sachant qu'elle ne serait pas la bienvenue, courut à son domicile pour avertir sa femme qu'elle devait être aimable avec sa nouvelle épouse car elle avait le don de se transformer en biche. Des qu'elle en eut l'occasion, l'épouse d'Ochosi ne se fit prier pour raconter ce secret à qui bon voulait l'entendre. La jeune femme, blessée par l'indiscrétion d'Ochosi, s'enfuit de la maison avec sa peau d'animal.

Le pauvre chasseur, délaissé par celle qu'il aimait pour n'avoir gardé son secret, demande toujours des offrandes de biche en souvenir de sa bien-aîmée.

Patakí entre Ochosi et Oggún.

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Ochosi est le meilleur des chasseurs et ses flèches ne manquent jamais leur cible. Cependant, à cette époque, la forêt était tellement dense que ses flèches ne pouvaient la traverser et atteindre leur objectif. Désespéré, il s'adressa à Orunmilá qui lui conseilla d'effectuer un ebbó (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits).

Oggún, de son côté, avait le même problème ; il n'arrivait jamais à tuer ses proies qui lui échappaient bien que personne ne soit en mesure de les pister dans la forêt aussi rapidement que lui. Celui-ci alla également consulter Orunmilá qui lui dispensa le même conseil qu'à Ochosi.

Chacun s'en fut ainsi dans la forêt pour accomplir son devoir. Malheureusement, Ochosi fit tomber son ebbó sur Oggún qui se reposait contre un tronc d'arbre. Sachant qu'ils étaient déjà en de très mauvais termes car Elegguá avait semé le trouble entre eux, ils commencèrent à se disputer durement. Comme Ochosi choisit de s'excuser, ils s'assirent et se mirent à discuter de leur problème commun. Soudainement, un biche passa à proximité. Rapide comme l'éclair, Ochosi se leva et tira une flèche qui atteint le gibier au cou et le tua sur le coup. Il fit constater à Oggún qu'il n'avait aucun moyen d'aller chercher l'animal. Alors, Oggún attrapa sa machette et, en moins de temps qu'il ne faut à un coq pour chanter, il ouvrit un chemin qui mena jusqu'à la biche. Tout deux arrivèrent devant l'animal, satisfaits, et se le partagèrent.

Depuis ce moment là, ils prirent conscience qu'ils étaient indispensables l'un pour l'autre et que séparés, ils ne parvenaient à rien. Il firent donc un pacte dans la maison d'Orunmilá. Ainsi, Ochosi le chasseur est toujours accompagné d'Oggún, le dieu du fer.

Patakí entre Ochosi et Osain.

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Elegguá quitta la maison de sa mère, Yemayá, très tôt alors qu'Oggún travaillait dans les champs et qu'Ochosi chassait. Cependant, leur mère prit peur que ce dernier, passant beaucoup de temps dans les bois, ne rencontre Osain, Orishas trompeur et escroc. Ochosi refusa d'écouter les mises en garde de Yemayá et rencontra tout de même Osain qui cherchait alors un compagnon. Osain donna à Ochosi une potion qu'il but et qui le rendit amnésique afin qu'il oublie le monde des Hommes. Osain enseigna à Ochosi de nombreux secrets sur les plantes et les herbes.

Oggún fut envoyé pour retrouver son frère. Cependant, Yemayá refusa qu'Ochosi revienne à la maison afin de le punir de sa désobéissance. En signe de protestation, Oggún choisit de quitter la maison à son tour et d'aller vivre dans les champs. Yemayá, le cœur brisé par le départ de son dernier fils, se transforma en rivière.

3.1.7.3. Ses attributs.

Ochosi est décrit comme étant un homme extrêmement séduisant.

Ses couleurs sont le bleu et le jaune/or ou l'orange. Des fois, on le trouve aussi en vert et jaune. Il peut aussi porter du rouge vif. Ses vêtements sont une combinaison de ceux d'Elleguá et d'Oggún. Le foulard qu'il porte sur la tête et le sac qu'il traîne sont en peau de tigre. Accrochées derrière sa tête, il porte souvent des plumes de faisant. Il a aussi un collier (eleke) qui est en général composé de 7 perles bleues alternées avec 7 perles de corail ou jaunes, le cas échéant. On peut aussi trouver des colliers faits de perles vertes séparées par des perles ambrées ou brunes et des crocs de léopard ou des escargots.

Son attribut de pouvoir est l'arc armé d'une flèche. Si la flèche est dirigée vers le bas, c'est qu'Ochosi protège contre le mal, sinon, il est en guerre. Dans tous les cas, l'arc est toujours tendu pour représenter la rapidité et la prompteté à viser et tirer. Les principaux attributs qui le représentent sont tous les instruments liés à la chasse : la lance, les flèches, les pièges, les filets de pêche, le trident, le couteau...

On sacrifie par immolation à Ochosi des chèvres, des cervidés, des coqs et des poules, des colombes, des pintades, de l'agouti (jutía), des cailles et tout oiseau qui se chasse. Généralement, les offrandes (addimú) sont du poisson grillé, de l'igname, du millet, du manioc, de l'anis. Ochosi boit de l'eau de vie de canne à sucre et toute eau qui lui est destiné doit provenir d'un puit. Des fois, on lui offre aussi du tabac.

Les plantes (ewes) associées à Ochosi sont :

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Ochosi est invoqué dans le même chaudron en fer ou en argile qu'Oggún et Elegguá. On dispose alors dans le receptacle ses attributs : 3 flèches de guerriers, 3 figurines de chien, un petit miroir, un morceau de corne de cervidé, un hameçon, un arc et une flèche de fer ou d'or.

On le salue avec la formule : ¡Ochosi Odde Mata! On doit également lever la jambe gauche et imiter avec les mains un tir de flèche avec un arc.

Ses chiffres sont le 3 et ses multiples et le 7. Son jour est, comme Oggún, le mardi ainsi que le 4 de chaque mois mais il est fréquent que les Orishas guerreros soient célébrés ensemble le lundi, jour d'Elegguá. Son jour saint est le 23 avril.

3.1.7.4. Syncrétisme.

Ochosi est associé à San Norberto et San Alberto. À Santiago, on l'associe aussi à l'archange Santiago et à San Huberto. À Rio de Janiero, il est associé à San Sebastián car la plupart du temps, ce dernier est décrit attaché et lançant de nombreuses flèches, ce qui a permis ce rapprochement. Dans la zone de Bahía, on l'associe à San George.

3.1.7.5. Les chants.

Rezo :

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Rezo :

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Francisco Aguabella dans Cantos a los Orishas :

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Beaucoup de chants peuvent se retrouver sur le site furius.ca.

3.1.7.6. Les toques.

Ochosi est souvent dansé avec Oggún dans les güemileres (cérémonies).

Durant l'Oru Seco, on lui dédie le toque composé de 5 rythmes appelé aggueré ou aguere (àgẹ̀rẹ̀ en langue locale, de "a", sujet et "guere-guere", versant d'une coline) :

Parmi les toques génériques les plus connus d'Ochosi, on peut citer :

  • Rumba Ochosi ;
  • Rumba Obbatalá.

On dit souvent que chaque tambour batá joue pour un Orisha particulier. L'okónkolo, plus petit des 3 tambours, est celui des Orishas guerriers (Elegguá, Oggún et Ochosi).

Des partitions concernant quelques toques peuvent être trouvées sur le site CityPercussion.

3.1.7.7. À écouter.

Le plus grand chanteur est certainement Lázaro Ross. Je vous conseille de l'écouter avec le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba ou avec le groupe Olorun. Francisco Aguabella est également une bonne source d'inspiration avec son album "Cantos a los Orishas". Vous pouvez aussi écouter le groupe Síntesis.

De nombreux morceaux sont également en écoute libre sur le site Olofin.

3.1.7.8. À voir.

3.1.7.9. Références.

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