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3.1.12. Oduduwa.

   

3.1.12.1. Présentation générale.

Oduduwa, Odduduwa, Odudúa, Oddudúa, Odduwa, Odúa, Oddúa ou Oddua est un Orisha majeur, maître de la solitude. Il représente les mystères et les secrets des ancêtres, d'Ikú (divinité de la mort) et des Eggúns (esprit des morts). Il vit dans les ténèbres profondes de la nuit et reçoit le surnom de "Roi des morts". On raconte que c'est Olofin qui lui a donné ce nom en le rencontrant enfant, abandonné dans une poubelle. Son bras droit est Orun, celui qui donne accés au royaume de l'au-delà. Il forme une trinité avec ses frères Orunmilá et Oddun qui l'accompagnent toujours.

Il est le créateur et faiseur de la justice et de la vérité, ce qui le rend divin et impersonnel. Il est l'oeil d'Olorun. Oduduwa est une divinité androgyne et certains considèrent qu'Oduduwa en est la facette masculine quand Odúa en est la facette féminine.

Oduduwa est parfois considéré comme étant un camino d'Obbatalá car il aurait participé à la création du Monde aux côtés d'Olofin. C'est le plus vieux de tous, celui qui a crée les 16 premiers Obbatalás avec Odduaremu. Il est parfois un Obbatalá masculin qui vit dans Irokó (forêt). Certains le considèrent plutôt comme le guide de tous les Obbatalás, ce qui explique que les "fils" de ce dernier doivent également invoquer Oduduwa.

Le jais, le corail, l'ambre, le nacre et l'ivoire lui appartiennent.

Son nom complet est Oddú Aremú. Oduduwa vient du mot yoruba "Odùdúwá" qui signifie "notre destin" ou "seigneur de l'autre monde" ("oddu" veut dire "années" ou "temps", "dudu", "obscurité" et "wa", "venir" ou "faire venir"). Oduduwa porte différents noms (caminos) dont :

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Certains pensent qu'Oduduwa descend du Ciel et amena sur Terre tout un système de croyance. Il serait même le fils d'Olorún et son orisha préféré. D'autres croient qu'il est issu de la Terre et venu de l'est après une longue marche de 90 jours (l'est est compris comme les voisinages de la Mecque, la haute Égypte, la région de Nubie ou la zone du Nil mais correspond sûrement à la région d'Ekiti et aux sous-communautés Okun du nord-est de Yorubaland et du centre du Nigéria) pour chasser le roi local Obbatalá. Oduduwa est le fondateur et premier oní (roi) d'Ilé-Ifé ou Ifé, cité sainte du Nigéria, "Mecque religieuse" et berceau de la vie dans la théologie yoruba. C'est pour cela que tous les Yorubas se considèrent omo Oduduwa (fils d'Oduduwa). Il est considéré comme le premier roi des Yorubas. Pour les Ararás, il est appelé Oddúa Daa.

Les "fils" d'Oduduwa sont des personnes dotées d'une volonté de fer voire même entêtés dans leurs appréciations. De grande capacité intellectuelle, ils sont artistes ou hommes de lettres. Réservés et tranquilles, ils ne regrettent pas leurs décisions.

3.1.12.2. Son histoire.

Histoire d'Oduduwa.

Oduduwa est le frère d'Orunmilá et d'Oddun. Sa femme est Odduaremu ou Oñó-Oro.

Il a une relation spéciale avec Orunmilá, Obbatalá Obálofón et Oshún. Ses gardiens sont Bromú (représente les os), Brosia (représente la chair en décomposition) et Aye.

Patakí (histoire) sur Oduduwa.

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Quand Olofin décida de créer le monde, le plus vieux des Obbatalás, Obbatalás Occuá, descendit sur Terre. Poussé par l'enthousiasme de la création, Olofin fit des choses magnifiques : les forêts, les nuages, les arcs-en-ciel et les oiseaux zunzún (colibri). Mais il connut aussi des échecs et laissa certaines choses à moitié accomplies. Il oublia de donner une tête aux Hommes. Ceux-ci commencèrent à marcher dans toutes les directions. Le monde ressemblait à une maison de fous. Olofin chargea Oduduwa de leur créer une tête.

Oduduwa exécuta la demande d'Olofin mais ne leur créa qu'un seul œil. Certains disent qu'il a été aidé par Eshú. Iba-Ibo dut alors venir pour mettre les yeux à la place actuelle et leur créer une bouche et leur donner la voix et les mots. Les Hommes commencèrent alors à être tels que nous les connaissons. Tout allait bien jusqu'à ce qu'ils commencent à dégrader la création d'Olofin. Personne ne sait s'il faut rejeter la faute sur le Père des Orishas ou sur Oduduwa, devenir triste ou en rire.

Autre patakí sur Oduduwa.

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Olofin était préoccupé car il n'existait rien de vivant sur Terre qui ne finisse par disparaître. Un jour, il se mit à réfléchir pour que les choses perdurent. Le seul qui puisse résoudre cette situation était Changó. Mais Olofin ne savait comment aller le chercher car il était contrarié après que l'on lui ait pris une partie de ses secrets. Il se divertissait avec les femmes qui le rendaient fou.

Olofin choisit Elegguá pour aller chercher Changó. Elegguá partit, chantant, appeler Changó. Quand il le trouva, Changó répondit que si Olofin voulait qu'il aille le voir, il devait se préparer à lui rendre ses secrets. Changó ajouta qu'il était le maître du monde car il l'avait construit à la demande d'Olofin.

Elegguá s'en alla compter tout cela à Olofin qui était alors accompagné d'Oduduwa. Olofin dit alors que Changó se trompait et qu'il n'irait plus le chercher parce qu'il n'avait pas besoin de lui. Oduduwa, préoccupé, demanda à Elegguá se qu'il se passait. Ce dernier lui raconta toute l'histoire.

Oduduwa parla à Olofin et lui expliqua qu'il se trompait : "Changó est celui qui possède le grand pouvoir de nos secrets et ceux du monde. Il doit au moins avoir awofakán ou awófaka (preuve qu'une personne a reçu la cérémonie dite mano de Orula)". Oduduwa parvint à convaincre Olofin et lui dit : "comme c'est toi qui lui a pris ce qu'il désirait le plus, tu dois lui rendre pour que tu sois témoin du fait qu'il revienne parmi nous". Oduduwa choisit d'aller chercher Changó à condition que ce soit lui qui lui rende awofakán.

Oduduwa s'en fut et arriva où vivait Changó. Il lui raconta son entretien avec Olofin. Changó, accepta si Oduduwa était témoin. Ils se mirent en route pour rencontrer Olofin. Changó portait des cloches et chantait.

Devant Olofin, Changó demanda : "ai-je commis une erreur vous ai-je une fois trompé ?". Sans réponse d'Olofin, il continua : "Est-ce que je suis toujours votre fils préféré ?". Oduduwa qui portait l'abeboadié et l'awofakán, le jeta et tout 3 s'en nourrirent. Ils cuisinèrent les adiés ou addiés avec de l'igname, en donnèrent aux Eggúns (qui représentent l'esprit des morts) en consommèrent. Changó promit à Olofin de réaliser son souhait initial mais qu'il avait pour cela besoin de 3 nourritures différentes. Oduduwa se chargea de les préparer et les offrit à Changó.

Quand Changó revint sur Terre, il vit ce qui causait tous les maux sur Terre, s'approchant par la mer, attiré par l'odeur si agréable de la nourriture. Changó lui expliqua qu'il venait pour lui porter 3 nourritures qu'il n'avait jamais mangé en échange d'un monde plus pérenne. Le monstre fit cette promesse, mangea et disparut. Changó retourna voir Olofin pour lui raconter ce qui s'était passé. Ce dernier donna moforibale (les honneurs) à Changó.

Patakí sur Oduduwa et Obbatalá.

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Certains disent qu'Olodumare, le dieu suprême, ordonna à Obbatalá de créer la terre. Cependant, en chemin, il découvrit le vin de palme, en but et devint ivre. Il s'endormit. Olodumare, ne voyant pas revenir à temps Obbatalá, envoya son jeune frère Oduduwa. Ce dernier trouva Obbatalá en mauvais état. Il décida de remplir la mission. Il lui prit les 3 ingrédients de la création, descendit des cieux grâce à une ewon (chaîne) et jeta une poignée d'atepe (terre) dans le grand océan. Il plaça un adeye (jeune coq) sur le monticule qui éparpilla la terre, créant le continent sur lequel la ville d'Ifé fut fondée. Par conséquent, Oduduwa est le premier Orisha à avoir marché sur la Terre. Obbatalá, à son réveil, décida de faire du vin de palme un tabou pour lui et tous ses fidèles.

Oduduwa avait, durant la création, planté une noix de palme sur ce nouveau sol. Un grand arbre à 16 branches poussa plus tard, représentation symbolique des tribus présentes lors de la création d'Ifé. Certains croient que le fait que l'on attribue la création de la Terre à Obbatalá alors que ce fut l'oeuvre d'Oduduwa les plongea dans un long conflit.

Autre version du patakí précédent.

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Une autre version explique qu'Obbatalá n'aurait pas fait le sacrifice correctement avant de commencer sa journée. Eshú lui aurait alors placé quelque chose dans l'estomac qui l'aurait rendu assoiffé. La seule chose qu'aurait trouvé Obbatalá aurait été du vin de palme. C'est comme cela qu'il serait devenu ivre.

Complément sur les patakís précédents.

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Il est dit que 16 jours après la création de la Terre, Olodumare aurait envoyé oga, un caméléon, pour vérifier que tout se passait bien. Les terres était très étroites et la Terre n'était presque composée que d'eau. Le caméléon avançait donc avec hésitation, de peur de tomber à l'eau. Olodumare, l'observant, déclara que depuis ce jour, les caméléons se déplaceraient avec cette démarche hésitante et mal assurée.

Patakís sur Oduduwa.

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Oduduwa, premier oní (roi) d'Ifé, envoya ses 16 fils chercher l'eau des océans pour soigner ses yeux car il était devenu aveugle. L'autre solution possible aurait été que le grand prêtre Orishanla accorde ses dons divins de guérison en préparant une soupe spéciale présentant une écume similaire à l'océan. Cependant, ce breuvage n'aurait pas été disponible pour le rituel.

Ainsi, les 16 fils s'en furent à cheval après que l'oracle d'ifá ait confirmé les vertus de l'eau des océans. Les eaux s'était éloignées depuis la création de la ville d'Ifé. Ils traversèrent les forêts denses malgré les tempêtes et nuages. Après une journée, n'ayant pas tous suivi le même chemin, ils s'étaient séparés et seul le plus jeune des fils, Obokun, ne parvint jusqu'aux océans. Il put ainsi ramener ses eaux à son père. Les 15 autres fils créèrent de nouveaux royaumes. Plus tard, Obokun créa son propre royaume à Ilesha.

Court patakís sur Oduduwa.

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Olofin créa Oduduwa avec une tête avec des yeux et une bouche, le fit riche et le prit comme conseiller. Le pouvoir le rendit orgueilleux. Olofin lui retira ce qu'il lui avait offert : un jour une jambe, l'autre un bras... jusqu'à ce qu'il ne lui reste qu'un corps complètement démembré et un tête seule.

3.1.12.3. Ses attributs.

Oduduwa est décrit comme une masse spirituelle possédant une énorme énergie, sans forme ni figure, avec un seul œil phosphorescent. Il vit en hauteur dans les bois, enveloppé de coton de la forêt.

Ses couleurs sont le blanc, le rouge et le noir. Il est vêtu de blanc avec des bandes rouges attachées au niveau de la ceinture et plus large du côté de l'extrémité libre. Il porte un chapeau ou un foulard sur la tête. Son collier (eleke) mesure une cinquantaine de centimètres et est composé de perles nacres, de perles de corail et de motifs de 16 perles blanches et 8 rouges. Le corail, qui représente les caminos, sépare les sections de perles nacres. On trouve aussi des colliers faits de 8 sections de perles blanches séparées par une perle nacre, une perle de corail et une perle nacre. D'autres préfèrent un motif de 18 perles blanches et 8 rouges.

Ses attributs sont, 2 perles d'ivoire d'éléphant ou à défaut une perle nacre et une perle ivoire, une épée ou une machette, un globe terrestre, un cheval blanc, un cercueil en cèdre contenant un squelette en argent qui représente ceux qui sont morts et passés dans l'autre monde, un couple de 2 figurines homme/femme, un uké ou ukré (petite balayette pour nettoyer la yefá ou poudre d'Orunmilá) fait de crins de queue d'éléphant ou à défaut de cheval ou de cerf dont le manche est constitué de 8 anneaux de perles blanches, noires, rouges et jaunes, une mèche alimentée avec de l'huile d'amande que l'on allume le jeudi, 8 ou 16 otás (pierres) blanches qui viennent d'une rivière, d'une colline ou d'un chemin, 8 bracelets, 6 ou 8 petits boucliers triangulaires, un bouclier triangulaire plus large orné d'un œil en son centre, un ensemble d'outils d'Obbatalá, une échelle de 8 marches, un majá (serpent), 8 poayés (sceptre), 8 dés usagés ou 2 poignées de 18 escargots.

On sacrifie à Oduduwa par immolation des chèvres lavées au savon africain, des taureaux, des vaches, des éléphants, des cerfs, des chevaux, des coqs, des poules, des colombes, des cailles, des faisans, des rats ou des limaces. Tous ces animaux doivent être blancs. Les quadrupèdes sont couverts d'achó funfun ou achó fún fún (tissu blanc). Il mange aux côtés d'Obbatalá mais, contrairement à ce dernier, le coffre qui constitue son réceptacle est fermé. Le sang est reçu par le coffre et par les coquillages d'Obbatalá. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont de l'ekó (tamal de maïs), de l'ekrú (plat à base d'haricots pilés, cuits à petit feu dans une casserole avec du saindoux, sans sel, et enveloppés de feuilles de bananier comme un tamal qui est ensuite cuit au bain marie) ou de l'ishú (boules d'igname). Ces dernières s'assaisonnent avec de l'epó (huile de palme) et non avec de l'orí (beurre de cacao) comme pour Obbatalá. On utilise beaucoup d'efún (poudre de coquille d'oeuf et de chaux).

Les plantes (ewes) associées à Oduduwa sont les mêmes que celles d'Obbatalá dont :

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Le réceptacle d'Oduduwa est un coffre en métal, argent ou acier nickelé renfermant un squelette métallique qui représente ceux qui sont morts et passés dans l'autre monde. Ce coffret, fermé d'un cadena ou d'un verrou, ne doit pas être ouvert contient un secret qui a été utilisé dans la cérémonie d'Oduduwa. On couvre l'ensemble de coton qui vient préférablement de la Ceiba (forêt) et d'un drap blanc car Oduduwa ne supporte pas la lumière du soleil. Le réceptacle doit être placé en hauteur parce qu'il vit à la cime des collines (oke).

Oduduwa ne peut pas être invoqué par un santero ou un sacerdote mineur mais uniquement par un babalawo. Étant un camino d'Obbatalá, Oduduwa ne peut être invoqué directement. Quand Oduduwa est invoqué, il ne faut pas élever la voix ou faire plus de 2 choses à la fois devant lui.

On salue Oduduwa avec la formule suivante : ¡Aremú Oduduwá, Jekuá!

Son jour est le jeudi.

3.1.12.4. Syncrétisme.

Oduduwa est associé à Jésus-Christ. L'affinité entre Oduduwa et Jésus-Christ vient du fait que tous deux ont été envoyés pour aider l'Homme et établir un ordre stable sur Terre. Il est aussi syncrétisé avec le Saint Sacrement, Saint Manuel ou Notre-Dame des Douleurs.

3.1.12.5. Les toques.

Des partitions concernant quelques toques peuvent être trouvées sur le site CityPercussion.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie un toque de 2 rythmes :

Ensuite, après 3 toques pour Obbatalá, on en dédie un à Oduduwa.

3.1.12.6. À écouter.

Le plus grand chanteur est certainement Lázaro Ross. Il a consacré un disque à Oduduwa intitulé "Orisha Aye - Olofi, Oddua, Inle, Orula, Iroko". Le projet Abbilona a également enregistré un disque, Orisha Oko, Oddua, Ibeyis, Olokun y otros, pour cet Orisha.

De nombreux morceaux sont également en écoute libre sur le site Olofin.

3.1.12.7. À voir.

3.1.12.8. Références.

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