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3.1.16. Orishas mineurs.

   

Cette section aborde les Orishas :

3.1.16.1. Abatá.

Présentation générale.

On le trouve des fois sous le nom d'Abbata, Abatán ou Abatan. C'est l'Orisha des marais où il réside. Il est symbolisé, dans la nature, par le majá (serpent que l'on trouve à Cuba).

Son histoire.

Abatá est le frère d'Inle dont il ne se sépare jamais. Certains considèrent qu'ils sont frères avec Ochosi.

Ses attributs.

Ses attributs sont l'arc et la flèche. Parfois, il est représenté par un trident avec un manche autour duquel 2 couleuvres s'enroulent. Dans les cérémonies, il est invoqué en même temps qu'Erinlé. Son réceptacle est une petite jarre que l'on met dans le réceptacle de ce dernier. Parfois, ils partagent le même réceptacle. Il n'a pas de culte propre. On lui sacrifie donc la même chose qu'Inle. Ses chiffres sotn le 7 et le 2.

Références.

3.1.16.2. Abikú.

Présentation générale.

En Afrique, les Abikús ou Abikus sont des esprits voyageurs qui prennent possession des enfants et peuvent les conduire à la mort. Par extension, un enfant habité par un abikú est un enfant abikú. Quand il décède, des rites funéraires spéciaux sont organisés. Quand plusieurs enfants d'une même famille décèdent successivement, on dit que c'est le même enfant qui se réincarne. Il faut alors éloigner l'esprit avec des traitements traditionnels pour rompre ce mauvais cycle.

Ainsi, Abikú est un Orisha mineur qui représente l'esprit des enfants décédés avant la puberté. Son nom est composé des mots "abi" et "iku" qui signifient en langue yoruba "prédestiné pour la mort".

Références.

3.1.16.3. Abita.

Présentation générale.

Abita, Albita ou Yamentako représente la malveillance et de ses vastes pouvoirs ainsi que les puissants secrets de la nature pour vaincre brutalement la méchanceté par le mal. C'est à travers lui que l'on peut expliquer les choses déplaisantes qui arrivent. Il incarne le côté obscur de la passion, la force qui opprime ou le caractère intempestif. À cause de ses grands pouvoirs négatifs, on fait appel à lui pour créer le mal. Il est souvent comparée au diable et parfois considérée comme l'opposé d'Ossaín.

Il est dit que la divinité Abita fut créée à Cuba comme le syncrétisme entre Eshu Ebita (messager du culte Iyaami) et Lucifer. Son nom viendrait d'"alba" qui fait référence à Lucifer (Lucero del Alba).

Son histoire.

Abita est le fils d'Alosi. Certains disent que sa mère est Ara Unla. Il est accompagné de Tenta Orun (parfois décrite comme sa femme), Ogueday, Iyabafún y Osawani.

Patakí (histoire) sur Abita.

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Cela faisait longtemps qu'Abita voulait se mesurer à Orunmilá car à chaque fois qu'il souhaitait nuire à quelqu'un, Orunmilá le sauvait. Ainsi, il prépara un sort et déclara la guerre à Orunmilá. Il consulta Ifá pour connaître l'ebbós (actes d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits) nécessaire pour sa défense. Il demanda à Oggún de se rendre dans les montagnes pour trouver du yilobo, seule plante ayant le pouvoir battre Abita.

Le jour de l'affrontement, un vendredi (jour des perturbations), Abita profita d'un moment d'inattention pour jeter un iyeká (poudre maléfique) à Orunmilá qui tomba foudroyé. Tous les adeptes d'Abita, les ashumulei, chantèrent et dansèrent car Orunmilá était Ikú ("pris par la mort"). Il l'amenèrent dans la maison d'Abita. Le lendemain, ils décidèrent pour qu'il ne ressuscite pas. Si cela devait arriver, il optèrent pour ne pas le laisser se lever et ne pas lui donner accès à son tablero afin qu'il ne puisse demander de l'aide aux Imoles du ciel.

Abita et ses Ashumuleí montaient la garde. Orunmilá qui n'avait été qu'endormi par l'iyeká d'Abita choisit le moment le plus inattendu pour se réveiller, saisit la plante yilebo et commença à chanter. Ses paroles sortilège anéantirent tous les Ashumuleí. Abita assista à la scène, impuissant et accepta sa défaite face au grand Orunmilá.

Autre patakí.

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On raconte qu'Abita jouissait de privilèges accordés par Oloddumare mais que l'avarice et la faiblesse l'aveugla et qu'il en voulut toujours plus. Oloddumare l'envoya sur Terre pour prouver sa loyauté, le monde ayant besoin du bien comme du mal.

Autre patakí.

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Au commencement de la religion africaine, Olofin vivait sur Terre avec son frère Abita. Ils ne partageaient pas les mêmes opinions, l'un prêchant pour le bien et l'autre pour le mal. Abita lui reprocha de donner du pouvoir à ses fils qui, quand il se rendraient compte de leur puissance, oublieraient leur père. Olofin se justifia en expliquant qu'ils le respectaient. Abita s'en alla et créa son royaume loin des cieux, en enfer.

Babalú Ayé et Oggún virent qu'Abita avait quitté la Terre, en laissant Eshu comme seul représentant. Il voulurent en profiter pour devenir maître de la Terre en se partageant les pouvoirs suivants : la maladie pour Babalú Ayé et la mort pour Oggún. Eshu demanda à Olofin de les arrêter et lui indiqua que Babalú Ayé était friand d'huile de palme et Oggún d'eau-de-vie. Abita qui sait tout ce qu'il se passe sur Terre se moqua d'Olofin. Celui-ci, vexé, abandonna la Terre et s'installa dans les cieux. Il laissa les instructions à Obbatalá pour diriger la Terre.

Olofin demanda à Olokun d'assécher les rivière pour qu'Oggún et Babalú Ayé ne puisse plus avoir leurs nourritures préférées. Ainsi, vaincus, ils demandèrent pardon à Olofin et lui promirent obéissance jusqu'à la fin des temps.

Références.

3.1.16.4. Ainá.

Présentation générale.

Ainá, Aina, Ayina ou Ayinna est la maîtresse des flemmes, ce qui en fait la constante partenaire de Changó qui a besoin d'elle pour pouvoir cracher du feu de sa bouche. Quand il part en guerre, elle le suit et brûle tout ce qui se trouve sur son chemin. Elle est parfois considéré comme étant la sœur de celui-ci. Certains disent qu'elle est aussi la sœur d'Anagui, femme d'Orunmilá.

Elle est la fille d'Ojo Shokuga et d'Olofi. Ainá est l'une des 7 Ibeyis. Les Ararás l'appellent Anabi. Elle est la patronne des enfants nés avec le cordon ombilical enroulé autour du cou.

Ses attributs.

Ainá est entièrement vêtue de rouge. Son collier (eleke) est composé de perles rouges avec du jais ou de perles blanches à l'intérieur et rouges à l'extérieur. On lui sacrifie des coqs, des pigeons et des pintades. Elle se nourrit aux côtés de Changó. Ses chiffres sont le 6 et le 12.

Son réceptacle est une jarre en terre cuite rouge qui contient 3 poupées en bronze. Cet Orisha se reçoit en même temps qu'Irokó.

Références.

  • Santeria
  • Eleda
  • The Secrets of Afro-Cuban Divination: How to Cast the Diloggún, the Oracle of the Orishas d'Ocha'Ni Lele, publié en 2000 aux éditions Inner Traditions * Bear & Company et partiellement consultable sur Google Books

3.1.16.5. Ajá.

Première présentation.

Ajá, Aja ou Aya est la déesse des tourbillons. Elle fut l'épouse d'Olokun. Certains considèrent qu'elle est la mère de Yemayá. On raconte aussi qu'elle emmenait les enfants entre 3 et 9 ans pour leur enseigner le secret curatif des plantes. Son culte s'est perdu au cours du 19ème siècle. Elle ne se reçoit pas comme Orisha tutélaire.

Elle a un caractère dominateur et chicaneur. Suite à une des fréquentes disputes avec Olokun, elle fut obligée de quitter sa maison. Yemayá, plus habile avec les hommes, prit alors sa place. Ajá tenta par la suite tout ce qui était en son possible pour retrouver l'amour d'Olokun, sans succès. Peut être à cause de son tempérament, on la représente se déplaçant dans un tourbillon.

Seconde présentation.

Ajá est aussi présentée comme la déesse de la forêt, de ses animaux et des guérisseurs qui utilisent ses herbes. C'est elle qui leur a enseigné l'art des plantes. Son nom semblerait signifier "le vent libre".

Ses caractéristiques sont proches de celles d'Aroni mais elle ne fait pas de mal. Ajá a la forme d'un petit humain qui mesure entre 30 et 60 cm. La vigne d'Ajá est utilisée par les femmes pour guérir une poitrine qui a subi une brûlure.

Références.

3.1.16.6. Aje Shalunga.

Présentation générale.

Aje Shalunga, Ajeshaluga, Aje Chaluga, Kowo, Kobo ou Cobo est un Orisha lié à la santé, la prospérité, l'abondance et la chance. Son emblème est une huîtres perlières, que l'on appelle cobo à Cuba. Ainsi, rencontrer ce coquillage sur son chemin est signe de chance. En général, il est considéré comme une divinité masculine mais parfois il est vu comme un Orisha féminin.

Aje Shalunga est le patron des commerçants, des transactions commerciales, des marchés financiers et générallement de toutes les richesses du monde. Les personnes qui cherchent activement de l'argent adorent Aje Shalunga en mettant de l'argent dans une coquille d'huître. Le gain d'une grande quantité d'argent est considéré comme un signe concret de sa générosité. Il est connu pour être le trésorier des Orishas. Il est chargé de protéger les richesses de la planète.

Aje Shalunga est vu comme une divinité capricieuse, volubile et inconstante.

Le nom d'Aje Shalunga vient d'"aje" qui signifie "sorcier" ou "celui qui gagne/possède" et "shalu", "revenir" ou "réapparaître". Certains disent qu'il vient d'Égypte. Il n'a pas de caminos.

Son histoire.

Il est dit qu'Aje Shalunga vient du corps de Yemayá. Certains pensent qu'il est le mari d'Ochún avec qui il est très proche. D'autres disent qu'elle est la sœur ou la femme d'Olokun. Il est lié à Obbatalá, Yemayá et Olokun.

Patakí (histoire) sur Aje Shalunga.

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Aje Shalunga, un Orisha qui vivait près de la rivière, vit un jour Ochún en train de laver sa robe jaune. Il tomba amoureux de cette dernière. Un jour suivant, quand Ochún lavait à nouveau ses affaires, Aje Shalunga sortit des eaux et lui offrit des cauris, de l'or et des bijoux qu'il avait trouvé dans les profondeurs de la rivière. Elle fut séduite par Aje Shalunga. Depuis, elle symbolise aujourd'hui l'argent, les bijoux et les métaux précieux. Ses métaux sont le cuivre et l'or.

Ses attributs.

Aje Shalunga est parfois décrit comme une entité sans bras. Certains composent son collier (eleke) d'une alternance de coquillages et de monnaies. D'autres pensent qu'il doit être similaire à celui d'Obbatalá, en majorité blanc, avec des sections du collier d'Olokun (bleu foncé, vert bouteille et corail).

On sacrifie à Aje Shalunga des pigeons blancs. Son chiffre est le 8.

Son réceptacle est similaire à celui de Yemayá mais en plus petit et peint en blanc avec des accents bleus. Il contient souvent des pièces des différents pays du monde, des pierres semi-précieuses et des coquillages qui rappellent Yemayá et Olokun.

Références.

3.1.16.7. Aroni.

Présentation générale.

Aroni ou Aroní, Orisha d'origine arará dont le culte est tombé en désuétude depuis le 19ème siècle. Il est décrit comme un nain unijambiste avec une tête et une queue de cheval (certains disent de chien). Son nom signifie "celui qui a un membre atrophié". Il vit dans les forêts. C'est un grand guérisseur qui connaît le secret des plantes. Il accompagne Osain dont il garde les secrets. Il suit les ordres d'Osain afin de résoudre les problèmes de ceux qui sollicient ce dernier.

Il peut enseigner durant des mois le secret des plantes à ceux qui ne s'enfuient devant son physique car il est admirateur du courage. Pour que la personnes a été initiée, Aroni lui donne un poil de sa queue de cheval. Dans le culte arará, il forme le groupe des 3 animaux mystiques avec Kiama et Kolofo.

Il est capable de tuer toute personne peureuse qui entre dans la forêt avec crainte. Il est connu pour avoir rendu certaines de ces personnes aveugles ou folles. La forêt et ses habitants doivent être respectés. Il est ainsi considéré à la fois comme malveillant et bienveillant.

Il est représenté par les tourbillons de vent qui traversent la forêt et agitent les feuilles mortes.

Patakí (histoire) sur Aroni.

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Inlé, maître des herbes, des arbres et des arbustes, était dans les bois. Mais Aroni, l'esprit de la forêt, avait préparé un sortilège afin de rendre aveugle et enfermer celui qui pénétrerait dans les bois à la recherche de l'action protectrice de la médecine verte. Aroni était esclave d'Osain. Il enfouissait son maléfice dans des braises.

Aroni servait fidèlement son maître qui passait son temps à faire souffrir l'humanité. Maudit, Aroni s'était converti en un être méprisable et était allé vivre aux côtés d'Osun, dans la partie la plus obscure et enchevêtrée de la forêt.

Un jour, l'Obá (roi) du peuple tomba gravement malade. Le conseil des olúos (prêtres) se réunit dans le palais pour consulter l'oracle d'Ifá. Vient un signe d'Eyiogbe Temuco qui ordonna de rechercher diverses herbes dans la forêt. Les olúos prirent peur car nombreux furent ceux qui revinrent aveugles, mutilés ou fatalement frappés par la magie d'Aroni.

Aucun des olúos ne souhaita aller chercher les herbes. Heureusement, un jeune homme nommé Ogbe Tumako se proposa. Il s'arma d'une cruche d'eau et d'une casserole. Avant d'entrer dans les bois, il sacrifia 2 coqs pour Eshú. Tout en se promenant dans la forêt, il cueillait les herbes dont l'Obá avait besoin, les arrosait avec l'eau de la cruche et les mettait dans son panier. En même temps, il chantait des chants pour les morts. Aroni qui écoutait même le bruit le plus infime se sentit attiré par les chants et se matérialisa en tas de braises. En voyant ce jeune homme, "fils" d'Eyiogbe Temuco, Aroni le blâma pour avoir osé envahir son territoire et le condamna à la mort par le feu. Mais le jeune homme changea de chant, comme son père Orunmilá le lui avait enseigné. Il esquiva les coups de tison avec la casserole sans cesser de chanter.

Toutes les forces de la nature prirent fait et cause pour le jeune homme et le tison tomba dans la casserole. L'omiero (liquide rituel notamment utilisé pour purifier les pierres, les objets et autres attributs religieux qui représentent les divinités) qu'elle contenait éteint le tison et le sortilège d'Aroni disparut. Reconnaissant son pouvoir, Aroni dut se rendre et proposa un pacte au jeune homme. Ce dernier amena avec lui le tison tombé dans l'omiero afin de prouver l'existence de cet accord avec Aroni. Celui-ci donna au jeune homme 4 herbes qui lui permettent de réaliser n'importe quel travail religieux. Pour se rappeler de ce pacte, que le mal cesse et que le bien perdure jusqu'à la génération suivante, un bout de charbon enflammé est ajouté à l'omiero utilisé pour tout travail des herbes.

Ses attributs.

Pour Aroni, on sacrifie par immolation 2 poules dans la forêt en les dédiant à Eshú. On peut aussi lui offrir des boucs, des tortues et des coqs. Il n'a pas de salut particulier ou de parents. Ceraints disent qu'il n'a pas de chiffre, d'autres lui attribuent le 7. Son jour est le 31 décembre.

Les plantes (ewes) associées à Aroni sont : Peregún, Prodigiosa, Bleo blanco et Atiponlá.

Références.

3.1.16.8. Ayao.

Présentation générale.

Ayao, Ayáo, Oyaó ou Ayayo est la plus jeune sœur d'Oyá. Elle vit dans les racines de la forêt, aux côtés d'Iroko. Elle est associée à la sorcellerie malveillante. Ayao interdit le mariage.

Elle ne s'invoque pas mais on chante pour elle quand Oyá est appelée : "Abeokuta mofi Ayaó".

Ses attributs.

Les caractéristiques d'Ayao sont proches de celles de Changó. On lui sacrifie par immolation les mêmes animaux que pour Oyá aux côtés de laquelle elle se nourrit. Les offrandes sont réalisées sur une table couverte d'une nappe et de fleurs. On la salue au pied de la forêt. Parmi ses ewes (plantes), on peut citer la Coralillo rosado (Antigonon leptopus). Son réceptacle est un saladier en terre cuite peint en rouge que l'on suspend au plafond par des chaînes.

Références.

3.1.16.9. Ayarokotó.

Présentation générale.

Ayarokotó est une sœur de Yemayá. Elle est un autre messager d'Olokun. Dans la nature, elle est symolisée par l'horizon, quand la mer rencontre le ciel.

Ayarokotó est considérée comme celle qui annonce et protège l'humanité du courroux d'Olokun. Elle est par exemple le bruit sourd qui précède les raz-de-marée.

Ses attributs.

Son collier est constituéde perles de couleurs bleues et blanches. On lui sacrifie des coqs, des pigeons et des pintades. Son chiffre est le 7.

Références.

3.1.16.10. Boromú.

Présentation générale.

Boromú, Bromú ou Bolomú est l'Orisha des déserts, de la désertification et de la sécheresse. Il symbolise la solitude ressentie dans un désert. Le fait que Cuba ne soit pas une région désertique explique que son culte soit peu développé. Il représente les os qui perdurent après la mort d'un être humain. Il vit aux côtés d'Obbatalá.

Certains l'associent aux courants marins. Boromú exerce alors un contrôle sur les océans. Il cause la perte des navires quand il est en colère mais peut aussi aider les navigateurs à rentrer à la maison en toute sécurité. Il vit au plus profond de la forêt.

Il fut le mari (certains disent le fils) de Yewá qu'il étonna par son savoir. Il vécut avec elle dans les cimetières et celle-ci lui enseigna les oracles, ce qui lui permit d'épater tout le monde. On raconte que Boromú est le secret et le messager de Yewá. Boronsiá et Boromú sont les gardiens jumeaux des secrets d'Oduduwa. Ils vivent et se reçoivent avec lui.

Ses attributs.

Boromú est vêtu d'habits couleur sable. Son collier (eleke) est composé de perles rouges coupé d'une noire et d'une blanche.

On offre à Boromú des coqs blancs, des colombes et des faisans.

Son réceptacle est une jarre ou une soupière percée de porcelaine rouge. On y place 8 otás et une poignée d'escargots.

Références.

  • CubaYoruba
  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores
  • LordTiger
  • Tribes.Tribe
  • The Diloggún: The Orishas, Proverbs, Sacrifices, and Prohibitions of Cuban Santería d'Ócha'ni Lele et Ocha'Ni Lele, publié en 2003 aux édition Inner Traditions et Bear & Company et partiellement consultable sur Google Books

3.1.16.11. Boronsiá.

Présentation générale.

Boronsiá, Bronsiá, Brosiá ou Brosua représente les tornades et l'énergie qui dévaste certaines régions. Boronsiá et Boromú sont les gardiens jumeaux des secrets d'Oduduwa. Ils vivent et se reçoivent avec lui.

Références.

  • CubaYoruba
  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores
  • The Diloggún: The Orishas, Proverbs, Sacrifices, and Prohibitions of Cuban Santería d'Ócha'ni Lele et Ocha'Ni Lele, publié en 2003 aux édition Inner Traditions et Bear & Company et partiellement consultable sur Google Books

3.1.16.12. Chugudú.

Présentation générale.

Chugudú, Sugudu, Segudu, Chigudu, Siguidi, Sigidi, Shigidi ou Chiyidi est un Orisha un peu particulier car on ne l'invoque que pour des occasions spéciales. Il était plus populaire au 19ème siècle qu'aujourd'hui. On le représente par une petite statue en argile que l'on décore d'escargots. Des herbes magiques sont mélangées à la glaise pour donner à la figurine des pouvoirs surnaturels qui lui permettent d'infliger des châtiments à la personne dont on souhaite la ruine, et ceci sans prendre de risque pour soi. On dit alors que la statue se déplace, certains disent grâce au vent et d'autres pensent qu'il le crée, et accomplit sa mission de nuit (souvent, il procède par étouffement). Le commanditaire doit alors rester éveillé afin que le sort ne se retourne pas contre lui : Chugudú reviendrait immédiatement et le tuerait. Dès que celui-ci a terminé sa mission, il cesse d'être considéré comme un Orisha. Ainsi, il représente les cauchemars avec lesquels il punit les coupables et est le patron des assassins.

Le premier symptôme d'une attaque de Chugudú est un sentiment de chaleur et d'oppression au creux de l'estomac. Si la personne le ressent quand elle est en train de s'endormir, elle doit se lever sur le champs et demander protection à l'Orisha tutélaire.

Chugudú peut protéger les maisons et les cours fermées. Pour cela, un trou est creusé dans le sol et une volaille, une chèvre ou anciennement et exceptionnellement une victime humaine est abattue afin que son sang pénètre dans la cavité. Ensuite, le corps est enterré. Ensuite, le creux est recouvert d'un petit monticule de terre rouge. Une soucoupe en terre est placée sur son sommet pour recevoir des sacrifices occasionnels. Toute personne qui dégrade le bâtiment ou passe à proximité avec de mauvaises intentions sera châtié par Chugudú.

Son histoire.

Chugudú est un parent d'Eshu.

Références.

  • Sacred-Texts
  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores

3.1.16.13. Egbe.

Présentation générale.

C'est l'Orisha qui règne sur les eaux stagnantes, les aqueducs et l'eau des jarres.

Références.

3.1.16.14. Esí.

Présentation générale.

C'est l'Orisha pour la protection.

Références.

3.1.16.15. Ibeyis.

Présentation générale.

Les Ibeyis, Ibejis, Beyis, Jimaguas ou Orishas Gemelos sont des Orishas mineurs, patrons des enfants. Ce sont des jumeaux, l'un garçon, l'autre fille, joueurs, gourmands et polissons. Ils jouissent de l'affection paternelle de tous les Orishas. Il personnifient la fortune, l'argent, la chance et la prospérité (finance, commerce...). En effet, en Afrique, la naissance de jumeaux est considérée comme preuve que la chance et la bonne fortune les protègent. Leurs parents doivent les baptiser le même jour, les habiller de la même façon et les traiter de manière égale, sans privilégier l'un ou l'autre. On les invoque pour se réaffirmer et pour atteindre la prospérité. Par l'intermédiaire des Ibeyis, on peut vaincre de grandes difficultés. Ils peuvent sauver de la mort et la malveillance.

Les Ibeyis vivent au sommet des palmiers. On les trouve dans les chemins de montagne, ils protègent les randonneurs. Ils sont également les patrons des barbiers et des chirurgiens.

Ils protègent contre les afflictions des enfants en général. Ils peuvent être invoqués pour unir des êtres humains. Auprès d'eux, on cherche la paix, la tranquillité, le bien-être et la stabilité.

Les Ibeyis peuvent aussi prendre le nom de :

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Leur nom provient du mot yoruba "ibèyí" composé d'igbó (contenir) et meyi (deux). Dans le Palo Kimbisa, on les nomme Batotonki, Batunque Mpangui et Guanalune Lupangueri ou Batunque Mpangüi et Guanalune Lupangueri. Dans le Palo Briyumba, Ajumbo Moungu, Majumbo Moungu, Majumbu Mpungo, Mpungu ou Ntala et Msamba. Dans le Palo Mayombe, Basimba Kalulu-O-Masa, Bsimba Kalulu et O Masa. En langue fon, ils sont appelés Hohovi ou Hobo et en Haïti, Marassa.

Les "fils" des Ibeyis sont des personnes gamines, joueuses et immatures. Ils ont un grand talent pour la négociation. Ils sont irresponsables, au caractère changeant et cyclothymique.

Leur histoire.

Les Ibeyis sont les fils de Changó et d'Ochún, bien qu'ils aient été élevés par Yemayá.

Patakí (histoire) sur les Ibejis.

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Ces jumeaux aimaient se divertir à longueur de journée. Ce n'est pas pour rien que ce sont les fils de Changó et d'Ochún. Durant un certain temps, ils avaient l'habitude de jouer avec de petits tambours magiques que leur mère adoptive, Yemayá, leur avait offert.

Un jour, Olosí (le Diable) plaça des pièges sur tous les chemins et commença à manger tous les humains pris au piège. Aucun homme, aucune femme, âgé ou jeune, n'échappait à sa voracité. Les Ibejis décidèrent de réagir. Taewó prit un des chemins, jouant de son tambour afin qu'Olosí soit attiré. Il se mit à danser et Taewó l'observa pour ne pas tomber dans les pièges. Kainde le suivait caché dans les fourées. Quand Taewó se sentait fatigué, Kainde sortait des bois et le remplaçait. Comme Olosí, même exténué, ne pouvait s'empêcher de danser quand il entendait les tambours magiques sonner, il tomba de fatigue. Les Ibejis en profitèrent pour lui faire jurer qu'il retirerait tous les pièges. C'est ainsi qu'ils sauvèrent les Hommes et la réputation d'êtres puissants, aucun autre Orisha n'ayant pu vaincre Olosí.

Leurs attributs.

Leurs couleurs sont le rouge et le blanc, et le bleu et le blanc. Leurs colliers (elekes) sont constitués de séquences rouges et blanches, et bleues et blanches.

On peut représenter les Ibeyis par un homme et une femme, 2 hommes ou 2 femmes. L'un des symboles les plus courants des Ibeyis sont les petits tambours qu'ils ont utilisé pour vaincre Abita. Ils peuvent aussi être représentés par 2 poupées en bois assises sur 2 petits tabourets en bois unis par une corde. Le garçon est décoré d'un collier de Changó (certains disent d'Ochún) et la fille de celui de Yemayá.

Leurs attributs sont 2 acherés (hochets), des güiras (calebasses) décorées avec des croix ou des paires d'éclairs sur fond blanc, 2 petits tambours, des jeux de clochettes en nombre pair et 2 demi-poignées d'escargots.

On leur sacrifie par immolation des poules et des colombes. Les offrandes (addimú) qui leur sont faites tout type de fruits (mamey de Saint-Domingue, capotille, goyave, atte ou pomme cannelle, corosol ou anone, orange, mangue, ananas, banane, mamoncillo), des gourmandises, du riz jaune, du maïs soufflé et de l'huile de palme. Leur nourriture préférée est du poulet avec du riz.

Les plantes (ewes) associées aux Ibeyis sont l'Anón (Annona squamosa), le Canistel (Pouteria campechiana), le Chirimoya (Annona Cherimolia), le Guanábana (Annona muricata), le Guayaba (Psidium guajaba), l'Hicaco, le Maíz, le Mamey de Santo Domingo (Mammea americana), le Mamoncillo (Melicocca bijuga), le Mango (Mangifera indica), le Naranja (Citrus sinensis), le Pega-pega, le Piña (Ananas comosus), le Platanillo (Canna coccinea), le Rabo de gato, le Rompesaragüey (Vernonia methaefolia), le Sagú, la Tomate, le Zapote (Achras sapote) et le Zarzaparrilla (Smilax medica).

Leur réceptacle est une paire de petites jarres (apotó), l'une décorée en blanc et rouge, l'autre en blanc et bleu. Chacune contient 4 petites pierres et 4 coquillages de bord de mer. Les pierres du garçon sont allongées (en forme de pénis) et celles de la fille rondes (en forme de vulve). Ils ne prennent pas possessions des fidèles.

On les salue avec la formule suivante : ¡Beyi oro alakuá oyé oyé mojojó! ("ce sont des enfants mais possèdent un grand savoir et une profonde sagesse).

Leurs chiffres sont le 2 et ses multiples. Leur jour est le dimanche. Leur jour saint est le 27 septembre.

Les toques.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie le toque (rythme) appelé Kele Kele Ya ou kere kere yan (kéré kéré yan en langue locale) :

Syncrétisme.

Les Ibeyis sont associés à San Cosme et San Damián (pour Taewó et Kainde), Santa Serpa et Porfiria, Santa Justa et Santa Fufina (pour Olorí et Oroiña) ou Crispín et Crispina (pour Talabí et Salako).

Références.

3.1.16.16. Idowú.

Présentation générale.

Idowú, Idowo Ideú, Ideu, Iddeú, Idoú, Adeú, Addeú ou Eideau est un Orisha dont le nom signifie "l'enfant né après des jumeaux. On dit que sa naissance permet de calmer l'énergie générée dans le foyer par les jumeaux. Il est considéré comme un des Ibeyis.

Avec Ibú Ayé et Logún Edé, il est le gardien des richesses d'Ochún. Il représente ainsi la prospérité et la stabilité économique et matérielle. Il symbolise également l'équilibre émotionnel et sentimental.

Il fut élevé comme une fille et est donc considéré comme un homme androgyne. Ses "fils" sont sensibles, aimants et créatifs.

Son histoire.

Idowú est le 3ème fils d'Ochún après les Ibeyis. On dit que c'est son enfant préféré. D'autres indiquent que sa mère est Yemayá. Pour certains, son père est Orunmilá et pour d'autres, Chango.

Patakí (histoire) sur Idowú.

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Ochún était une mère célibataire avec 2 enfants, les Ibeyis. Pour pouvoir les élever dans de bonnes conditions, elle offrait son corps. Quand les autres Orishas le découvrirent, elle fut accusée d'être mauvaise mère. Ils lui retirèrent ses enfants. Triste, elle perdit son argent et son domicile. Seul Orunmilá prenait soin d'elle. Ils eurent ensemble un fils, Idowú. La joie de cette naissance lui donna à nouveau joie, richesses et beauté. Elle ne pouvait plus imaginer sa vie sans lui.

Un jour, Obbatalá, fou de colère, décida que tout enfant masculin devait être tué. Quand Ochún entendit cela, elle déguisa Idowú en fille et l'éleva en tant que tel. Depuis, Idowú développa son côté androgyne.

Autre patakí sur Idowú.

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Dans une histoire qui considère Idowú comme une femme, on raconte qu'elle se serait mariée à Aggayú Solá, roi des rivières, afin qu'il laisse couler les eaux pour son peuple.

Autre patakí sur Idowú.

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On raconte qu'Idowú fut capturé et déplacé vers des terres autres que les siennes. Là, il y devint awó (prêtre yoruba).

Ses attributs.

Son collier (eleke) est composé de perles ambrées ou doré, jaunes (parfois rayées de rouge) et corail. Certains préfèrent utiliser 25 perles miel suivies de 25 perles corail. Ses chiffres sont le 2, le 4 et le 5. Lorsqu'il est porté, il pend jusqu'au niveau du cœur parce qu'on dit qu'il répare les cœurs brisés par Ochún. Ses principaux attributs sont un éventail, du parfum et des papillons.

On lui sacrifie par immolation des jeunes poules, des pigeons et des colombes.

Ses plantes (ewes) sont les mêmes que celles d'Ochún.

Son réceptacle est une petite soupière jaune. Certains disent que l'on place à ses côté une petite poupée vêtue de blanc la première année puis de jaune et d'autres que l'on met une tête de poupée dans le réceptacle. Souvent la poupée est en porcelaine mais elle est parfois en bois. À l'intérieur, on place toutes sortes d'objects en or ou en argent, 5 otás (pierres), 5 pierres de jais, 5 corails, des pierres de couleur et parfois 5, parfois une poignée de cauris. Idowú vit au pied des Ibeyis.

Syncrétisme.

Idowú est associé à l'enfant que Nuestra Señora de la Caridad tient dans les bras.

Références.

3.1.16.17. Igbá Omí.

Présentation générale.

Igbá Omí est le gardien de toutes les rivières. Il a une grande capacité à soigner les problèmes de santé.

Patakí (histoire) sur Igbá Omí.

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Orunmilá avait un fils nommé Igbá Omí Odo, un préféré d'Ochún, qui vivait dans la rivière. Un jour, Orunmilá eut besoin d'eau pour remporter une guerre contre Alesesi (esprit de l'eau). Quand il alla la recueillir à la rivière, il vit Igbá Omí Odo dans l'eau, mort. Horrifié, il rentra chez lui et fit un osogde ou ossode (une consultation). Il vit Oyekun Ika qui lui conseilla de faire un ebbó (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits). Orunmilá le réalisa et demanda à un de ses Iyawó de lui rapporter de l'eau de la rivière et d'extraire la tête d'Igbá Omí Odo du fond des eaux.

L'Iyawó s'exécuta mais ne sortit de la rivière qu'une otá (pierre). Orunmilá la plaça dans l'igba (soupière ou réceptacle qui contient le fondement ou support matériel des Orishas, ainsi que leurs attributs et outils) en souvenir de son fils.

Ses attributs.

Soit Igbá Omí vit dans le réceptacle de la divinité protectrice du santero, soit dans un pot en terre. Seuls les Iworos ou les initiés peuvent le posséder.

Références.

3.1.16.18. Ikokó.

Présentation générale.

C'est l'Orisha de toutes les plantes aquatiques.

Références.

3.1.16.19. Korikoto.

Présentation générale.

Korikoto, Korinkoto, Koricoto ou Corinkoto est un Orisha féminin associé à la natalité, déesse de la fertilité. Elle symbolise la procréation et les enfants qui naissent prédestinés. Elle protège tout ce qui est en gestation des énergies négatives générées par la haine ou la jalousie. Elle est parfois représentée par un éventail.

Son nom vient des mots yorubas "kori" (déesse de l'accouchement) et de "konkoto" (jouets pour enfants). Son culte est peu pratiqué à Cuba. Elle est la sœur d'Orisha Oko.

Ses attributs.

Son collier (eleke) est composé de morceaux de noix de palme, de noix de coco et de noix de kola. Ses attributs sont une otá (pierre), une massue en fer avec 7 pointes et un corne de taureau et une poignée d'escargots. On lui sacrifie par immolation un pollón blanc.

Références.

3.1.16.20. Maaselobi.

Présentation générale.

Changó n'a en général pas de mère, hormis dans l'histoire qui compte que Yemayá a donné naissance aux 16 Orishas principaux. Changó est souvent considéré comme directement né d'Olorun. Maaselobi, Maselobi ou Maselogbi est l'étincelle qui a déclenché la naissance de Changó.

Ses attributs.

Son collier (eleke) est un mélange entre Yemayá et Changó. Son réceptacle est similaire à la soupière de Yemayá.

Références.

3.1.16.21. Obí.

Présentation générale.

Obí a une place spéciale parmi les divinités yorubas. C'est une divinité déchue qui à cause de son comportement a été transformée en noix de coco par Olofin. Elle sert maintenant à la divination.

Patakí (histoire) sur Obí.

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De toutes les créations d'Obbatalá, Obí était la plus parfaite et pure. Face à la pauvreté, il n'hésitait pas à se donner sa richesse aux nécessiteux. Ami des mendiants et vagabonds, dépourvu de vanité et de malveillance, sa voix calmait le désespoir. Doté d'un corps incomparable, il était d'une grande beauté. Favori d'Olofin, il reçut la vie éternelle et devient un Orisha. D'une blancheur et pureté éclatante, même les Orishas admirent qu'il n'y avait pas plus radieux et beau que lui.

Bien qu'élevé à un rang supérieur pour son humilité, son ego grossit au long des siècles jusqu'à se persuader qu'il était le plus beau et important. Elegguá, qui sait tout, perçut la noirceur ronger le cœur d'Obí. Il tenta de prévenir Obbatalá, aveugle devant sa création parfaite, et Olofin, capté par la blancheur d'Obí.

Un jour, Olofin organisa une fête pour tous les Orishas dans son somptueux palais. Obí se prépara pendant des semaines pour être le plus beau. Il était tellement brillant que l'on pouvait croire qu'il était source de toute lumière. Se dirigeant vers les portes du palais, il croisa un groupe de mendiants sales, habillés de guenilles, faisant la manche. Lorsqu'ils s'approchèrent d'Obí, celui-ci eut un mouvement de recul. Finis les jours dédiés aux autres, il était maintenant un Orisha à respecter. Sourd aux demandes de ces miséreux, il s'énerva quand l'un d'entre eux toucha et salit ses vêtements. Effrayés, les vagabonds s'enfuirent.

Olofin entendit les cris. Il vit tristement la scène et se rappela des avertissements d'Elegguá. Ce soir-là, Olofin ne parla plus à Obí.

Les jours suivants, Obí décida d'organiser une fête encore plus grandiose que celle d'Olofin, pour montrer qu'il était le plus grand de ses fils. Il tria ses invités pour ne s'entourer que des esprits les plus importants. Vagabonds et mendiants étaient interdits devant sa porte. Il prépara sa maison pendant des semaines pour la rendre parfaitement propre, pure et élégante. Le soir des festivités, peu d'invités se présentèrent. Leur présence relevait plus de la curiosité que de la sincérité. Heures après heures, la colère d'Obí grandissait, devenant désagréable pour ses invités. Tard dans la nuit, quelqu'un frappa à la porte. Découvrant un mendiant mal habillé, il devient fou et lui claqua la porte au nez. Elegguá lui demande s'il avait perdu la tête et lui indiqua qu'il ne pouvait traiter son père de sale animal. Avant qu'il ne puisse répondre, on frappa de nouveau à la porte. Elegguá ouvrit et Obí découvrit que le miséreux était Olofin qui s'était transformé.

Obí se jeta aux pieds d'Olofin pour lui demander pardon mais il sentit qu'il perdait sa langue qui tomba par terre. Sa colère se transforma en peur. Olofin dit alors : "Mon fils, toi qui avait le cœur si pur, tu es devenu le diable. Tu as perdu tes vertus et ton humilité. Pour tes crimes, je t'ai retiré la parole et tu devras communiquer autrement. À partir de maintenant, en guise de salut et de rédemption, tu devras la vérité à toutes les personnes qui t'interrogeront, avec humilité, quelque soit leurs impuretés ou leurs vices. Avant chaque mot, tu devras te jeter au sol pour me montrer ton respect. Tu seras au service de tous les Orishas pour qu'ils puissent aider leurs "fils" sur Terre. Tu étais beau à l'extérieur mais mauvais à l'intérieur donc tu seras recouvert d'une épaisse croûte à l'image de la noirceur de ton cœur. Ta beauté et ta blancheur, cachée à l'intérieur, ne sera visible que lorsque tu serviras les autres". Ainsi, la bonté et la beauté d'Obí l'élevèrent au rang d'Orisha, à la vie éternelle, mais son ego le plongea dans une vie de servitude sous la forme d'une noix de coco.

Après sa disgrâce, Obí fut placé sous la surveillance d'Obbatalá, patron des déformés et de la blancheur. Lorsque Obbatalá dut partager l'aché entre tous les Orishas, il disposa des bouts de coco sous un cocotier et expliqua comment ils pouvaient s'en servir pour parler aux humains. C'est ainsi qu'il créa le système de divination appelé obí de Cuba.

3.1.16.22. Ogbón.

Présentation générale.

Ogbón, Ogbon ou Obón est un Orisha dont le culte n'est aujourd'hui presque plus pratiqué. Certains le présentent comme un camino d'Obbatalá (Obbatalá Ogbón) alors que d'autres le considèrent comme une divinité indépendante. Il se charge, en compagnie de son frère Obbatalá Oggán, de l'âme de tous les "fils" d'Obbatalá quand ils décèdent. En terres Ararás, il est appelé Agasawé.

Son histoire.

Ogbón est le frère d'Ogboni et d'Oggán avec qui il forme une trilogie gardienne d'Obbatalá et des secrets mystiques.

Ses attributs.

Ses attributs sont une perles avec une pierre (otá), 3 flèches et des escargots. Parmi ses outils, on trouve un minuscule coffret en métal qui renferme un scarabée doré (il est dit que c'est un secret d'Obbatalá qui vient d'égypte) et une poignée de tout petits escargots. Ce petit coffre va toujours aux côtés d'Obbatalá. On le retire quand son possesseur décède.

On lui sacrifie par immolation des colombes blanches. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont des œufs mollets. Elles sont réalisées le 1er jour de l'année.

Pour certains, son réceptacle est une jarre blanche et pour d'autres une soupière blanche reconvertes de coton.

Références.

3.1.16.23. Ogboni.

Présentation générale.

Ogboni, Ogbóni, Edan ou Edan Ogboni est un Orisha dont le culte n'est aujourd'hui presque plus pratiqué. Certains le présentent comme un camino d'Obbatalá (Obbatalá Ogboni) alors que d'autres le considèrent comme une divinité indépendante. Il représente l'unité et les échanges sociaux. On fait appel à lui pour obtenir justice contre quelqu'un qui nous a trahi.

En Afrique, Ogboni désigne une puissante société masculine dont les pratiques sont secrètes bien que les membres soient facilement reconnaissables grâce à un signe distinctif, l'edan. Elle a droit de regard sur les affaires religieuses, judiciaires et politiques de la cité. Elle est dévouée à l'Orisha nommé Edan qui apporte longue vie, santé, prospérité et victoire. À Cuba, Ogboni et Edan sont des termes utilisés pour désigner la divinité.

Son histoire.

Ogboni est le frère d'Ogbón et d'Oggán avec qui il forme une trilogie gardienne d'Obbatalá et des secrets mystiques.

Patakí (histoire) sur Ogboni.

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Une ancienne légende raconte que lors de la création de l'univers, Iyami, la mère ancestrale donna naissance à 16 fils. Les 2 premiers, Ogbo et Oni, commencèrent à se disputer, entraînant le chaos et le désordre universel. Voyant que ses enfants provoquaient la destruction, Iyami les prit à part et leur imposa un pacte de fratrie. Ils jurèrent devant l'amulette sacrée qu'ils n'entreraient plus en conflit. L'Orisha Ogboni (Ogbo-Oni) vit le jour.

Cette divinité de grande importance en Afrique a donné naissance à une société secrète du même nom. Elle est très crainte et respectée par tous ceux qui la connaissent.

Ses attributs.

Ses attributs sont une perle avec une pierre (otá) et 3 flèches.

On lui sacrifie par immolation des colombes blanches. On lui offre le second jeudi de juin.

Pour certains, son réceptacle est une jarre blanche et pour d'autres une soupière blanche reconvertes de coton.

Références.

3.1.16.24. Oggán.

Présentation générale.

Certains présentent Oggán, Ogán ou Ogan comme un camino d'Obbatalá alors que d'autres le considèrent comme une divinité indépendante. Ce jeune guerrier est le gardien et secrétaire d'Oduduwa et d'Obbatalá Ayágguna. Il garde le cœur sacré d'Obbatalá. Pour cela, on fait appel à Ogan pour des problèmes de cœur. Il est le maître de la guataca (serpette ou soc de charrue souvent transformé en cloche). Il vit dans la ville d'Odduaremú ou Aderemo bien qu'il soit originaire d'Ibadán. On le nomme aussi Leshé ou Ladekué. Les Ararás l'appellent Tonuno ou Tonune.

Il parle faiblement malgré qu'il soit commerçant. Il représente la jalousie, l'avarice et l'égoïsme. On l'invoque lorsque l'on a des problèmes car il représente la justice.

Son histoire.

Il forme avec Ogbón et Ogboni une trilogie gardienne d'Obbatalá.

Ses attributs.

Pour certains, son eleke (collier) est constitué de perles rouges et blanches parmi lesquelles sont intercalées des perles vertes, fortement semblable à celui d'Ayágguna. Pour d'autres, il est fait de perles blanches avec 16 corojos (plante aussi appelée ivoire végétal) ou graines de mamoncillo chino (fruit) bien que ses véritables graines soient les iwuin vegetal.

Ses attributs sont une carapace, une flèche, un acofá, un tin tin et un majá (serpent). Ils sont recouvert de coton. Oggán n'a qu'une otá de pico (pierre taillée).

On lui sacrifie par immolation les mêmes animaux qu'Obbatalá. Il se nourrit également de lapins, d'akukó fun fún (coqs blancs), d'igname pilé, d'obí (noix de coco sèche), d'ekó (tamal de maïs) haché, de rosetas de maíz (pop-corn) et de 8, 16 ou 24 œufs enrobés d'orí (beure de cacaco) et accompagnés d'orí et d'efún (poudre de coquille d'œuf et de chaux). Cette nourriture se placent sur le toit de la maison. On lui offre de nombreux foulards, beaucoup d'efún, une petite tige en argent, 7 atarés (poivre de Guinée) que ses "fils" utilisent en cas de guerre, 16 limaces, 2 excréments de bovins (moñingas), 2 poignées d'escargots, 2 eyelés (colombes) en argent et un anneau que l'on met au naseau des animaux tels que le taureau. Hors de son réceptacle, on lui place une échelle en argent composée de 16 marches. 2 poignées d'escargots sont cousues sur cette dernière.

Il se lave avec de l'eau de noix coco verte en compagnie d'Obbatalá dont il est le gardien. Quand il se nettoie, son réceptacle est couvert d'achó fun fún (tissu blanc). Il vit aux pieds d'Obbatalá et à côté du réceptacle de ce dernier.

Son ossain (poupé qui contient l'Orisha) est une figurine en bois venant de la forêt. Il est en forme de tête de mort mais avec 4 œils et porte une faux dans la main car elle réduit la mort à l'esclavage et lui prit sa faux que l'on place dans son réceptacle.

Références.

  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores

3.1.16.25. Oggué.

Présentation générale.

Oggué est le dieu des animaux cornus et des troupeaux. Son culte viendrait, sans totale certitude, d'Ibadán. Son nom vient du mot yoruba "Ògué" qui signifie corne. Il est le troisième d'une trilogie formée avec Oke et Orisha Oko qui régie les mouvements de la Terre. Il est accompagné de Changó. Ils sont représentés par une paire de cornes de bœuf ou de jeune taureau peintes avec des rayures rouges et banches.

Ses attributs.

Ses couleurs sont celles de Changó. Oggué se nourrit de colombes, d'animaux quadrupède. On lui dédit les mêmes addimús (offrandes) que pour Changó. Sa plante (ewe) est l'Albahaca mondonguera. Certains lui attribuent aussi toutes les plantes de Changó.

Oggué vit dans le réceptacle de Changó ou parfois à ses côtés dans une sauteuse peinte de rouge et de blanc. On place dans ce récipient une corne, des otás (pierres), des escargots et d'autres attributs.

Durant les cérémonies, il ne s'invoque pas et ne prend pas possession de ses "fils". On ne lui connaît ni syncrétisme, ni patakí (histoire).

Les toques.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie un toque (d'un seul rythme simple) :

Références.

  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores
  • CubaYoruba

3.1.16.26. Oké.

Présentation générale.

Oké, Oke, Oqué, Obalóke, Obaloke, Obbaloke, Ibanloke ou Imbaloke représente les terres, les montagnes et les hauteurs ou élévations de terre. Il symbolise la dureté de la Terre. Avec Oggué et Orisha Oko, il forme une trilogie qui régie les mouvements de la Terre.

Il est une force et un gardien de tous les santos. Il rappelle la perfection de l'état primordial de l'Homme, quand il nacquit d'Oloddumare. Il symbolise également la longévité et l'immortalité.

Quand un santo l'utilise pour un travail religieux, Oké est l'expression des mystères d'Olofin. C'est avec son otá (pierre) que sont broyées les hierbas del machuquillo et tout type d'afoché (poudre magique).

Le nom d'Oké vient du mot Yoruba "òké" qui signifie hauteur, élévation ou grandeur. Il n'a pas de camino. Son culte vient des terres Abeokuta et Ibadán.

Son histoire.

Oké est le frère d'Ochosi et d'Inle.

Patakí (histoire) sur Oké.

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Au début, Olokun régnait seul sur le monde. Olofin s'ennuyait (pour beaucoup, la vie et les problèmes des Hommes ne sont rien de plus qu'un jeu qui distrait cette divinité). Oroiña, grâce à la force que lui donna Olokun, fit surgir la première terre du fond des mers. Oké était alors né. Puis, Oloddumare réunit tous les autres Orishas sur Oké pour leur attribuer à chacun un domaine de compétence. Sans Oké, il n'aurait rien pu faire. C'est pour cela qu'il faut toujours s'en souvenir en lui faisant un ebbó (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits). Que se passerait-il si Oké retournait au fond des océans, laissant Olokun seul ?

Ses attributs.

Oké n'a pas d'attributs particulier. On lui offre et sacrifie les mêmes choses qu'à Obbatalá car ils sont inséparables, dont des chèvres et des boucs, des poules et des coqs, des pigeons blancs et des pintades. Ces offrandes sont réalisées au pied d'une colline ou d'une montagne et dans des cas exceptionnels au sommet d'une montagne. Son tabou est l'huile de palme. Son numéro est le 16.

Les plantes (ewes) associées à Oké sont : Alacrancillo, Bejuco guaro et Candelilla (Tragia gracilis).

Le réceptacle d'Oké est une poêle à frire plate dans laquelle on place son unique otá (pierre), une china pelona, de forme ronde et plate et de couleur blanche, noire ou caramel. Il vit sur le sol, devant le canastillero (meuble ou vitrine adaptée pour garder les réceptacles des Orishas et d'autres objets symboliques), bien que dans certaines maisons cubaines, il est incorrectement placé aux côtés voire même à l'intérieur du réceptacle d'Obbatalá et enrobé de coton.

Oké est un Orisha de fondamento qui ne s'invoque pas mais intervient dans toutes les cérémonies d'Osha. Actuellement, son culte est peu pratiqué. Cependant, durant la période coloniale, il était adoré dans les palenques par les esclaves marrons, notamment par ceux d'origine Abeokuta et Ibadán. Dans ces régions, on le vénérait sur une calebasse peinte en blanc au sol. Les sacrifices étaient réalisés sur son orifice.

Oké n'a pas de formule de salue particulière. On utilise seulement : ¡Maferefún Oké!.

Les toques.

Durant l'oru seco, on lui dédie un toque d'un seul rythme interrompu par une brève conversación :

Syncrétisme.

Oké est associé à Santiago Apóstol (patron d'Espagne, 25 juillet), San Roberto, Santa Marta et San Roque.

Références.

3.1.16.27. Olona.

Présentation générale.

C'est l'Orisha des lacs.

Références.

3.1.16.28. Olosá.

Présentation générale.

C'est l'Orisha des lagunes. Elle vit sur le lit des lacs. Elle est bienfaitrice et généreuse avec les pêcheurs en les aidant à réussir des prises abondantes. Elle les protège contre les accidents liés aux crocodiles. Il est dit que c'est une sœur et une épouse d'Olokun.

Ses messagers sont les crocodiles. Les offrandes qui lui sont faites doivent être laissées au bord des lacs ou dans les marécages. Si les crocodiles consomment les offrandes, c'est qu'Olosá est d'accord.

Ses attributs.

Son collier est fait de perles bleues foncé et vertes. Elle porte aussi de l'opale et du corail. On lui sacrifie des béliers, des moutons, des brebis, des canards, des coqs, des poules, des pigeons ou des pintades. Ses chiffres sont le 7 et le 9. Elle n'a pas de camino. Aucun patakí (histoire) ne lui est connu.

Références.

3.1.16.29. Olosi.

Présentation générale.

Olosi, Olósí, Olusi, Alosi ou Alosiná est un Orisha mineur, père d'Abita, associé ou lié au Diable bien que celui-ci n'existe pas dans la cosmogonie yoruba. Cette divinité a été créée à Cuba, permettant de représenter le Diable chrétien. Il jeta l'avidité, la tentation, le douleur et la souffrance sur le monde. Souvent, Olosi et Abita désignent la même divinité.

Patakí (histoire) sur Olosi.

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Babalú Ayé était un homme juste, bon, simple et humble bien que très puissant. Il vivait tranquillement jusqu'au jour où Olosi dit à Olofin qu'il n'existait pas d'homme juste sur Terre. Celui-ci indiqua que malgré la corruption qui touchait l'humanité, il existait un homme parfaitement juste nommé Babalú Ayé. Alosi répondit que s'il perdait ses richesses, la chance ou la santé, il maudirait Olofin comme tout le monde.

Olosi commença par faire perdre sa maison et ses richesses à Babalú Ayé. Il ne se plaignit pas. Olofin démontra qu'il avait raison. Pour Olosi, cela ne suffisait pas. S'il perdait la santé, il ne sera pas aussi fidèle. Il lui lança la lèpre. Babalú Ayé, malade, rejeté par tous, ne jura pourtant pas. Olofin considéra que la démonstration était terminée et rendit à Babalú Ayé son état initial et multiplia ses richesses.

Autre patakí.

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Un petit village vivait heureux jusqu'à ce qu'Olosi s'y rende. Il répandit les problèmes, les conflits et la souffrance (famine, chômage, maladie...). Obbatalá qui passait par là reconnut l'action d'Olosi. Il se rendit dans une maison où vivait des jumeaux. Il convainquit ses parents de résoudre cette situation grâce à leurs enfants.

Obbatalá rendit visite à Olosi pour comprendre la raison de son acharnement. Celui-ci répondit simplement qu'il s'amusait. Obbatalá lui lança un défi : il reviendrait avec un enfant qui jourait du tambour pendant qu'Olosi danserait. Si le musicien tombait de fatigue avant lui, il pourrait faire ce qu'il voudrait du village. Sinon, il devait partir. Olosi accepta, plein de confiance.

Il commencèrent le duel. Lorsque le premier enfant sentait les premiers signes de fatigue, Obbatalá le fit remplacer pendant une des pirouettes d'Olosi. Ce dernier, épuisé, abandonna et le village retrouva son bon fonctionnement.

Autre patakí.

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Lorsque qu'Oloddumare termina la création de la planète, il conçut Olosi, un être ayant autant de pouvoir que lui, pour remédier à sa propre solitude. Olosi fut envoyé sur Terre où il devint arrogant et avide et se proclama maître de la planète. Oloddumare ne put détruire ou supprimer les pouvoirs d'Olosi donc il créa toute une série de divinités, les Orishas, contre Olosi. Ainsi, le monde est en équilibre entre le bien et le mal.

Références.

3.1.16.30. Oranmiyán.

Présentation générale.

Oranmiyán ou Oranyan représente la terre ferme et le fondement. Ceraints disent qu'il est la force qui permet de maintenir la Terre en gravitation dans l'espace. En tant que fondateur de la ville d'Oyo Ile, il a une grande importance en Afrique. Son culte provenant d'Ifé fut populaire à Cuba au 19ème siècle puis perdit de sa vigueur. Aujourd'hui, peu de personnes le connaissent en profondeur. Plusieurs olorishas prétendent qu'Aganjú et Oranmiyán sont la même divinité.

Son histoire.

La légende africaine raconte qu'il est demi-fils d'Oduduwa et demi-fils d'Oggún. En effet, Oggún envahit un hameau et enleva une demoiselle qui devint sa femme. Quand Oduduwa, père d'Oggún, vit la jeune fille, il s'éprit pour elle et la posséda à son tour. Oranmiyán, produit de ces relations confuses, vit le jour 9 mois plus tard, mi-blanc (comme Oduduwa), mi-noir (comme Oggún).

À Cuba, Oranmiyán est plus fréquemment considéré comme fils d'Oduduwa.

Patakí (histoire) sur Oranmiyán.

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Quand il se présenta pour la distribution de l'ashé (sorte de force, de domaine de pouvoir, qui permet d'influencer ce qui va se passer), Oranmiyán, le plus jeune, reçut une bourse contenant une substance obscure, 21 barres de fer, une cigogne, un escargot et une noix de palme. Il retourna dans les profondeurs de la mer et laissa à l'aide de l'escargot un petit monticule de la terre présente dans le sac. Il y percha a cigogne au sommet qui creusa et y enterra ses œufs. Le mélange se convertit en terre ferme. Quand des envahisseurs tentèrent de lui prendre son territoire, il créa des lances et des flèches avec les 21 barres de fer. C'est ainsi qu'il obtient le titre de maître de la terre ferme.

Autre version du patakí précédent.

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Au commencement, n'existait que le ciel. Oloddumare créa alors 7 princes couronnés qui se répartirent toutes les richesses. Le plus jeune, Oranmiyán, ne reçut qu'une bourse contenant une substance obscure, 21 barres de fer et une poule. Il répandit cette matière à la surface des eaux. Il vit alors un monticule surgir. La poule s'y percha et commença à gratter la terre, agrandissant la surface et créant les terres. Quand les autres principes virent le monde, ils voulurent s'en emparer. Oranmiyán transforma les 21 barres de fer en lances et flèches et, menaçant les assaillants de mort, il les effraya. Il reçut alors le tire de seigneur et maître de la Terre.

Ses attributs.

Le collier (eleke) d'Oranmiyán est composé de perles roses et opales décorées avec du corail. On lui sacrifie des boucs, de jeunes taureaux, des coqs, des quailles, des pigeons et des pintades. Ses chiffres sont le 7 et le 16.

Syncrétisme.

Oranmiyán n'a pas d'association syncrétique connue.

Références.

  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores
  • CubaYoruba
  • Ecured

3.1.16.31. Orí.

Présentation générale.

Orí (qui signifie littéralement "tête"), Ori, Erí ou Eri est un Orisha personnel, dont l'importance est indiscutable, qui incarne l'esprit et représente le divin qui réside dans la tête de chaque individu. En général, un Orisha veille sur de nombreux "fils" mais Orí est exclusif à chaque personne. Il prend possession de l'individu dès sa naissance et choisit après la mort le destin de chacun devant Orunmilá. Bien que les grandes lignes du destin soient immuables et qu'aucun Orisha ne puisse modifier ce qu'Orí a décidé, des sacrifices par immolation et des consultations régulières d'oracles d'Ocha et d'Ifá aident à l'obtention d'une vie raisonnablement heureuse. On dit que certaines personnes possèdent un Orí si fort ou dont elles s'occupent si bien que la sorcellerie et les mauvais sorts ne les affectent pas.

Certains chercheurs sur la religion yoruba indiquent qu'Orí est aussi la divinité universelle de la maison et est considéré comme "le maître du destin".

Patakí (histoire) sur Orí.

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Orí tenait un commerce de vente d'obí (noix de coco sèche) sur la place publique mais elle rencontrait des difficultés car elle ne pouvait pas se mouvoir et était seule. Un jour, Changó se rendit chez Orí pour acheter des noix et celle-ci lui expliqua sa situation compliquée et demanda de l'aide. Changó resta évasif et s'en alla.

Quelques jours plus tard, Orí demanda de l'aide à Orunmilá qui passait dans son magasin. Le devin lui dit qu'elle devait préparer une cérémonie de rogation avec 16 victuailles, 16 noix de coco et 16 pièces durant 16 jours. Orí respecta la consigne et durant ces 16 jours, son tronc et ses membres se développèrent jusqu'à lui donner un corps complet. Depuis ce jour, Orí considéra Orunmilá comme son père.

Autre patakí sur Orí.

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Il fut un temps pendant lequel Orí (la tête), le tronc et les membres allaient chacun de son côté. Un jour, Orí décida que cela ne pouvait plus durer. Il se rendit dans la maison d'Orunmilá qui lui suggéra de sacrifier un veau sur la place publique. Quand Orí le réalisa, le tronc vint en lui disant qu'il était en train de le chercher et souhaitait qu'ils vivent ensemble. Après qu'ils se soient unis, apparurent les apa (membres supérieurs) qui expliquèrent que cela faisait un moment qu'ils voulaient se rassembler avec eux. Puis les elese melli firent de même. Depuis, la tête, le tronc et les extrémités sont réunis grâce à la décision de la tête.

Ses attributs.

On représente Orí avec soit 47 soit 41 escargots attachés ensemble en forme de couronne (adé). On garde jalousement cet Orisha dans un coffre, qui reçoit le nom d'ilé Orí, dont la taille est la plus grande possible. Le récipient qui contient Orí est couvert par une toile blanche décorée avec des liserés ou bandes dont la couleur est celle de l'Orisha tutélaire de la personne. 9 escargots sont cousus sur sa partie supérieure (qui représentent les 9 maisons d'Orún par lesquelles l'emí, l'esprit, transite quand il abandonne l'arà, le corps), 16 sur sa partie centrale (destinés à Orí) et 16 sur sa partie inférieure (pour Oduduwa Oshanla).

On lui sacrifie par immolation des veaux, des chèvres blanches, 2 poules blanches, 16 cailles et faisans blancs. Quand on vénère Orí, il faut inclure Eledda.

Références.

3.1.16.32. Oroiña.

Présentation générale.

Oroiña ou Oroinya est, pour les Babalawós, une énergie fondamentale. C'est la déesse du feu universel, l'énergie calorifique du centre de la Terre, de la lave des volcans et du magma. Elle symbolise la Terre Mère. Ses pouvoirs ont formé et forment les montagnes et les collines. Accompagnée de son fils Aggayú Solá, elle détruit tout ce qui se trouve sur son chemin.

Des fois, elle représente l'amour et la colère ou le feu purificateur.

Son histoire.

Oroiña est la mère d'Aggayú Solá. Certains disent qu'elle est directement née d'Olorun et d'autres d'Orisha Oko. Des fois, on lui attribue une sœur jumelle, Araina qui représenterait les éléments liquides et gazeux des volcans et du centre de la Terre et Oroiña ne serait alors le symbole que des éléments solides.

Patakí (histoire) sur Oroiña.

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La Terre était une grande masse incandescente. Olofin, ayant tellement chaud, décida d'y envoyer Yemú afin qu'elle éteigne le feu. Après de longs jours de travail, bien qu'elle soit complètement extenuée, elle parvint à faire disparaître toute trace de chaleur de la surface de la Terre.

L'eau s'écoulait partout, des sommets les plus élevés au plaines les plus basses. Les eaux parcouraient des distances si grandes que l'eau douce, arrivée à destination, devenait salée. C'est ainsi que naquirent les rivières et les mers.

Oroiña, la petite flamme qui avait persisté, emprisonnée au centre de la planète, n'était pas disposée à accepter son destion. Elle alla voir Olofin qui lui reprochait son comportement passé. Celui-ci, avec sa bonté et sagesse habituelle lui dit : "tu es en train de payer pour ta faute, mais, pour que personne ne t'oublie, de temps en temps, je te prêterai les collines qui te permettront de faire entendre ta voix et de montrer ta descendance".

Ainsi, quand personne ne s'y attendait, un volcan surgit, rugissant. C'était la voie d'Oroíña et de son fils, Aggayú Solá, dévorant les récoltes et s'imposant en maître des savanes.

Ses attributs.

Dans les cérémonies, elle se reçoit mais elle n'est ni jouée ni dansée. On lui offre de la terre qui vient des sols profonds en symbole de l'accession au cœur de la Terre.

Références.

3.1.16.33. Orugán.

Présentation générale.

Orugán, Orungán ou Orungan est le dieu de la mi-journée. On le considère comme le premier homme consacré par Ifá. Se plaignant de sa mauvaise situation, Elegguá lui enseigna l'usage des ikines (morceaux de noix de coco utilisés pour la divination) pour qu'il puisse l'utiliser et gagner sa vie.

Il est considéré comme étant l'homme idéal, jeune et réfléchi. L'amour qu'on lui porte naît de l'admiration.

Son histoire.

Orugán est le fils d'Aggayú et de Yemayá.

Patakí (histoire) sur Orugán.

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Il est dit qu'Orugán viola sa mère Yemayá. Celle-ci, terrorisée, s'enfuit. Elle courut aussi longtemps que possible. Épuisée, elle finit par tomber par terre. De son corps jaillirent alors d'innombrables rivières ainsi que les Orishas : Olosá, Dadá, Changó, Oggún, Oyá, Ochún, Obba, Oko, Ochosi, Oké, Aje Shalunga, Ochu et Chakpono.

Ses attributs.

Ses attributs sont un cœur doré, un soleil et 2 pierres de volcan. Son collier (eleke) se compose de 7 perles rouges et 7 bleues foncées séparées par une perle dorée.

Références.

  • CubaYoruba
  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores

3.1.16.34. Osará.

Présentation générale.

C'est l'Orisha des chutes d'eau et des cascades.

Références.

3.1.16.35. Oshumare.

Présentation générale.

Oshumare, Oshumaré, Ochumare, Osumaré ou Oxumare est la divinité androgyne de l'arc-en-ciel. Ce phénomène représente l'union du ciel et de la Terre et l'équilibre entre les Orishas et les Hommes. Oshumare symbolise le mouvement, la constance et la richesse.

Son culte vient des terres africaines Yewe. Il fut populaire au 19ème siècle mais perdit de l'ampleur à cause du manque de personnes possédant ses secrets.

Les "fils" d'Oshumare sont ambitieux et souhaitent par tous les moyens la richesse. Ils manquent de générosité et le succés les rend en général arrogants et vulgaires. Ils sont patients et persévérants. Ils sont rarement francs.

Le nom d'Oshumare en langue fon est De Ayido. À Haïti, on l'appelle Dámbala Ayida. Les Ararás l'appellent Daído. Au Brésil, il est syncrétisé avec San Bartolomé (24 août). À Cuba, on le vénère au travers de Yemayá Ochumare.

Son histoire.

Oshumare est le fils de Naná Burukú et le frère d'Irokó et de Babalú Ayé. C'est l'assistant de Changó et la couronne de Yemayá.

Ses attributs.

Oshumare est décrit comme étant un grand serpent qui apparaît dans le ciel, symbolisant une bénédiction pour l'humanité. En effet, on raconte qu'Oshumare aurait aidé à soigner la cécité d'Oloddumare et que depuis, il réside à ses côtés dans le ciel et ne reçoit l'autorisation pour venir sur Terre que s'il promet de revenir le jour même.

Oshumare est vêtu d'un bonnet blanc décoré de cauris (symbole de la paix) et d'une écharpe ornée de cordons et d'escargots. Ses couleurs sont celles d'Oyá. Son collier (eleke) est composé de sections de 7 perles transparentes séparées par 11 perles jaunes et 11 dorées. Certains choisissent plutôt des perles jaunes rayées de noir, des perles vertes et des décorations rouges et bleues.

Oshumare se nourrit de guanajo (dindon) et de canard de Floride. On lui sacrifie des boucs, des béliers, des tortues, des coqs, des pigeons et des pintades.

Les chiffres d'Oshumare sont le 7 et le 12.

Références.

  • Orishas del panteón afrocubano de Natalia Bolívar Aróstegui, publié en 2008 aux éditions Quorum Editores
  • CubaYoruba
  • Eleda

3.1.16.36. Oye.

Présentation générale.

Oye ou Oyé est l'Orisha des vents violents et des tempêtes, notamment de l'harmattan (vent très sec et poussiéreux d'Afrique de l'ouest). Pour les Ararás, il porte le nom de Ojo ou Ojó.

On dit qu'Olorun lui demanda de vivre à la fois au ciel et sur terre. On le considère ainsi comme un un géant, l'un des plus grands Orishas de l'humanité, qui entoure tous les êtres vivants : humains, animaux, plantes...

Oye accompagne de nombreux Orishas comme Oduduwa, Osun, Oyá ou Ossaín. Bien qu'il soit l'Orishas des vents, on pose ses offrandes sur le sol.

Références.

3.1.16.37. Autres Orishas mineurs.

Vu la multiplicité de divinités, certaines ont peu à peu été oubliées. Il ne reste plus que leur nom et peu d'informations les concernant. En voici quelques unes moins connues :

  • Aaja, Aja ou Ajija, esprits des tourbillons. Ce génie a une grande connaissance des herbes. Dans la tradition Yoruba, Ajija était un docteur qui pouvait se transformer en grand lézard. On dit qu'il casse les chevilles des gens et remue la poussière. Ces caractéristiques sont également celles d'Edi, le dragon-diable (un dragon est considéré comme un grand lézard qui, quand il se déplace, remue la poussière). C'est pour cela que certains pensent que ce sont le même Orisha ;
  • Aasa, une des compagnes de Lagbonna ;
  • Abanigbele, esprit du feu, qui anime les flammes ardentes ;
  • Abiye, déesse des enfants et de la grossesse ;
  • Abokun ou Aboku, qui est le secret du feu que crache Changó quand il est soit en guerre, soit en colère ;
  • Abola et Aboqui, gardiens d'Ochosi. Ils sont comme des frères qui ne quittent jamais Ochosi quand il part chasser ;
  • Adán Beye, qui accompagne Abita ;
  • Adán Kolaye, qui accompagne Abita ;
  • Adatan ;
  • Adén, un des Ibeyis ;
  • Adi ;
  • Afefe, déesse du vent, sœur et messager d'Oya. On ne l'invoque pas ;
  • Agbala, gardien des patios intérieurs, plus jeune frère d'Orisha Oko ;
  • Agbata, qui vit à l'embouchure des rivières. Il est étroitement lié à Yemayá et Ochosi ;
  • Agbigbo, serviteur de la mort. On dit qu'il est chargé de transporter les cercueils de ceux qui sont décédés. Un jour, Orunmilá rêva de sa propre mort. Le jour suivant, il alla consulter un oracle qui lui lista les offrandes qu'il devait réaliser. Il rassembla tout le nécessaire et l'apporta sur l'autel d'Eshu. Agbigbo fut envoyé au domicile d'Orunmilá mais en chemin, il rencontra Eshu. Celui-ci demanda ce qu'il fallait lui offrir pour qu'il laisse Orunmilá tranquille. Agbigbo répondit qu'un rat, un oiseau et une salade sauvage suffiraient. Ceci correspondant aux offrandes regroupées par Orunmilá, Agbigbo fut comblé et repartit avec le cercueil sur la tête. Eshu lui jeta un sort et Agbigbo ne put plus poser le cercueil ;
  • Age, qui représente les terres stériles et les déserts dans lesquels aucune plante ne peut pousser ;
  • Agere ;
  • Agidai, Agidaí, Ogidai ou Oguidai, esprit qui accorde l'afudashé (don orale) indispensable à la capacité de prophétie. Il est en charge de la méthode de divination appelée diloggún (par les coquillages) et veille sur les Obá Oriaté ou Obá Italero (ceux qui la pratiquent). Il protège contre les épidémies. Sa couleur est le blanc. Son collier (eleke) ressemble à celui d'Obbatalá mais incluant aussi des sections dédiées à Yemayá, Changó et Ochún. On lui sacrifie des boucs, des coqs, des pigeons et des faisans. Ses chiffres sont le 1, 4, 8 et 16. Il est associé à Saint Barthélemy ;
  • Agoire ou Akoire ;
  • Aguena, syncrétisée avec Santa Filomena ;
  • Agemo ou Agemon, caméléon et dieu de la forêt. Il est le créateur et le protecteur du peuple Ijebu. Il représente la justice, la médecine et la magie. Sa voix est gutturale. On dit qu'il est légèrement vêtu d'habits constitués de nattes ;
  • Aiyelala, d'Okitipupa au Nigéria ;
  • Aja-Oshu, représente Vénus quand elle est près de la lune ;
  • Ajari ;
  • Ajebu ;
  • Akaro, qui symbolise la mort. Il vit dans les profondeurs des océans aux côtés d'Olokun. On le représente avec Somu Gaga par une poupée en fer qui tient un serpent dans une main (Akaro) et un masque dans l'autre (Somu Gaga) ;
  • Akitan ;
  • Akoda, l'un des 2 premiers disciples d'Orunmilá sur Terre ;
  • Akoko, esprit d'un arbre sacré ;
  • Alaromo, qui accompagne Oggún. Il représente le pouvoir de la guerre. Il symbolise l'esprit invincible. Il mange toujours aux côtés d'Oggún. Certains disent qu'ils sont frères ;
  • Alawa Kuario, Alawa Akuario, Alawa Akuariwo ou Alawa Kwario, un des Ibeyis ;
  • Alabba, un des Ibeyis ;
  • Alba ou Aíba, un des Ibeyis ;
  • Alefi, dieu du vent et messager d'Oyá ;
  • Alesesi, eprit de l'eau. Un patakí raconte qu'il est en guerre contre Orunmilá ;
  • Alláguna ;
  • Amunibuwa ;
  • Ananagu, fille d'Olokun et de Yewá mais élevée par Yemayá Asesú. Sa curiosité l'amena à ouvrir le coffre contenant tous les osogbos (conflits) qui se répandirent sur le monde. Elle vit sur le pas de la porte principale et on dit qu'une maison placée sous sa protection sera épargnée par les osogbos. Son réceptacle est similaire à ceux de Yemayá ou d'Olokun. Son collier (eleke) est proche de celui de ce dernier mais les perles alternent par groupes de 10 et non de 7 ;
  • Anansi, l'araignée arnaqueuse, incarnation de la sagesse et de la malice ;
  • Ananu, Nyawe-Ananu ou Nwoyeh-Ananu, fille de Sakpata et sœur et épouse de Zodji. Elle est la divinité de la souffrance provoquée par une maladie ;
  • Apa, esprit d'un arbre ;
  • Ara Unla, parfois considérée comme la mère d'Abita ;
  • Araba ou Arabá, un des Ibeyis, esprit d'un arbre ;
  • Ariwa ou Aríwa, esprit ancestral qui représente le nord ;
  • Aro, déesse qui aide les femmes dont l'enfant est considéré comme mort-né ;
  • Aronimoja, esprit élémentaire de la forêt ;
  • Asao, grand ami et compagnon éternel d'Inle. Il vit 6 mois sur terre et 6 mois sur mer. Son réceptacle est une jarre peinte en vert ;
  • Asewele ;
  • Asheda, l'un des 2 premiers disciples d'Orunmilá sur Terre ;
  • Asorin, esprit d'un arbre ;
  • Awun, un arbre ;
  • Ayaba, un des Ibeyis ;
  • Ayaja, divinité des forêts ;
  • Ayana ou Ayama, fleuve secret d'Afrique qui a été déifié. Il est le guardien des secrets de la vie. Il vit au centre de la Terre, au bord du fleuve de la vie ;
  • Ayarakotó, Ayarakoto ou Ayerekoto, fils de Yemayá dont il transmet les messages vers Orunmilá et Olokun. Il possède 2 réceptacles, des soupières, que l'on enterre l'un dans un endroit humide du patio de la maison et l'autre dans la mer, où vit Yemayá. Parmi les attributs qu'ils contiennent, on peut citer une poupée en bois. On dit que le grondement qui précède l'arrivée d'un tsunami est la voix d'Ayarakotó qui prévient l'humanité ;
  • Ayawó, épouse d'Orunmilá ;
  • Ayita ;
  • Axabó, divinité féminine très peu connues de la famille de Changó. Comme elle est toujours accompagnée d'une lyre, on dit qu'elle est l'Orisha des arts ;
  • Ayra, guerrier lié aux vents et aux éclairs. Pour cela, il est souvent confondu avec Changó, dont il est un frère jumeau, bien qu'il soit distinct. Il ne porte que des vêtements blancs pour marquer sa profonde connection avec Obbatalá ;

  • Baba ;
  • Bañaní, frère de Changó ;
  • Bayani, Bayanni, Baiani, Bayananni, Babayanmi, Bayoni, Dada Bayani, Dada Bayoni ou Dada Bañeñe, sœur de Changó et déese des chapeaux. On la représente par une reine à la coiffure dorée. Elle est la couronne qui fut donnée à Changó par Dadá. Elle a été sacrifiée pour faire de son jeune frère un Orisha plus fort ;
  • Botuto, Boyuto ou Ibojuto, dieu des illusions et de la fatigue. Il est maître de la perception, des mirages, des hallucinations, des visions, de la double vue, des illusions d'optique... Quand il le souhaite, il peut créer la confusion mentale et la désorientation. Il peut aussi offrir une vision nocturne très développée, la vision psychique et la clairvoyance. Il soigne de toute maladie liée à la vision : cataracte, glaucome, cécité... Il est patron des opticiens et des scientifiques qui travaillent sur la vue. Il accompagne Erinlé. On le représente comme un pêcheur, son attribut est une canne à pêche. Quand une personne meurt, elle commence par voir Botuto avant Ikú. On raconte que Botuto est responsable du fait qu'Ololordí se manifeste en double. Cette jeune guerrière aimait se battre avec le fer et la machette. Se croyant invincible, elle défia Oroiña mais se retrouva en situation de défaite durant le duel. Boyuto créa alors un mirage et Oroiña vit son adversaire en double. Oroiña s'en prit au double et non à Ololordí. Boyuto lui sauva la vie ;
  • Bomá, frère d'Iroko qui vit dans la forêt ;
  • Boñani, frère de Changó ;
  • Brokoso ;
  • Ebi ;
  • Ebore, dieu du ciel, époux d'Eseasar ;
  • Ebu ;
  • Edi, le diable ;
  • Eddún, Eddun, Edun ou Eddeu, un des Ibeyis ;
  • Efe ;
  • Egbeji ;
  • Ela, qui signifie "sagesse". Il est associé à Orunmilá, certains disent qu'ils ont été créés en même temps, d'autres que ce sont 2 noms d'un même Orisha ;
  • Eledda ou Eleda, l'ange-gardien ;
  • Elekeji Eni, esprit double ;
  • Elle Cosun, syncrétisée avec Sainte-Lucie ;
  • Eluku ;
  • Emere, Eméré, Elere ou Imere, esprit élémentaire ;
  • Eride, divinité de la musique jouée avec des instruments à cordes ;
  • Erinmi ;
  • Eyuaro ou Eruadye, marié à Alláguna ;
  • Ese, dieu de la jambe ;
  • Eseasar, déesse de la Terre, épouse d'Ebore ;
  • Esimirin, déesse d'une rivière près d'Ife ;
  • Eyo ;
  • Guusu, esprit qui représente le sud ;
  • Ibako, supposé vivre dans la forêt, enterré au pied d'un arbre Araba ;
  • Ibbó, un des Ibeyis ;
  • Ibu Aje, Ibú Ayé, Ayé, Ayeshuna, Ayé Ochún ou Ochún ayé, camino d'Ochún qui est invoqué indépendamment de cet Orisha. Elle la représente dans sa jeunesse, elle restera enfant toute sa vie. Elle symbolise la sécurité que peut ressentir un enfant et symbolise la richesse, la gaieté et parfois la musique. On dit d'ailleurs qu'elle garde les richesses d'Ochún car quand cette dernière, trop dépensière, n'eut plus un sous, Ibu Aje lui montra comment gérer son argent pour ne plus connaître cette situation. Elle affirme le pouvoir des richesses d'Ochún sur la terre. Sa couleur est celle du miel et de l'onyx. Son attribut est la lyre. Son secret est composé d'une ou 2 pierres (otá madreperica), de 5 escargots cobo, de 5 pièces de monnaie en argent et de nombreux coquillages de mer. On dit qu'elle est fille d'Oggún. On lui sacrifie des poules, des pigeons et des faisans. Ses chiffres sont le 3 et le 5 ;
  • Idobe ou Idogbe, un des Ibeyis ;
  • Ige, Igué ou Iwe, un des Ibeyis ;
  • Igui ou Iwin, esprit d'un arbre, associé à San Lucas ;
  • Igunuko ou Igunnuko, esprit ancestral de l'ancien temps ;
  • Ija ;
  • Ijila ;
  • Iko ;
  • Ila Oorun, esprit qui représente l'est ;
  • Irunle, esprit de tous les ancêtres (Eggún) ;
  • Isedale, dieu de la création et du début de la Terre ;
  • Ita ;
  • Itaguo, un des Ibeyis ;
  • Iwo Oorun, esprit qui représente l'ouest ;
  • Iyabafun ou Iyabafún, qui accompagne Abita ;
  • Iyam-Aje, Iyam-Agba, Iyami-Agbá ou Iyaami, le secret de la création, étincelle ou implusion créatrice ;
  • Jingure ou Jigunre ;
  • Kainde, Kaínde, Kaindé, Kehinde ou Kehindé, un des Ibeyis ;
  • Kekeyewe Kuto ;
  • Kokou, dieu extrêmement violet. Ce guerrier, l'un des plus craints, est souvent enduit d'un mélange de farine de maïs et d'huile de palme ;
  • Kori, divinité protectrice des enfants, patron de la jeunesse et symbole la fertilité ;
  • Korokoto, spiritualité nocturne d'Orisha Oko ;
  • Laberinjo ;
  • Lagbonna ;
  • Lamurudu, père d'Oduduwa. Ce fut un roi de la Mecque, sûrement sous le nom de Nimrod ;
  • Lesato, divinité de l'enfant qui naît après l'enfant idowú ;
  • Loogun ou Konginikoko ;
  • Maraiga, mère d'Orisha Oko. Les couleurs de son collier sont le blanc, le vert et le rose ;
  • Marikoto, père d'Orisha Oko ;
  • Moremi ou Moremi Ajasoro, princesse influente du royaume Yoruba, de la famille d'Oduduwa. On dit qu'après le départ d'Oranmiyán, la cité d'Ife fut régulièrement attaquée par les Igbós. Le peuple d'Ife pensait être assailli par des esprits ou des Orishas négligés et en colère car les Igbós se cachaient le visage avec des masques en bois lors de leurs attaques. Moremi, pour aider son peuple, accepta de se faire enlever par l'ennemi, comme proposé par la déesse de la rivière voisine. Elle devient fille aux mœurs légères et apprit la langue et les coutumes des Igbós. Elle découvrit leur secret, des masques en bois, fragiles contre les flammes. Une nuit, Moremi s'échappa et transmis ses connaissances au peuple Ife. L'attaque suivante, ils se montrèrent courageux et repoussèrent l'opposant par le feu. Pour remercier la déesse ayant élaboré son plan, Moremi dut sacrifier son fils Olurogbo. À sa mort, Moremi fut déifiée comme Orisha ;
  • Oba Molo Chun, jeune sœur d'Obba, qui vit dans la rivière. Elle apporte de la joie dans les maisons et les marriages. Son collier est fait de perles couleur os et de corail ;
  • Obanla, épouse d'Obanta ;
  • Obanta ou Oba-Nta, fils d'Oduduwa et époux d'Obanla, premier awujale (roi de l'empire Ijebu au Nigéria) ;
  • Obacun qui est l'un des gardes de Changó. On le représente par une statue en bois avec un oshé sur la tête. Elle est peinte et habillée de rouge et blanc. Parfois, elle est installée sur un cheval. Obacun a son propre réceptacle qui est placé aux côtés de celui de Changó ;
  • Obaluye ;
  • Obaña, sœur ainée de Changó ;
  • Obata ;
  • Obekukako, fils d'Oggún et frère d'Omotuto ;
  • Obirin Ochosi, un chasseur ;
  • Odduaremu, épouse d'Oduduwa. Certains disent qu'elle est un aspect d'Obbatalá. Elle soigne les moribonds et assiste les femmes durant l'accouchement. Elle est associée à Santa Aña ;
  • Ode ou Odede, puissant sorcier qui vit au cœur de la forêt. Son nom signifie "maître de la chasse", ce qui en fait le maître des oiseaux et animaux (notamment des poissons). Il est patron des sorciers-guérisseurs. Il est décrit comme un homme de grande taille vêtu d'une peau de léopard. Son positionnement dans le panthéon yoruba reste assez ambigü. Pour certains, c'est un camino d'Ochosi. Pour d'autre, c'est son père. Il lui apprit tous les secrets de la chasse et lui construisit un arc et une flèche. Parfois, Odede est le nom religieux donné à Oranmiyán ;
  • Odorosuomi ;
  • Ofere ou Ofe, planète Vénus, vue comme une étoile du matin ;
  • Ogueday, qui accompagne Abita ;
  • Oiro, un arbre ;
  • Oja ;
  • Ojuto ;
  • Okantomi ;
  • Ola ;
  • Olarosa, dieu de la maison, qui est représenté armé d'un bâton ou d'une épée. Il empêche tout sorcier ou esprit malveillant d'entrer dans l'habitation ;
  • Olimerin, Olori-Merin ou Olorí-Mérin, dieu des villes et villages. Il possède 4 têtes et des pieds de chèvre. Son culte a disparu, sûrement à cause du fait qu'il requérait le sacrifice d'un nouveau né tous les 3 mois ;
  • Olodi ou Ololodi ;
  • Ologunede, Ologun Ede, Logun Ede ou Logún Edé, le plus fier de tous les guerriers, le plus audacieux de tous les chasseurs et le plus beau de tous les Orishas. On dit qu'il serait le fils d'Erinlé et d'Ochún. Il est comme son père androgyne. Il porte aussi les noms de Laro ou Larooye ;
  • Olojongbodu, esprit de la femme d'Ikú ;
  • Olokanran, esprit de la prophétie ;
  • Oloko ;
  • Olón, un des Ibeyis ;
  • Olorí, un des Ibeyis ;
  • Olueri ou Oluéri, esprit des rivières ;
  • Olugunede ;
  • Olumo ou Olumu (peut être du nom de la butte qui surplombe la ville d'Abeokuta au Nigéria) ;
  • Oluodan ;
  • Olurogbo, Olorugbo ou Oluorogbo, fils de Moremi ;
  • Oluugbo ;
  • Oluweri ou Oluwori Magboojo, dieu des rivières et des ruisseaux ;
  • Olúworíogbó, eprit qui remplit les têtes dont le nom signifie "le créateur des têtes dans la forêt" ;
  • Omotuto, fils d'Oggún et frère d'Obekukako ;
  • Ona, dieu des chemins fermés et des obstacles ;
  • Ondo ;
  • Onile Osugbo, le propriétaire des maisons. Dans le culte Osugbo, dont il fait parie, "osugbo" ou "ogbonis" est une maison d'ancien ;
  • Ono Nibeyi ou Onó Nibeyi, un des Ibeyis ;
  • Oramife, Oranife ou Oranfe, dieu de la foudre lié à Changó ;
  • Orangun ;
  • Oraún ou Oraú, un des Ibeyis ;
  • Orile, esprit de la nation ;
  • Orisa Beku ;
  • Orisha Ayé ou Orish'Ayé, souvent considérée comme un camino féminin d'Obbatalá mais fortement liée à Ochún. Elle représente la stabilité du mariage et des biens partagés. On la prie pour qu'un mariage dure. Certains disent qu'elle est la première vraie compagne d'Olokun. Son collier (eleke) ressemble à celui d'Obbatalá Orishanlá auquel sont ajoutées des perles de couleur ambre en nombre multiple de 5. Ses attributs sont 5 otás et 5 escargots ayé. Son réceptacle est une soupière jaune et verte placée près de celui d'Ochún. Toutes 2 se nourrissent de la même chose ;
  • Orisha Bi, épouse d'Orugán ;
  • Orisha Idile, dieu de la famille étendue ;
  • Orole, qui accompagne toujours Oyá ;
  • Orunlala ;
  • Osabá ou Asabá, sœur d'Iroko ;
  • Osachin, patron des docteurs, qui est symbolisé par un oiseau de proie perché sur une branche d'arbre ;
  • Osalufon, camino de Obbatalá ;
  • Osawani, qui accompagne Abita ;
  • Osi, représente les cranes des rois déchus regroupés ensembles dans un temple qui leur est dédié. Pratique que l'on trouve dans l'ancien royaume d'Ijebu au Nigéria ;
  • Oso, un sorcier ;
  • Osohusi ;
  • Osu-Ifa ;
  • Otin, Otín ou Otí, servante de Yemayá dont le nom signifie "liqueur" ou "rhum". Un patakí compte qu'elle sauva la vie de cette dernière au cours d'une bataille contre Ochún pour remporter l'amour d'Erinlé. Elle accompagne toujours Ode. On raconte qu'elle a 3 ou 4 seins, anomalie physique qu'il ne faut surtout pas évoquer en sa présence. À cause de cela, elle veille sur les femmes qui sont la cible de moqueries. Certains considèrent que c'est une chasseuse, protectrice des animaux et sœur jumelle et femme d'Ode. On dit qu'elle est une fille d'Erinlé. On la représente par la sculpture d'une femme qui porte une jarre en terre cuite sur la tête. Son collier (eleke) est composé de perles bleues foncées pour moitié et bleues claires pour moitié, séparées par des morceaux de corail. On lui sacrifie des coqs blancs. Son chiffre est le 7 ;
  • Otun, représenté par une cruche d'eau bénite, aussi appelé Orisha Dero ou Orisha Abata ;
  • Pepe ;
  • Peregun, un arbre ;
  • Salako, un des Ibeyis ;
  • Somu Gaga ou Somú Gagá, dont le nom signifie "tétons géants", symbolise la vie. Elle vit dans les profondeurs des océans aux côtés d'Olokun. On la représente avec Akaro par une poupée en fer qui tient un serpent dans une main (Akaro) et un masque dans l'autre (Somu Gaga) ;
  • Sungbo, épouse d'Oloko. Certains l'associent avec Sheba en Éthiopie, une grande femme qui voyagait régulièrement entre le royaume d'Ijebu et les terres de Juda. Elle ne mourut pas mais disparut quand elle atteint un grand âge ;
  • Taewó, Taiwó, Taiwo, Taywó, Taiyewo, Taebo, Tayewo, Taiye, Taye ou Taewan, un des Ibeyis ;
  • Talabí, un des Ibeyis ;
  • Talako, frère jumeau de Talaba, est une enfant naît avec une partie du sac amniotique lui recouvrant la tête ou les yeux ;
  • Tami, oracle et dieu des sols ;
  • Tenta Orun, parfois décrite comme la compagne d'Abita ;
  • Tobia, un des accompagnateurs d'Erinlé. On le représente par un hameçon ;
  • Woroko, esprit élémentaire qui aide les maladies à se répandre ;
  • Yeye Lembo ou Yeye Lamba, déesse des arts culinaires. On dit qu'elle apprit à Ochún à cuisiner et que l'élève dépassa le maître. Yeye Lembo est respectée pour la créativité de ses recettes ;
  • Yomi-Yomi ;
  • Zodji ou Dada Zodji, que certains considèrent fils de Sakpata et frère et époux d'Ananu et d'autres comme étant un camino de Babalú Ayé.
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