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3.1.14. Ossaín.

   

3.1.14.1. Présentation générale.

Ossaín, Osaín, Osain, Ozain, Osayín, Osanyin est un Orisha majeur, maître de la nature (en particulier du monde végétal), de la forêt et de la végétation qui la recouvre. Il connaît donc tous les secrets de la nature (plantes, animaux et minéraux). Son savoir sur les propriétés magiques des herbes fait de lui un grand guérisseur, dieu de la pharmacopée. On le surnomme parfois le "sorcier des Yorubas".

C'est un Orisha devin. On dit qu'Ossaín donne l'ashé (énergie spirituelle) à Orunmilá. Il veille sur les tambours batás. Il représente la partie gauche du corps humain.

Il s'est réfugié dans la forêt où il vit seul. C'est un chasseur solitaire.

Ossaín sauve la vie, donne de la force pour la guerre et éloigne la mort (Ikú) et les osogbos (maux qui peuvent frapper les hommes). Il protège contre les afflictions des oreilles et des yeux et contre la fièvre.

Son nom complet est Ossaín Oguenegui Aguaddo Kuni-Kuni, Ossaín Aguenegui Aguaddo y Kurí Kurí ou Ossaín Agguchuiye mais il porte aussi les noms (caminos) de :

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Tous les caminos d'Ossaín sont associés aux herbes, à la guérison, au secrets des montagnes ou à la sorcellerie. Son culte vient des terres Takua, Yesá et Oyó. En langue fon, on le nomme Aroni. En Haïti, il s'appelle Ossangue ou Loko. Les Ararás lui donnent le nom de Gurunfinda. Dans le Palo aussi. Dans le Kimbisa, on le nomme Sindaula Ndundu Yambata Butan Seke.

Les "fils" d'Ossaín, appelés adajunshes, sont murs et équilibrés. Leur vision de la vie n'est jamais dogmatique ou conventionnelle mais plutôt réaliste et pragmatique. Ils ne laissent jamais leurs émotions interférer avec leur jugement adroit sur les hommes et les événements.

3.1.14.2. Son histoire.

Ossaín est un Igbamole, il est venu au monde par volonté d'Olodumare. On ne lui connaît pas d'épouse. Il a de fortes affinités avec Ochún et Changó, pour qui il est le parrain. C'est un grand ami d'Oggún et d'Ochosi qui comme lui aiment les bois.

Patakí (histoire) sur Ossaín.

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Oyá, qui connaissait l'existence de la calebasse (güiro) magique d'Ossaín qui permet de prédire le futur, décida de la dérober avec l'aide de Changó. Celui-ci surveillerait l'entrée de la forêt pendant qu'elle irait commettre le vol. Oyá laissa de l'eau-de-vie de canne à Changó. Il ne put résister à cette boisson et s'enivra jusqu'à s'écrouler sur l'herbe à l'ombre d'Iroko, la forêt sacrée.

Alors qu'Oyá cherchait le güiro, Ossaín se réveilla. En voyant cette superbe femme, il ne put résister et se jeta sur elle. Oyá commença à crier, demandant l'aide de Changó. En entendant la voix de sa femme, il se mit à lancer des éclairs sur Ossaín. L'un d'eux frappa ce dernier au bras. Ossaín se mit à courir vers la hutte dans laquelle il gardait ses outils de labour mais Changó l'atteignit d'un nouvel éclair à la jambe.

Oggún, qui venait rendre visite à son ami Ossaín, vit la scène. Il construisit un paratonnerre pour se protéger des éclairs de Changó et pour venir en aide au pauvre Ossaín qui, assaillit par la colère de Changó, venait d'être touché à l'œil.

Depuis, caché dans la nature, Ossaín continue à cacher son güiro magique. Il est devenu inséparable d'Oggún, tous deux vivant dans la forêt. En parfaite harmonie, ils dominent les merveilleuses propriétés des herbes, des arbres, des bâtons (palos) et de tout ce qui est vert et provient de la terre.

Autre patakí sur Ossaín.

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Un jour, Ossaín déclara la guerre à Orunmilá et commença à lui lancer des sorts. Ne sachant qui lui jetait ces maléfices, ce dernier alla consulter Changó qui lui enseigna un enchantement préparé avec 12 bouts de coton et 12 pierres de tonnerre (piedra de rayo). Quand il le réalisa, enflammant le coton, un puissant éclair s'abattit sur les bois où vivait Ossaín qui fut encerclé entre 2 feux. Ossaín réussit à s'en échapper mais perdit un bras, une jambe et un œil.

Autre version du patakí précédent.

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Ossaín, qui vivait dans les montagnes, était en guerre avec Orunmilá. Il lançait des sorts contre Orunmilá. Ce dernier raconta à Elegguá la situation. Orunmilá consulta l'oracle qui lui indiqua d'effectuer un ebbós (actes d'offrande, de sacrifice ou de purification) avec un coq, une pipe, de la poudre et des allumettes. Elegguá reçut la mission de l'apporter là où vivait Ossaín. Elegguá se rendit dans la forêt en fumant mais comme la pipe était remplie de poudre, la forêt commença à prendre feu. C'est ainsi que la main, la jambe et le bras d'Ossaín brulèrent. Entouré par les flemmes, il partit en courant et se rendit auprès d'Orunmilá pour qu'il le soigne. Ainsi, Ossaín perdit la bataille.

3.1.14.3. Ses attributs.

On représente Ossaín avec un seul œil, une seule jambe, un seul bras, une oreille plus petite que l'autre (c'est avec la plus grande qu'il écoute). On dit qu'il aime beaucoup fumer et qu'il a la déconcertante habitude de se manifester auprès des couche-tard pour leur demander du feu.

Sa couleur est le vert. Son collier (eleke) se compose de perles de différents tons de vert.

On lui sacrifie par immolation des chèvres, des tortues (jicotea), des coqs et des oiseaux. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont des jicoteas rellenas (chair de tortue mixée avec des tomates, du persil, beaucoup de l'ail, de l'oignon, du basilic, de l'origan et du poivre à laquelle on ajoute des œufs et de la mie de pain. Le tout est fumé dans une feuille de banane et servit dans la carapace de l'animal) et du tabac.

Les plantes (ewes) associées à Ossaín sont toutes celles qui viennent de la montagne et tous les bâtons. On peut par exemple citer : helecho, higuera, huevo de gallo, palo blanco ou hierba hedionda.

Le réceptacle d'Ossaín est une calebasse (güiro) suspendue et décorée de 4 plumes, une carapace de tortue (jicotea) et une jarre en terre cuite qui contient 3 pierres venant des montagnes et des cauris. Il vit aux côtés de Changó et se nourrit de tout ce que mange ce dernier.

Ossaín ne prend pas possession des fidèles. Celui qui travaille avec Ossaín est appelé Ossainista. Ce peut être un homme ou une femme si elle a atteint la ménopause. Il doit connaître toutes les propriétés des ewes (plantes), des montagnes et les chants sacrés pour faire l'omiero (mélange d'herbes macérées dans l'eau avec des éléments spécifiques à chaque divinité). Ils doivent rendre régulièrement hommage à Ossaín pour que les plantes utilisées ne perdrent pas leur ashé. C'est une des énergies les plus importantes d'Osha que l'on retrouve dans Yoko Osha (cérémonie d'initiation), les ebbós (actes d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits), la nourriture pour les Orishas, dans la purification des colliers (elekes) et toute cérémonie de consécration car les herbes et les plantes y sont toujours présentes.

On le salue avec la formule suivante : ¡Ashé Ossain, moguayé!

Ses chiffres sont le 7 et ses multiples. Son jour est le vendredi et son jour saint le 17 janvier.

3.1.14.4. Syncrétisme.

On l'associe avec San Silvestre, San Antonio Abad, San José, San Benito ou San Ambrosio. Pour le Kimbisa, on le lie à San Ramón Nonnato.

3.1.14.5. Les toques.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie le toque appelé Kúru-Kúru Be'te (kùrùkúrù bẹ ẹ̀tẹ́ en langue locale) qui contient un rythme et 2 conversaciones :

3.1.14.6. Références.

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