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4.1.6. L'Ibó.

   

4.1.6.1. Quelques données sur l'Ibó.

L'Ibó, Ibo, Ibbó, Ibbo, Igbó, Ivó ou Jbbó est un rythme dont l'origine vient des peuples Igbos du sud-est du Nigéria. En Haïti, les Loas ibós sont invoquées lors des rites funéraires et dans les sociétés secrètes (Bizangos, Zobops, Cochons sans poils). Ils accompagnent les morts en ginen (demeure spirituelle). Ces divinités sont terribles et craintes. On leur sacrifie des porcs peints. Cette nation regroupe les Loas :

  • Ianman-Ibo ;
  • Caplaou ;
  • Legba-Ibo ;
  • Ibolazile ou Ibo Lasil ;
  • Damballah Ossange ;
  • Mai Louise ;
  • Ibó Lélé ;
  • Ibo-Loco ;
  • Ibo Yé Roug.

À Cuba, ces Loas sont proches de Changó du panthéon yoruba. Réputés "chauds" et agressifs, on lie souvent ces Loas à la volonté de se révolter et aux soulèvements contre l'esclavage. Par extension, un "ibó" signifie une situation conflictuelle ou problématique. Il est dit que ce culte est assez indépendant des autres du Vodú car il possède ses propres jours de célébration. Ceci se justifierait par le fait que ses Loas sont solitaires, capricieux et très jaloux et qu'ils n'acceptent pas de partager leurs jours. Par conséquent, durant une cérémonie, on les nourrit à part.

Le Vodú cubain compte les Loas :

  • Ibó (Sancti Spíritu, Camagüey et Holguín), esprit exécrable pour qui l'on sacrifie une paire de volailles (un coq et une poule colorés) ;
  • Ibo-Cai, qui est domestique ;
  • Ibo-Bua, des montagnes ;
  • Ibo-La-Fami, considéré comme un diable. On lui consacre une cérémonie qui est n'oragnisée que tous les 25 ans. On lui sacrifie des animaux à 4 pattes, un verrat ou parfois une grande et vieille chèvre. Toutes ces offrandes, de couleur noire, sont placées dans un trou que l'on creuse aux pieds de l'arbre dans lequel il vit ;
  • Simbá (Camagüey) ;
  • Kangá (Ciego de Ávila).

Ceux qui assistent à ces fêtes portent une chemise rouge avec des croix blanches sur le devant ou le derrière. Ils la touchent tant qu'ils le souhaitent avant d'interpréter la musique.

4.1.6.2. Instrumentation.

À Santiago, l'ensemble Ibó est composé de 3 tambours appelés leguedé, suguo et radá. Certaines sources disent que l'on utilise plutôt des tambours nagós ou à défaut des tambours radás. Ils sont accompagnés d'un trian, triyang, trián ou trillán (soc de charrue plus communément appelé guataca) et d'un cata.

À Camagüey, on rajoute un rythme de tambour supplémentaire nommé peti pa. Dans certains parties de l'Oriente, on utiliserait encore des instruments spécifiques pour l'Ibó, proche du bongo del monte du Changüí.

4.1.6.3. Le rythme.

L'Ibó se joue en 2/2. Son tempo est modéré.

4.1.6.4. Les chants.

En langue yoruba, un "ibó" est un homme de la forêt, ce qui explique que beaucoup des chants parlent de ce thème. Les textes liturgiques sont souvent liés à l'esclavage et à l'histoire des rébellions.

Chant de Rafael 'Manolo el Duque' Cisnero Lescay (Cutumba), transcrit par Daniel Mirabeau :

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Chant de Berta Armiñan, transcrit par Daniel Mirabeau :

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4.1.6.5. Á écouter.

Le disque "Ritmos Cubafricanos" (volume 1) interprété par le Ballet Folklórico Cutumba contient un morceau d'Ibó.

4.1.6.6. Références.

L'Ibó :

  • Del areíto y otros sones de Martha Esquenazi Pérez, édité en 2001 aux éditions Editorial Letras Cubanas
  • Lameca
  • AfriCultures
  • Traditions musicales haïtiennes dans la région orientale de Cuba par Daniel Mirabeau, disponible sur RitmaCuba
  • RitmaCuba
  • Baoasbl
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