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3.1.3. Yemayá.

   

3.1.3.1. Présentation générale.

Yemayá, Yemajá, Yemojá, Yemanjá, Yemowó ou la Sirena est un Orisha majeur, déesse des eaux saumâtres, des mers, des océans et de tout ce qui y vit à l'intérieur. Elle fait partie du groupe des Orishas cabecera avec Obbatalá, Changó et Ochún.

C'est dans le liquide amniotique, dans le ventre de la mère, symbolisé par la mer, que l'embryon se transforme et évolue durant 9 mois comme un poisson avant de se convertir en bébé humain. Ainsi, la mer est la source de la vie et Yemayá, qui en est la maîtresse, se révèle être l'Iyá Omo Aiyé, la mère universelle, mère de tous les "fils" de la Terre, quelque soit l'espèce vivante. Par extension, elle représente la fertilité, la maternité, la grossesse et l'utérus.

Yemayá apporte amour et tendresse envers ses "fils". Il est dit que lorsqu'une personne n'a pas de mère à qui parler, elle peut, soit aller s'asseoir au bord de la mer pour lui raconter ses soucis, soit allumer une bougie bleue pour l'appeler. À l'image de la mer quand on se beigne dedans, Yemayá embrasse et entoure ses "fils". Elle a un côté guerrier qu'elle n'hésite pas à utiliser pour défendre ses "fils".

Yemayá

Yemayá

Il est raconté que Yemayá est aussi ancienne qu'Obbatalá et tellement puissante qu'elle avait une hégémonie totale sur le monde. À cause de son caractère changeant comme la mer, elle perdit tout cela et il lui fut donné la surface des mers qui, par son mouvement et ses ondulations, représente le trait principal de son caractère. Yemayá donc est indomptable et rigoureuse, ses punitions sont sévères et dures quand elle donne une leçon et sa colère est terrible mais toujours juste. Elle est astucieuse et aime chasser, débrousailler et se servir de la machette. Elle est profonde et inconnue comme les mers et les lacs.

Yemayá représente également l'intelligence et le savoir. Elle est une excellent divinatrice. Elle donna à Orunmila les secrets des escargots (diloggún). C'est aussi une grande magicienne. On fait appel à elle pour tout problème lié à l'amour ou à l'argent.

Yemayá est la patronne des marins et des pêcheurs. Il est dit que quand ils partent en mer, elle les surveille. Cependant, quand ils lui manquent de respect, elle engendre d'énormes vagues qui frappent leurs navires et peuvent le renverser. Son domaine inclue un gigantesque cimetière qui est dû au gnand nombre de personnes qui périssent en mer. C'est aussi la patronne des femmes et en particulier de celles qui portent un enfant. Elle est invoquée afin qu'une femme enceinte garantisse la sécurité de l'embryon. Durant l'accouchement, elle set à assurer que l'enfant naisse naturellement dans de bonnes conditions.

Yemayá protège des afflictions mortelles relatives au ventre des personnes et de toutes les maladies ou accidents liés avec l'eau (eau douce, eau salée, pluie ou humidité).

Dans la nature, elle est symbolisée par les vagues de la mer. Sa force destructrice est égale à la puissance des ces dernières. Par conséquent, elle est aussi la maîtresse de la lune car cet astre joue un rôle primordial dans le phénomène des marées. Il est même dit qu'elle naquit en même temps que la lune, comme Obbatalá en même temps que le soleil. Les métaux bleutés comme le nickel lui appartiennent. Les poissons sont ses messagers.

Son nom provient du mot Yoruba "Yemòjá" qui signifie "la mère des poissons" ("Yeyé", mère et "Eyá", poissons). Elle porte aussi les noms (caminos) de :

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Cette déesse provient des terre d'Oyó ou, pour les cubains, de Mina. C'est la reine d'Abeokutá. Yemayá est l'Orisha du fleuve Oggùn qui passe par les terres d'Oyó et provient du territoire de Nupe. Plus exactement, il nait près de l'ancienne ville de Vida, maintenant située autour d'Abeokutá, Ibadán et Shaki. Dans le Palo Mayombe et le Brillumba, elle est appelée Baluanda Bucatoca, Luna Nueva, Siete Sayas, Una Cinta, Sibi Cunanbanza, Madre de Agua, Emboma, Mamá Kalunga, Pungo Kasimba, Mamá Umba, Mbumba Mamba, Inkita Kiamasa, Nkita Kuna Mamba ou Cuatro Vientos.

Les "fils" de Yemayá sont volontaires, forts et rigoureux. Bien que paternels ou maternels, ils peuvent devenir impétueux et arrogants. À l'image de la mer, leur caractère est changeant, du plus calme au plus agité. Ils aiment mettre à l'épreuve leurs amitiés. Il se souviennent et n'oublie jamais les offenses, biens qu'ils puissent les pardonner. Ils peuvent être rancuniers. Ils sont loyaux et justes. Des fois, ils sont un peu formels et sérieux car ils ont un sens inné pour la hiérarchie. Ils ont une grande estime d'eux-même. Ils aiment le luxe et la magnificence. Si ce sont des hommes, ils sont souvent maniérés et efféminés et doivent se méfier de ne pas devenir homosexuels. Elle est considérée comme l'Orisha qui aime et aide le plus ses "fils".

3.1.3.2. Son histoire.

Histoire de Yemayá.

Yemayá est la fille d'Olokun. C'est pour cela qu'elle est liée à la mer. Elle fut l'épouse d'Obbatalá, d'Orunmilá, d'Aggayú, de Babalú Ayé, d'Orisha Oko et, dans un de ses caminos, d'Oggún. C'est la sœur d'Oshún.

Elle est la mère de la plupart des Orishas et elle éleva les autres. Parmi eux, son préféré est Changó. Même si elle n'est pas sa mère charnelle, elle l'aime comme si elle l'était.

Patakí (histoire) sur Yemayá.

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Yemayá était mariée à Orula, grand devin d'Ifé, qui faisait des miracles et avait une grande clientèle. Il était intimement lié aux secrets du diloggún (divination par les escargots) que Yemayá, reine de la mer, des poissons, des escargots et de tout ce qui est lié à la mer, lui avait ensigné. Lui, interprétait à son tour ces secrets au travers des odduns (système divinatoire) et des légendes.

Un jour, Orula dut faire un long et fastidieux voyage afin d'assister à une réunion des Awó (prêtres du culte d'Ifá) convoquée par Olofin. Son absence dura plus longtemps que Yemayá l'avait imaginé et elle se retrouva sans argent. Elle décida alors d'appliquer ses techniques et ses connaissances pour proposer, à son compte, ses talents de devin à tout ceux qui nécessitaient de l'aide.

Quand quelqu'un venait consulter Orula, elle lui disait de ne pas se préoccuper de son absence et lui tirait le diloggún. Comme elle était devin de naissance, ses vaticinations eurent un gran succès et ses ebbós (acte d'offrande, de sacrifice ou de purification se préparant à base de plantes, d'animaux ou de fruits) sauvèrent beaucoup de gens.

Orula, sur le chemin du retour, entendit parler de l'existence d'une femme devin miraculeuse dans son propre village. Curieux, comme tout être humain, il se déguisa et demanda où se trouveait cette femme. Cela le conduisit à sa propre maison. Yemayá, en le découvrant, lui demanda : "Que croyais-tu, que j'allais mourir de faim ?".

Orula, furieux, amena Yemayá devant Olofin, sage d'entre les sages, décida qu'Orula utiliserait l'okpele (petite chaîne utilisée dans le système de divination), les ikines (graines utiliées dans le système de divination) et l'até de Ifá (table de divination) pour ses divinations alors que Yemayá se servirait du diloggún. Olofin avertit Orula que quand il tireraient Yemayá de l'oddun, tous les babalawos devraient lui rendre hommage et toucher le tablero de Ifá avec le front en disant : "ebbo fi eboada".

Autre patakí sur Yemayá.

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Au début, la Terre était entièrement recouverte d'un gigantesque feu et de pierres ardentes qui interdisait toute vie de se développer. Dans le but que le monde existe, Olofin, le tout puissant, transforma la vapeur des flammes en nuages pour qu'il en tombe l'eau qui servirait à éteindre ce grand brasier. Tant d'eau tomba que tous les énormes trous de la roche se remplirent, donnant naissance à Olokun, l'océan, terrible et craint par tous. Cette mer, qui permet à la vie de s'installer (l'escargot en premier, avant l'Homme), est Yemayá. Elle exista donc avant tout autre chose, étendue sur une immense surface. Un jour, elle sentit une forte douleur au ventre duquel, sortirent les rivières, les Orishas et tout ce qui respire et vit sur la Terre.

Autre patakí sur Yemayá.

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Yemayá se reposait au fond de la mer, jouant avec les coquillages et les petits poissons multicolores. Elle se sentait nostalgique de ne pas voir ses "fils" vivant sur Terre, qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps. À ce moment-là, entre le susurre des vagues, elle entendit le tam tam des tambours. Elle décida de se faire une beauté avec des coraux, des perles d'huître et des robes bleues claires et foncés comme l'écume de la mer. Grâce à son véhicule, tiré par des dophins, elle se dirigea vers la surface de la mer pour aller à la fête, sur les bords de mer, qui lui était destinée.

Lorsqu'elle se présenta, grande parmi les grandes, femme d'une extraordinaire beauté, un silence s'installa pour saluer comme il se doit l'Orisha que tous respectaient et aimaient. Cependant, Changó, hautain, qui avait été séparé de sa mère quand il était enfant décida, sans l'avoir reconnue, de rompre cet hommage et l'invita à danser au son des tambours sacrés.

Enivré par la beauté de cette femme, par la boisson et par son succès de danseur, il l'invita et lui fit la cour. Yemayá, offensée, décida de lui donner une leçon. Ses charmes lui permirent d'attirer Changó vers la mer et elle l'invita à rejoindre son ilé (maison). Ce dernier lui confia qu'il ne savait pas nager. Elle rit et lui assura qu'il ne lui arriverait rien. Elle mit son véhicule à l'eau. Changó, extasié, usa pleinement de ses charmes mais Yemayá plongea dans la mer et déclancha des tourbillons et des vagues gigantesques. La houle fut si forte qu'elle renversa le bateau. Changó appela Yemayá avec désespoir. Celle-ci s'éleva parmi les eaux agitées et dit : "Je suis ta mère, respecte-moi". Changó lui demanda pardon et l'un et l'autre se prirent dans leurs bras. Les eaux revinrent à leur niveau normal.

Patakí sur Yemayá et ses sœurs Ochún et Oyá.

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Il y a longtemps, 3 sœurs, Yemayá, Ochún et Oyá, vivaient dans une tribu. Bien que pauvres, elles étaient heureuses. Yemayá, la plus âgée, subvenait aux besoins de ses 2 sœurs en partant pêcher en haute mer pendant plusieurs jours. Durant son absence, Ochún veillait sur Oyá, la plus jeune. En même temps, elle pêchait aussi et ramassait des pierres précieuses qu'elle vendait. L'amour qu'elle se portaient mutuellement était énorme.

Un jour, une tribu ennemie envahit leur village et captura Oyá. Ochún, partie pêcher, était en train de plonger et ne put entendre les cris d'Oyá. De même, Yemayá, qui était au loin, en plein mer, ne se rendit pas compte des appels de sa sœur. Oyá fut donc emmenée, captive.

À son retour, Ochún, découvrant la disparition de sa sœur, sombra dans la mélancolie et commença à perdre goût à la vie. Cependant, une rançon avait été demandée. Ochún commença alors à économiser des pièces de cuivre, jusqu'à ce que la somme soit suffisante pour faire libérer Oyá. Entre temps, le chef de la tribu ennemi, qui tomba amoureux d'Ochún, décida de doubler le prix de la rançon, sachant que les sœurs étaient trop pauvres pour payer. Ochún s'agenouilla, pleura, supplia. Le chef lui demanda sa virginité en échange de la liberté de sa sœur. Par amour pour Oyá, elle accepta.

De retour chez elles, Oyá et Ochún racontèrent tout ce qui s'était passé à Yemayá. Pour qu'Oyá n'oublie jamais le sacrifice de sa sœur, Yemayá orna sa tête et ses bras de pièces de cuivre.

Pendant sa captivité, Olofin, roi du village, avait partagé ses biens terrestres entre les habitants de la tribu : à Yemayá, il avait offert les mers, à Ochún, les rivières, à Oggún, les métaux... Oyá absente, il l'oublia. Ochún implora Olofin afin qu'il inclue sa sœur dans son partage. Ce dernier admit la justesse de sa demande et lui attribua le cimetière, seul bien non-alloué. Depuis, Oyá utilise des instruments en cuivre pour montrer sa reconnaissance envers Ochún et mange au bord de la rivière, propriété de celle-ci.

Autre Patakí.

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Un jour, Olofin organisa une fête dans ara onu. Souhaitant que tous les Orishas y participent, il transmit l'invitation à Elegguá. De maison en maison, ce dernier répandit la nouvelle auprès de chaque Orisha sur la Terre. Chacun d'entre eux le récompensa en bonbons, otí (eau-de-vie) et en poisson fumé.

Les Orishas décidèrent d'apporter un présent à Olofin pour le remercier de l'honneur qu'il leur faisait en les invitant dans son palais. Obbatalá choisit un cadeau bâton blanc fait de perles et d'or, Ochún un parfum... Yemayá, prise de travail au fond des mers et partout dans le monde, n'avait toujours pas décidé d'un cadeau à quelques jours de la fête.

Elegguá revint voir Yemayá et lui demanda quel présent elle avait choisi. Mais celle-ci avait oublié, Elegguá dut lui remémorer l'invitation. Yemayá s'empressa d'appeler le plus rapide de ses poissons et lui ordonna de l'amener sur la côte afin qu'elle trouve quelque chose pour Olofin.

Elle réfléchit mais ne parvint pas à trouver une bonne idée. Elle essaya le marché. Elle y rencontra Oyá qui lui expliqua qu'elle allait lui amener un panier rempli des plus beaux fruits. Cette dernière recommanda à Yemayá de se dépêcher de choisir quelque chose car la fête commençait dans environ une heure. Cependant, soit les étals étaient fermés, soit il ne contenait rien de convenable pour un roi. Elle s'en voulait de ne pas avoir pris le temps et de s'être trop occupée de ses "fils". Elle se dirigea vers le dernier marchand qui ne put lui proposer que 3 têtes de poisson. Plein de désarroi, elle fut contrainte d'accepter car elle ne pouvait pas se présenter les mains vides.

Yemayá retourna chez elle pour se parer de la plus élégante de ses robes bleues. Elle la décora de cauris, de perles et de coraux. Elle ne pouvait cependant pas s'ôter de la tête que son cadeau n'était pas à la hauteur. Elle n'avait pourtant plus de temps pour changer d'avis. Elle se dirigea vers la fête avec son présent dans un panier. Dès son arrivée, elle vit tous les Orishas vêtus de leur plus beaux vêtements. Elle fut saluée à l'entrée par Elegguá. Tous les dieux s'inclinèrent en l'honneur de Yemayá qui commença à se sentir à l'aise à propos de son cadeau.

Les trompettes résonnèrent pour annoncer l'entrée d'Olofin. Tous, depuis les Orishas jusqu'aux animaux et à la nature, s'arrêtèrent afin de s'incliner devant lui. Il s'assit sur son trône en or. Un par un, chacun de ses hôtes lui offrit son présent. Olofin, surpris et ravi de ces cadeaux, les accepta et remercia personnellement chaque Orisha. Yemayá, un peu honteuse, restait au fond. Quand Olofin lui demanda quel était son présent, elle se confondit en excuses en expliquant qu'elle avait été très occupée par ses "fils" dans la mer. Il lui répondit qu'il le savait, car Olofin sait tout, et que cela n'avait aucune importance. Yemayá, embarrassée, hésitait à offrir son cadeau. Olofin lui demanda de tout de même le lui présenter. Elle ouvrit le panier et tendit une assiette blanche portant 3 têtes de poisson.

Olofin demanda à Yemayá si c'était le cadeau qu'elle comptait lui offrir. Elle commença à répondre quand il se mit à rire. Tous les Orishas, jusqu'ici silencieux, firent de même. Yemayá, gênée, baissa la tête mais Olofin l'enjoignit de la garder droite. Il expliqua que tous les Orishas avaient amené des cadeaux de grande valeur et d'une exceptionnelle beauté. Par contre, celui de Yemayá était le seul à avoir une signification. Elle ne comprit pas ses paroles. Olofin se leva et quitta son trône pour se diriger vers Yemayá. Il prit l'assiette et promit de transformer l'Orisha en reine de toutes les eaux. Lorsqu'il dit cela, les 3 têtes de poisson se transformèrent en 3 magnifiques couronnes d'or et de pierres précieuses. Il plaça l'une d'elles sur la tête de Yemayá et la sacra reine éternelle des océans. Puis il fit de même avec la seconde couronne et sacra Yemayá reine des terres puis il recommença avec la dernière couronne afin de la sacrer reine des cieux.

Les 3 couronnes luisirent et se transformèrent en une seule et grande couronne. Olofin lui promit qu'elle serait saluée lors de toutes les cérémonies de naissance. Sa couleur, le bleu, ne pourrait pas être absente de ces commémorations. Yemayá salua Olofin comme le veut la tradition, en s'allongeant d'un côté puis de l'autre. Celui-ci la fit se relever. Il lui demanda de faire face à l'assemblée et un par un, chaque Orisha vint saluer et exprimer son respect pour la nouvelle reine des océans, des terres et des cieux.

À la suite de la fête, Yemayá retourna dans l'océan au son des trompettes et accompagnée de la plus haute cour d'Olofin. En entrant dans les eaux, elle vit le nouveau château que celui-ci lui avait offert. Elle dirigea son regard vers les cieux et vit Olofin qui l'observait. Elle le remercia pour sa bénédiction et lui demanda pourquoi il l'avait gratifiée de l'honneur d'être triple reine. Il lui expliqua qu'elle apportait tant à ses "fils" qu'elle n'avait pas eu le temps de lui amener un cadeau qu'il n'avait pourtant pas demandé. Il poursuivit en disant que tous les présents qui lui avaient été apportés venaient du cœur et qu'il pouvait voir qui mentait. Yemayá s'assit dans un gigantesque trône décoré d'or, d'argent, de perles et de corail. Tous les poissons vinrent alors montrer le respect qu'ils portaient pour la nouvelle reine.

3.1.3.3. Ses attributs.

Yemayá est représentée comme une femme avec une grosse poitrine car elle nourrit et s'occupe de tout le monde. Pour la trouver, il faut la chercher dans les mers et les océns.

Ses couleurs sont le bleu, sous toutes ses tonalités, avce une préférence pour le bleu indigo, et le blanc. Elle est vêtue d'une longue robe bleue décorée de liserets blancs, symbole de la mer et des écumes, sur laquelle sont cousues de petites clochettes. Elle porte une large ceinture de coton ou de toile qui se termine en forme de losange sur le ventre. Si c'est un homme, il est vêtu d'un pantalon et d'un gilet, en faisant attention pour que les décorations soient des symboles qui rappellent la mer. Elle porte aussi une couronne avec 7 pointes. Son collier (eleke) se compose traditionnellement d'une alternance de perles bleues et blanches ou de la répétition d'un motif de 7 perles bleues, 1 perle bleu outre-mer et 7 perles de cristal transparent appelées perles d'eau. On peut également trouver un mélange de ces 2 compositions avec 7 répétition du motif : 7 perles bleues, 7 perles d'eau ou blanches, 1 perle bleue et 1 perle d'eau ou blanche. Des perles de corail, rouges, noires ou vertes peuvent être ajoutées entre les séquences.

L'objet de pouvoir de Yemeyá est l'abebé, agbebé ou agbegbe, un éventail fait avec un feuille spéciale de palmier et décoré de plumes de canard ou de paon, de perles d'huître, de coquillages, de grelots et d'escargots. Ses principaux attributs sont tout ce qui est lié à la mer (des poissons, des hippocampes, des escargots, une sirène, des coquillages, des coraux, des abanico de mar (gorgones), 7 rames (alami), une bouées de sauvetage (yika), des ancres (dakoduro), des gouvernails, des bateaux, des canots (okó), des filets de pêche...), un soleil (oru), une lune pleine (ochú), une étoile (irawó) et une clé (chileku). Tous ces objects sont fait en argent, acier, laiton ou plomb. On trouve aussi 7 bracelets en argent, un iruké (sorte de fouet en crin de cheval) dont le manche est décoré de perles bleues et blanches, un éventail dont les branches sont en nacre ou en or et décoré de perles et d'escargots, divers agbegbe, un manteau richement brodé, un acheré ou maraca de couleur bleue, une agogó (cloche) que l'on utilise pour la saluer ou pour demander l'attention quand elle parle, des miroirs et une poignée d'escargots. Tous ces attibuts sont décorés de canards, de poissons, de filets, d'étoiles, de chevaux de mer, de coquillages et de tout ce qui peut faire penser à la mer.

On sacrifie par immolation à Yemayá des moutons, des canards (sauf pour Yemayá Okute), des coqs et des poules, des faisants, des colombes, des cailles, des oies et parfois des perroquets, des jicoteas (tortues) ou des cerfs (sacrifié au cours d'une minutieuse cérémonie pour Yemayá Asesú). Elle mange toujours avec Shangó à part Yemayá Okuté qui se nourrit avec Oggún. Les offrandes (addimú) qui lui sont faites sont de l'ochinchin (plat à base de crevettes, des câpres, de la laitue, des œufs durs, des tomates et des bettes), de l'ekó (tamal de maïs enveloppé dans des feuilles de bananier), de l'olelé (haricots caritas (rouges) cuisinés, moulus puis salés qui servent à faire une pâte que l'on garnit de morceaux d'ail, d'oignon et de gingembre dont on fait des boules que l'on place sur des feuilles de bananier), des haricots noirs, 4 poissons entiers servis dans une assiette blanche rayée de bleu, du sucre noir, de gaufrettes de farine avec du sirot de sucre de canne, des boules de banane verte ou d'igname accompagnées de quimbombó (gombo), de la noix de coco brûlée, des melons en particulier des melons d'eau, des pastèques, des ananas, des papayes, du raisin, des poires, des pommes, des oranges ou du miel de sucre. Sa nourriture préférée est le sirot de sucre de canne. Généralement, les offrandes pour Yemayá sont réalisées près de la mer. Souvent, elles sont placées dans un petit bateau, idéalement en argent avec des rubans bleus et blancs. La crête des vagues qui se brisent sur les côtes et les roches symbolise Yemayá qui reçoit ce qui lui est destiné. Quand elle est énervée, on lui offre du cresson, de la laitue, de la bette et de chayote. Elle aime beaucoup les roses blanches. Quand un des ses "fils" a des problèmes de santé, il doit se rendre au bord de la mer avec un bouquet de roses, appeler Yemayá et lui jeter les fleurs.

Les plantes (ewes) associées à Yemayá sont :

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Pour invoquer Yemayá, on utilise une soupière ou une jarre en faïence de couleur bleue ou toute déclinaison de la couleur bleu et blanc. Elle est décorée avec des motifs de fleurs. On y place les otás (pierres) à l'intérieur, plongées dans de l'eau de mer. Au moins 7 jours avant de recevoir Yemayá, une cérémonie doit être organisée au bord de la mer et les 7 ótas obscures ou noires sont ramassées à ce moment-là. Des fois, les 7 bracelets entrelacés de Yemayá ou, quand elle le demande, une couronne se mettent sur le réceptacle.

Yemayá - Réceptacle

Réceptacle pour Yemayá

Son nom ne doit pas être prononcé par un de ses "fils" sans avoir au préalable touché le sol avec le bout des doigts et les avoir embrassé, ainsi que les traces de poussière qu'ils ont ramassé.

Durant les différentes cérémonies, les invocations pour Yemayá sont les suivantes :

Pour ma Mère Yemayá, Mère et maîtresse de l'océan. Mère des Orishas, gardienne des enfants, reine des ondes. Je suis la fille de l'océan, la fille des vagues, la fille de l'écume. Yemayá, Mère l'océan, oh ma Mère Yemayá, descendez et conseillez-moi. Acceptez nos offrandes. Entrez dans nos cœurs, dans nos bras, dans nos jambes. Entrez ici. Dansez avec nous.

On la salue en s'allongeant sur le sol, de côté et appuyé sur le coude. Tout en alternant entre le côté droit et le côté gauche, on prononce la fomule suivante : ¡Omío Yemayá Omoloddé! ¡Yemayá Ataramawa! ou ¡Omí o Yemayá, Omí Lateo, Omí Yalodde!

Ses chiffres sont le 7 et ses multiples. Son jour est le samedi. Son jour saint est le 7 septembre. Plus rarement, le 2 janvier lui est aussi attribué.

3.1.3.4. Syncrétisme.

Yemayá est associée à la Virgen de Regla, patronne de Bahía. Il est dit que son origine est liée à un évêque, San Agustín 'el Africano' qui vécut et mourut (360-436) en Afrique. Dans sa jeunesse, il assista à l'apparition d'un ange qui lui ordona d'effectuer une sculpture sur bois d'une vierge noire qu'il devait placer, bien décorée, dans son oratoire. Les années ont fait oublier le nom qu'il avait dû lui donner bien que l'on pense que ce soit Virgen de Regla. 17 ans après sa mort, afin d'éviter que la statue fût profanée par des barabares, Cipriano, un disciple de San Agustín qui connaissait l'histoire de cette sculpture, l'amena à bord de sa petite embarcation vers les côtes espagnoles, près du lieu qu'occupe aujourd'hui la Virgen de Regla dans la ville de Chipiona dans la province de Cadix. Durant le voyage, le navire résista à une tempête qui les surprit dans le détroit de Gibraltar. La statue ainsi que Cipriano et son navire s'en sortirent intact. Cet évènement est considéré comme le premier des miracles de la vierge. Elle devint donc la patronne des marins et des pêcheurs.

Puis à Cuba, dans les années 1660, une cabane qui habritait l'image de la Virgen de Regla de San Agustín fut érigée sur les terres de l'ingenio (sucrerie) Guaicamar, dans le hameau de Regla, près de la baie de la Havane. 2 ans plus tard, la cabane fut emportée par un orage. Juan Martín de Coyendo, un homme pieux et modeste, voulu reconstruire de ses propres mains, et avec l'aide financière du riche commerçant Don Alonso Sanchez Cabello, un ermitage. Lorsqu'il fut terminé en 1664, une nouvelle statue de la vierge fut amenée par le Sergent-chef de l'île, Don Pedro de Aranda et installée dans ce nouveau bâtiment. Elle fut l'objet de beaucoup de dévotion. Le 23 décembre 1714, la vierge fut proclamée patronne de la baie. Les célébrations qui lui était destinées étaient très populaires dans toutes les couches sociales de la population. Durant ces festivités, les blancs, les nobles et les esclaves, libérés pour l'occasion, buvait de l'eau de vie de canne, assistaient à des combats de coqs et participaient à des corridas de taureaux. Des chants pour la douce María résonnaient aux côtés des toques (rythmes) traditionnels joués aux tambours batás pour Yemayá. Le syncrétisme devint naturel avec la Virgen de Regla : la Vierge, mère de Dieu devint Yemayá, la puissante mère de tous les Orishas et la miséricordieuse reine de la mer qui est aussi sa demeure.

Parfois, elle est aussi associée à Stella Maris.

3.1.3.5. Les chants.

Rezo :

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3.1.3.6. Les toques.

Durant les güemileres (cérémonies religieuses), Oyá ne doit pas être invoquée en même temps que Yemayá de peur qu'elles ne se battent entre elles. Une histoire raconte que Yemayá était à l'origine chargée de veiller sur les cimetières alors qu'Oyá était la maîtresse des océans. Yemayá piégea Oyá en échangeant leurs domaines de pouvoir. Ensuite, Yemayá refusa de rendre les océans à Oyá, chose que cette dernière n'a jamais oublié. Une autre histoire dit que Changó, le second mari d'Oyá, après Oggún, eut des relations avec Yemayá et Ochún, ce qui n'arrange pas les affaires entre Oyá et Yemayá.

Durant l'Oru Seco, on lui dédie le toque de 3 rythmes appelé alaro, alaró ou aro (aláró) :

3.1.3.7. À écouter.

Le plus grand chanteur est certainement Lázaro Ross. Je vous conseille de l'écouter avec le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba ou avec le groupe Olorun. Il a consacré un disque à Yemayá intitulé Orisha Aye - Yemaya. Le projet Abbilona a également enregistré 2 disques pour cet Orisha.

De nombreux morceaux sont également en écoute libre sur le site Olofin.

3.1.3.8. À voir.

3.1.3.9. Références.

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