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6.17. Le Zapateo.

   

6.17.1. Naissance du Zapateo.

Dès le début du 18ème siècle, le Punto Guajiro anime les guateques, fêtes organisées dans les régions rurales de l'île. Les morceaux sont composés d'une alternance de parties chantées lentes, souvent articulées autour de la décima, et de sections instrumentales plus rapides et animées qui permettent aux participants de danser le Zapateo. Cette danse prend racine dans le Zapateado andalous, transporté sur l'île par des planteurs de tabac issus des Canaries et d'Andalousie. Son nom vient du mot "zapatear" qui signifie "taper des pieds", mouvement caractéristique de la danse Zapateo. D'abord pratiquée au sein des classes hautes et moyennes de la société cubaine, elle quitte les salons pour devenir le divertissement favori du paysans blanc qui l'emploie aussi au milieu de ses journées de travail dans les plantations de tabac et autres cultures agricoles. Elle y développe ses modalités propres.

Le danseur est souvent habillé d'une guayabera (chemise traditionnelle cubaine en toile de coton blanc), d'un chapeau de paille panama et d'un foulard autour du cou. Sa partenaire est vêtue d'une grande robe aux nombreux volants et porte des fleurs dans les cheveux. Le Zapateo se danse à 2 mais séparés, l'un face à l'autre. Ils imitent le jeu de séduction. L'homme peut offrir son chapeau à la danseuse ou l'entourer de son foulard. Le couple frappe le sol avec le talon et la pointe du pied, marquant le rythme de la musique. Parfois, ils peuvent également souligner le rythme par des frappes avec les mains.

Le Zapateo connaît son heure de gloire durant la seconde moitié du 19ème siècle. On retrouve une partie de Zapateo dans certaines Contradanzas telles que La quejosita de Manuel Saumell Robredo ou ¡Mamá, que me van a pintar! de Jorge Ankerman.

Grâce à son succès, le Zapateo qui n'est que la partie dansante du Punto Guajiro se transforme en un genre musical instrumental à part entière. La partie mélodique est jouée par le laúd qui interprète une Tonada rythmique pendant laquelle le public continue à danser.

Durant les années 1920, le Zapateo ne put résister à l'émergence du Son. Considérée comme quelque chose de "rustique", cette danse n'évolua pas et tomba en désuétude. Aujourd'hui, seules des troupes de danse folklorique le comptent dans leur répertoire quand elles représentent la vie du paysan blanc cubain. On peut également la retrouver dans les fêtes bandos rojos y azules de Majagua, dans la province de Ciego de Ávila.

6.17.2. L'instrumentation.

Le Zapateo se joue avec des instruments à cordes issus ou dérivés de l'instrumentation espagnole : tiple (petite guitare composée de 5 cordes ou 5 paires de cordes) puis bandurria (guitare espagnole à six cordes) et laúd (luth à six paires de cordes joué avec un plectre), guitare, vihuela puis tres et des instruments percussifs d'origine amérindienne ou africaine : güiro, maracas ou claves. Des fois, la rythmique peut être complétée par un guayo ou par des bongos. Certains auteurs ont aussi observé l'utilisation d'une calebasse, d'une botija ou botijuela (instrument fabriqué en terre cuite et possédant un orifice par lequel il faut souffler pour produire un son grave proche de celui d'une contrebasse), d'une quijada ou quijá (mâchoire inférieure de cheval, d'âne ou de mule frappée afin d'en faire vibrer les dents, ancêtre du vibra-slap) ou d'une machete ou mocha.

6.17.3. Le rythme.

Le Zapateo est une forme musicale en 3/4 ou 6/8. Le rythme est constant durant le morceau pour faciliter la danse.

6.17.4. À écouter.

  • Zapateo Cubano de Francisco 'Frank' Emilio Flynn Rodríguez - Zapateo

6.17.5. À voir.

6.17.6. Références.

Le Zapateo :

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