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3.8. Les Minas.

   

3.8.1. Le comptoir africain d’Elmina.

Autour des années 1470, les Portugais entrent en contact avec le peuple Akán composé des ethnies Ashanti, Baoulé, Anyi, Attié... sur la côte dite des esclaves, au sud-est du Dahomey. En 1471, ils y construisent le premier comptoir commercial européen du Golfe de Guinée nommé Elmina, qui signifie "la mine", en raison de la grande quantité d’or qu’ils y trouvent. Ce lieu est protégé par le fort San Jorge de Mina bâti en 1482. Rapidement, les ressources en or diminuent et les Portugais se tournent vers le trafic d’esclaves africains. Ce commerce rentable attire les convoitises. Les Hollandais réussissent à chasser les Portugais de l’Afrique occidentale en prenant leurs principales forteresses, entre 1637 et 1641. Les nouveaux colonisateurs partagent l'espace côtier avec les Britanniques, et quelques marchands européens.

Mi 18ème siècle, de puissants états Akáns, dirigés par les Ashantis, se créent à l'intérieur des terres. Ils exercent une domination sans partage sur les peuples voisins. Ceux-ci doivent leur payer un tribut sous forme d’esclaves. Les Hollandais maintiennent ainsi la traite négrière jusqu’en 1814. Elmina aura été l’un des centres les plus importants du commerce triangulaire.

3.8.2. Les Minas à Cuba.

C’est au cours des premières décennies du 18ème siècle que Cuba commence à recevoir des africains issus d’Elmina. Ils sont regroupés sous le nom de Minas, appelation qui comprend les ethnies africaines Ashanti (Achanti, Ashante, Ashanté, Ashantte), Fanti (Fantee, du Ghana), Guagüi (Gwa, Guagua, Guasi, Quaqua), Musona et Popo (Popó, Bénin et Togo). Certains sont appelés Coromandos (Coromantee, Coromanto, dérivé de Koromantin, un fort construit en 1638 sur la Côte d'Or). Ils parlent la langue Mina ou Gen, un dialecte dérivé du Gbe.

Les Minas reconnaissent Maou comme dieu supérieur. Ils honorent les divinités Aido-Kouedo, Héviosso, Legba, Sapata, Toppodoun, Locko, Assen, Bocchio, Lissa, Hohobi, Afram, Avréketé et Gou entre autres. On retrouve des noms de divinités ararás et yorubas, ce qui s’explique par la proximité entre les peuples africains, qui, de plus, entretenait de fortes relations commerciales entre eux. Certains groupes minas ont aussi assimilé le culte islamique.

Les Minas ont formé des cabildos à l’image des autres esclaves d’origine africaine. On peut citer les confréries Minas Popó ou Mina guagui (Havane).

3.8.3. L’instrumentation.

Bien que l’on ait très peu d’information sur la musique mina, Fernando Ortiz décrit qu’à Matanzas, on jouait un tambour mina accompagné de 3 grands tambours dont la peau est tendue à l’aide de coins et de cordelettes. Cet ensemble est complété par un ogán, idiophone métallique.

Le conjunto mina est aussi décrit comme étant composé de 3 tambours de tailles différentes, une agogo (cloche double) et 2 maracas faits de petits tubes de canne à sucre sèche. Ces tambours sont cylindriques et unimembranophones. La peau est enroulée autour d’un anneau maintenu au fût par 2 tirants de chanvre. Ils sont joués à l’aide de baguettes et à main nue.

3.8.4. Références.

Les Minas :

  • Del areíto y otros sones de Martha Esquenazi Pérez, édité en 2001 aux éditions Editorial Letras Cubanas
  • Anthrocivitas

Elmina :

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